Extrait de la loi de 25 octobre 1919

                                                        

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À partir de la promulgation de cette loi partout en France les conseils municipaux, sans oublier les conseils presbytéraux pour les églises, se feront une obligation de graver dans la pierre les noms de ses enfants qui donnèrent leur vie à la France. Madame la France disait le général De Gaulle. De l’humble stèle jusqu’au monument mirifique, de la plaque succincte jusqu’à l’obélisque solennel, l’hommage de cet héroïsme absolu prendra forme au gré des capacités des communautés, les subventions escomptées venaient en complément après un calcul compliqué incluant moult paramètres, mais il fallait d’abord comme l’indique la loi que la ligne du crédit soit ouverte.

Un usage va s’imposer dès l’élévation des premières marques du souvenir glorieux. Seront gravés dans la pierre les noms des garçons nés dans la commune mais également les noms des garçons domiciliés dans la commune, de sorte qu’il est possible que deux monuments de deux différentes communes exposent le nom du même soldat mort pour France, mais il advient aussi qu’un soldat martyr puisse par un malheureux concours de circonstances n’avoir sur aucun monument son nom gravé.

De même il ne faut être surpris par les dates prévues pour les glorifications des héros mort pour la patrie. L’armistice ne fait que suspendre les hostilités, il faut attendre les résultats de la conférence de paix de Paris, elle débute en janvier 1919 et se termine en août 1920, afin de savoir si l’activité guerrière ne reprendra pas. La guerre, nous le savons, a pris fin à onze heure le onze novembre 1918, mais pour les poilus qui ont vécu cette journée, s’ils pensaient retrouver les leurs rapidement ils durent déchanter, et attendre des semaines et des mois, tout le long de l’année 1919, pour recevoir leur congé illimité. A titre d’exemple mon grand-père Auguste Gribal accueillera le sien dans l’allégresse le dix-neuf juillet 1919.

 

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        LISTE DES COMBATTANTS EN FONCTION DES PAGES

 

 AMOUROUX Louis Jean Émilien     page 29

 ARNAUD François Marius    page 5

 AZAIS Marie Antoine Louis Mort pour la France   page 45

 BALARD Marcel Louis     page 44

 BARDY Fortuné Marius    page 24

 BASTIDE Albert Paul      page 21

 BERTHEZENE Anselme    page 4

 BERTRAND Guillaume Clément    page 11

 BERTRAND Urbain Marius     page 48

 BOULET Augustin César     page 14

 CALCAT Fernand Henri     page 54

 CAYREL Etienne Marius    page 25

 CHASSEPIERRE Marcellin Antonin     page 34

 CLAPAREDE Léon Adolphe     page 13

 CONSTANS Henri     page 21

 COUDERC Jean Irénée      page 40

 COULOUGNON Charles Joseph Alexis     page 48

 COULOUGNON Henri     page 48

 DESPIOCH Joseph Marius     page 39

 DIET Jean Baptiste     Page  42

 DUMAS Maurice Antonin      page 49

 DURAND Marius Joseph Jacques Vinceslas    page 51

 ESTANIER Jules Louis Joseph    page 23

 FABRE Fernand François Henri     page 32

 FALCON Jean Matthieu Eugène      page 30

 FERNAUD Léon Benoit     page 54

 FOURESTIER Jean Émile      page 56

 FOURESTIER Joseph André    page 47

 FULCRAN François    page 40

 GALINIER Polydore Léon      page 39

 GELY Étienne Marius     page 53

 GOUNEAUD Laurent Pierre Albert Louis Aphrodise   page 30

 GRANIER Jean Alfred     page 12

 GRANIER Joseph Victor     page 3

 GRES Elie Marius       page 48

 GROS Elie Bernard     page 3

 GROS Joseph Émile     page 47

 GUINAND Louis Eugène     Page  43

 HERMET Washington Georges Léon      page 50

  ITIER Paul Fulcrand      page 22

 JEANJEAN Laurent Émile     page 38

 JULIEN louis     page 7

 JUNY Daniel Joseph Eugène       page 30

 LAFFONT Marcel Raymond      page 31

 LOUCHE André Étienne Benjamin     page 49

 MADAILLE Jules Jean Baptiste     page 33

 MAILLE Joannes Auguste      page 50

  MAJUREL Elie Charles Moïse    page 18

 MALAVIEILLE Guillaume Alban     page 31

  MASCLA Philippe Baptiste     page 14

 MAZAURIC Auguste      page 35

 MICHEL Elie Pierre    page 51

  MICHEL Henri François Roch     page 34

  NESPOULOUS Joseph Marius     page 19

  PORTAL Augustin Théodore Léopold    page 19

 PRADEILLE Aloïs      page 5

 PRADIE Antoine Emmanuel Mort pour la Francepage  45

 PRADIE Léon Victor      page 2

 PROUGET Jules Marius Justin     page 53

 PUJOL Hippolyte Paulin     Page 42

 RICOU Pierre Hyppolite Alexis     page 55

 ROBERT Eugène Louis Fulcrand      page 35

 ROBERT Marc Marie Alphonse     page 13

 ROUDIL Marius Baptiste     page 22

 ROUSSEL César     page 10

 ROUX François Marie Alexandre     page 55

 SABY Marius Jean     page 15

 SALLES Pierre Antoine     page 20

 SERRE  André Jérôme Bernard    page 41

 SERRE Georges Émile Marie Gustave      page 29

 TEISSANDIER Noël Denis Pierre     page 23

 TEULON Joseph     page 38

 TRANIER Joseph     page 6

 VALETTE Georges Marius     page 41

 VALETTE Joseph Gaston     page 41

 VIDAL Jean Victorien Eloi    page 12

 VIDAL Louis Marie Joseph     page 51

 XAVIER Joseph Marius     page 15

 

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Méthode de recherche :

Les garçons cités ont tous vécus à Vendargues, et de facto ont participé à la vie de la commune. Lors des différents recensements leurs noms apparaissant sur les registres m’offraient la seule possibilité de les lister afin de les retrouver dans les registres des matricules militaires à condition que les recensements indiquent les éléments indispensables pour se faire. J’ai donc œuvré avec application avec les matériaux que j’ai exploités au mieux, je réclame votre indulgence.

 

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Les combattants

 

PRADIE Léon Victor né le 1 août 1871 à Mas de Londres de Pierre Pradié et de Rosalie Pradié, cultivateur, résida à Vendargues.

Cheveux noirs, yeux châtains foncés, front fuyant, nez long, bouche grande menton rond, visage ovale, taille : 1,73. Degré d’instruction : néant.

 

Certificat de bonne conduite en fin de son service militaire 1895

 3 mars 1915 rappelé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier

6 avril 1915 versé au 142éme régiment d’infanterie casernement Lodève Mende.

En théorie et vu son âge le soldat Pradié doit œuvrer au dépôt de ce régiment. Régiment qui combat en 1915 en Champagne : Beauséjour ; en 1916 à Verdun ; et en 1917 jusqu’en juin Les Eparges 50 Kms à l’ouest de Metz, puis la Champagne et retour à Verdun.

10 novembre 1917 versé au 81ème régiment d’infanterie de Montpellier pour être immédiatement détaché aux travaux agricoles sur Vendargues.

Décorations : non mentionné.

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 GRANIER Joseph Victor né le 6 février 1878 à Saint-Aunés de Jean Granier et de Stéphanie Elizabeth Delmas, cultivateur, résida à Vendargues.

 Cheveux châtains clairs, yeux gris, front bombé, nez petit, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,62. Degré d’instruction : primaire.

 

Devient caporal lors du service militaire en 1900.

 2 août 1914 rappelé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier.

 15 novembre 1914 versé au 27éme bataillon de chasseurs à pied de Menton.

 Fin décembre dans l’Artois le bataillon participe à la bataille de CARENCY 12 Kms au nord d’Arras.

Janvier 1915, les Vosges, bataille du HARTMANNSWILLERKOPF ou la montagne du vieil Armand, 25 Kms au nord-ouest de Mulhouse, une colline stratégique de 600 mètres d’altitude où les belligérants se livrèrent de durs combats pour sa possession.

 

Il est à noter qu’un chemin pour accéder au sommet de ce massif se nomme La montée des malgré nous, ce qui sous-entend que des deux côtés se trouvaient des français.

 

12 janvier 1915 le soldat Granier sera fait prisonnier à un lieu nommé Sainte-Marguerite que je n’ai pu situer, puis interné à SCHNEIDEMUHL (sans doute Schneidemühler)

 31 décembre 1918 rapatrié et en congé illimité à Vendargues le 10 mars 1919, après un passage au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier.

 

Décorations : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

 

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 GROS Elie Bernard né le 12 janvier 1881 à Montpellier de Léonard Fulcrand Gros et de feue Joséphine Marie Larmande, charretier puis cultivateur, résida à Vendargues sans doute juste le temps du recensement de 1911 entre un déménagement de Castries à Mauguio, car ce garçon ne tenait pas en place.

Cheveux et yeux châtains foncés, front bombé, nez gros, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille 1,64. Degré d’instruction : juste dégrossi.

 

 4 août 1914 rappelé au 16éme escadron du train des équipages de Lunel.

 2 août 1915 passé au 56éme régiment d’artillerie de Montpellier, sans doute doit-il son passage dans ce régiment par son métier de charretier, il a de fait la connaissance des chevaux qui pour l’essentiel tractent les pièces d’artillerie.

 Le 56éme se déploie en 1915 en Champagne, en 1916 et en 1917 à Verdun.

 Mais le soldat Gros est utilisé dès le 25 septembre 1915 à la section des munitions probablement pour transporter celles-ci aux points convenus.

 1 avril 1917 versé au 257éme régiment d’artillerie qui œuvre à Verdun

 15 avril 1917 versé au 223éme régiment d’artillerie qui combat à Reims

 En fait le soldat Gros sert à la 21éme section des munitions d’infanterie toujours à transporter lesdites munitions.

 20 février 1919 congé illimité à Mauguio

 

Décorations : médaille de la victoire et médaille commémorative de la grande guerre.

 

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 BERTHEZENE Anselme né le 21 avril 1874 à Nizas de feu Félix Berthézène et de Victorine Garcin, agriculteur, résida à Vendargues.

Cheveux et yeux noirs, front couvert, nez petit, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,75. Degré d’instruction : primaire.

 

3 août 1914 rappelé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier, qu’il sert jusqu’à son congé illimité le 6 janvier 1919

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Sans vouloir abreuver plus que nécessaire cette étude de chiffres, il convient de bien comprendre la situation de Vendargues au niveau de sa population. Au recensement de 1911 Vendargues compte environ 1 000 habitants des deux sexes, donc logiquement et en comptant large 500 Garçons. Parmi ceux-ci, 200 garçons endosseront l’uniforme (voir la première partie de mes recherches), il restera au village 500 femmes, et 300 éléments males, des garçonnets, des adolescents, des vieillards, des vétérans de 45 ans et plus, des handicapés et des malades, pour faire tourner l’économie communale.

Cette économie comme celle du pays est toute orientée vers l’effort de guerre, pas besoin d’être devin pour réaliser que le système cours vers le marasme total à brève échéance, et si le pays avec difficulté peut faire face en 1914 à la dureté des temps, dès 1915 ici et là, les journaux en témoignent, il est fait demande à l’armée de détacher de son sein les plus âgés dont elle n’a pas urgemment besoin ne serait-ce que pour rentrer les récoltes, sur lesquelles cette même armée prend sa part utile pour alimenter les poilus.

Mais aussi, particulièrement dans le midi, des voix insistent pour que l’immigration se fasse avec plus de souplesse. J’ignore à quelle date précise Vendargues accueillera son lot d’étrangers arrivant par familles formées et majoritairement espagnoles, mais deux chiffres sont significatifs : recensement de 1911 : 34 étrangers ; 1916 pas de recensement ; 1921 : 96 étrangers. La conséquence sera la stabilisation de la population Vendarguoise entre ses deux dates.

Néanmoins fautes des bras de nos 200 soldats, les récoltes sont moins abondantes, le manque induira la cherté des produits de base, créera l’inflation, 20% par année de guerre, et des grands problèmes alimentaires à l’arrière.

De plus il faut souligner qu’au fil des mois parce que la guerre se prolonge la vaillance de nos combattants devient une question ouverte et forcément désobligeante par le doute qu’elle laisse planer. Mais je reviendrais sur ce problème.

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PRADEILLES Aloïs né le 4 juin 1892 à Laroque de Firmin Pradeilles et de Marie Rouvière, photographe, résida à Vendargues.

Cheveux châtains, yeux gris, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille 1,58. Degré d’instruction : juste dégrossi.

 

Aloïs Pradeilles n’endossera pas l’uniforme à cause de son mal de Pott (tuberculose osseuse). Je le mentionne par égard de ses deux frères ainés : Fernand Firmin et Joseph Louis Eloi tombés au champ d’honneur dont les fiches sont consultables dans la 1ere partie de mes recherches.

Néanmoins par son métier, Aloïs Pradeilles a dû laisser des clichés de cette période, des personnages et des lieux où il résidait, dans quel grenier, dans quelles malles subsistent-ils ?

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ARNAUD François Marius né le 30 juin 1881 à Saint-Aunés de Théodorit Arnaud et de feue Antoinette Donzeil, viticulteur, résida à Vendargues.

Cheveux châtains, yeux roux, front découvert, nez long, bouche moyenne, menton long, visage ovale, taille 1,67. Degré d’instruction : juste dégrossi.

 

3 août 1914 rappelé au 4éme régiment d’infanterie coloniale de Toulon.

A cette date nous sommes en pleine guerre de mouvement, et le 4éme s’enfonce très loin dans son offensive, le 22 août il combat à ROSSIGNOL en Belgique, 15kms au sud de Neufchâteau en Belgique, puis devant l’invasion des allemands par le nord de la France nos troupes se replieront avant de se rassembler et de repousser cette première offensive, ce sera la bataille de la Marne avec l’épisode des taxis de la Marne. Le 4éme repartira sur l’ennemi depuis Matignicourt-Goncours le point d’angle de deux droites égales, partant de Verdun et de Reims à 85 kms dans le sud de ces deux villes.

19 septembre 1914 passé au 34éme régiment d’infanterie coloniale de Toulon. Avec des grandes pertes le 34éme reconquiert du terrain en s’orientant sur Verdun.

7 novembre 1914 le soldat Arnaud passe à la 1ere division du Maroc du 1er colonial, casernement Cherbourg. Il prend part aux opérations de l’Argonne.

26 avril 1915 dans un lien non déterminé le soldat Arnaud est blessé à la jambe gauche, plaie en séton c’est-à-dire qu’une balle lui traverse la jambe. Evacué le 27 avril soigné jusqu’au 2 mai 1915. Ensuite il reprend les armes en Champagne, Souain, Massiges, 45 kms à l’est de Reims.

29 septembre 1915 intoxiqué, aucune indication sur le lieu.

24 février 1916 passé au 5éme régiment d’infanterie colonial casernement Lyon où il y reste quelques jours.

3 mars 1916 passé au 54éme régiment d’infanterie colonial basé à Toulon et construit par recomposition de divers régiments. Le 54éme produit des attaques sur le front oriental au nord de Salonique.

1 septembre 1917 le soldat Arnaud revient au 5éme régiment d’infanterie coloniale, et changement de décor, il doit dégager Verdun de toutes menaces.

15 octobre 1917 pieds gelés. Retour au front le 28 janvier 1918 dans le secteur de Saint-Mihiel, avant de monter en Picardie, pour finir sa guerre du côté de Verdun.

9 mars 1919 congé illimité.

Décorations : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre, et insigne des blessés.

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TRANIER Joseph né le 18 mars 1891 à Salan la Tour en Corrèze de Joseph Tranier et d’Henriette Nouailhac. Mineur, puis chauffeur et pour finir par égard pour ses blessures gardien de la paix. Résida à Vendargues.

Cheveux et yeux châtains, nez rectiligne, front moyen, oreilles écartées, visage long, taille 1,76. Degré d’instruction : primaire.

 

20 ans en 1911, 7 ans sous l’uniforme, la guerre lui gâchera à jamais sa virilité.

17 octobre 1912 incorporé au 2éme régiment du génie de Montpellier, ensuite il embarque pour Tunis pour être cavalier au 4éme régiment des chasseurs d’Afrique, désigné pour faire parti des armées de la métropole, il débarque à Marseille le 8 octobre 1914 et revient au 2éme régiment du génie.

Les soldats du génie œuvrent sur tous les points du front pour exécuter divers ouvrages routes, ponts, etc…, ils se trouvent donc près des premières lignes.

Blessures du soldat Tranier

20 mars 1915 éclopé évacué

30 avril 1915 à Ypres éclats d’obus, jambe et cuisse gauche touchées.

20 mai 1915 éclopé évacué

11 octobre 1915 évacué blessé à Perthes-les-Hurlus plaies du scrotum droit et du coude gauche

Perthes-les-Hurlus est un des villages qui disparaitra sous la pluie d’obus, à l’issu de féroces combats. Ce village abritait avant 1914 un peu moins de 200 habitants. Perthes-les-Hurlus recevra la croix de guerre en 1920.

20 janvier 1917 évacué

13 février 1918 évacué

Il est inscrit : « blessé le 18 septembre 1914 à Craonne balle au ventre », or en septembre 1914 le soldat Tranier se trouve en Tunisie, donc l’année doit être erronée.

 

Conséquence de toutes ses blessures, le soldat Tranier se remettra de son arthrite du genou droit, de son affection digestive, et de son affection pulmonaire, en revanche de ses lésions au scrotum il perdra son testicule droit, et son testicule gauche s’atrophiera.

Décorations : insigne des blessés, médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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JULIEN Louis né le 4 septembre 1869 à Boisseron de Jean Julien et de Jeanne Majourel, cultivateur, résida à Vendargues autour de 1906.

Cheveux châtains clairs, yeux gris, front couvert, nez petit, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,70. Degré d’instruction : primaire.

 

20 avril 1915 rappelé au 9éme régiment d’artillerie de Castres. Vu son âge il est possible que le soldat Julien soit resté au dépôt, mais je crois qu’il suivit son régiment et opèrera en 1915 en Alsace, dans le secteur de la Woëvre une région qui longe la rive droite de la Meuse. Alors que le 9éme part dans la Somme le soldat Julien change de régiment et reste au même endroit

28 juin 1916 versé au 13éme régiment d’infanterie de Nevers qui combat dans la région de la Woëvre.

1 mars 1917 détaché pour travaux agricole, sous contrôle le 10 novembre 1917 du 81éme régiment d’infanterie de Montpellier.

Rien n’est mentionné ni sur son congé, ni sur ses décorations.

 

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Sommairement chacun sait, du moins nous l’enseigne-t-on, que le point de départ du conflit prend date le 28 juin 1914 à Sarajevo lorsqu’un nationaliste Serbe Gravilo Princip abat de coups de revolver l’archiduc François-Ferdinand héritier de l’empire austro-hongrois et son épouse.

Attardons-nous sur le détail du crime. La victime d’abord, François-Ferdinand devient l’héritier du trône par un concours de circonstances improbable. Son père Charles-Louis d’Autriche venait très loin dans le rang de l’ordre successoral, en effet le frère de celui-ci l’empereur François-Joseph avait épousé sa cousine Elizabeth de Habsbourg-Hongrie, dite « Sissi », ils s’aimaient et auraient dû avoir une descendance prolifique. Or un seul fils parviendra à l’âge adulte Rodolphe, il disparaitra à Mayerling, dans des conditions mystérieuses, les autorités jetteront sur l’affaire une couverture nommée suicide. Ce décès pousse l’archiduc François-Ferdinand au pied du trône. Pendant les quelques années où il attend que son oncle lui cesse sa place, l’archiduc sillonne l’empire, la Bosnie en fait partie, Sarajevo étant la capitale de cet état.

Or les nationalistes serbes ambitionnent de constituer la grande Serbie incluant les états des Balkans. Le mouvement « Jeune Bosnie », auquel appartient le serbe de Bosnie Gravilo Princip, soutient le projet. Un autre mouvement appelé « La Main Noire » défend la même position mais avec violence, les armes à la main, Gravilo Princip adhère aussi à ce groupe.

L’attentat prévisible atteint son but, et la question se pose sur les mesures de sécurité adoptées. Il semble que, comme l’attentat sur le président Kennedy, la cible-archiduc ne pouvait se soustraire aux tirs de l’agresseur. y-a-t-il eu une manipulation ? Certainement, et question subsidiaires qui manœuvra le bras de Gravilo Princip ? Les forces politiques austro-hongroises dans leur ensemble ne souhaitaient pas que l’héritier désigné montât sur le trône, de là à penser que des curiosités malsaines puissent remonter une piste ténébreuse, et aboutir à des niveaux élevés, devenait une possibilité à laquelle personne ne voulait se risquer. Surtout pas le gouvernement austro-hongrois qui imposa par ultimatum de prendre en charge l’enquête sur le territoire même du royaume de Serbie.

Le roi Pierre de Serbie menait son pays avec un souffle de liberté qui attirait vers lui les peuples balkaniques subissant encore la servitude de l’empire austro-hongrois, et il ne déplaisait pas à cet empire, sous un fallacieux prétexte, le refus de l’ultimatum par exemple, d’infliger à la Serbie sa voisine une humiliation honteuse sinon une rugueuse correction. Mais la Serbie disposait d’amis !

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ROUSSEL César né le 6 octobre 1875 à Montpellier de Joséphine Thérèse Roussel, agriculteur puis concierge, résida à Vendargues.

Cheveux blonds, yeux gris, nez fort, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,63. Degré d’instruction : primaire.

 

Lors de son service militaire il est classé pour faiblesse dans les services auxiliaires avant de bénéficier d’ajournements.

Du 4 novembre 1914 en service jusqu’au 2 janvier 1915 à l’usine à gaz de Montpellier.

4 janvier 1915 versé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpelier.

27 février 1915 classé par la commission de réforme au service auxiliaire pour « amputation de l’index gauche, facture mal consolidé du poignet droit »

12 septembre 1915 versé au 16éme escadron du train.

31 mai 1917 détaché pour travaux agricoles sous le contrôle du 81éme régiment d’infanterie de Montpellier à la date du 10 novembre 1917

9 février 1919 congé illimité.

Décoration : médaille commémorative de la grande guerre.

 

A la lecture de sa fiche on peut s’étonner de voir un garçon dont l’état de faiblesse est dument constaté être rappelé à quarante ans. Certes par un régiment territorial mais dans lequel il subit une amputation, et où il endure une fracture. Néanmoins malgré ses maux le soldat Roussel restera à disposition de l’armée jusqu’au bout du conflit.

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BERTRAND Guillaume Clément né le 8 avril 1898 à Montpelier. Le registre masque par un collage les noms de ses parents. Cultivateur puis charretier. Résida à Vendargues.

Cheveux châtains foncés, yeux marrons, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille : 1,68. Degré d’instruction : primaire.

 

2 mai 1917 appelé au 7éme bataillon de chasseurs à pied basé à Draguignan pour y faire ses classes, car son unité se situe dans l’Aisne, et de plus elle doit partir en novembre 1917 en Italie.

10 octobre 1917 versé au 24éme bataillon de chasseurs à pied basé à Villefranche. Le bataillon participe le 17 octobre 1917 à la bataille de La Malmaison. Ce lieu se situe au côté est du Chemin des Dames, à l’autre bout côté ouest à 25 kms se trouve Craonne, commune située à 30 Kms au nord-est de Reims. La bataille s’étale sur 9 jours particulièrement meurtriers où nous parvenons à gagner du terrain et à contrôler entièrement le Chemin des Dames. Ensuite le bataillon montera dans la Somme.

25 juin 1918 versé au 9éme régiment de cuirassiers à pied basé à Douai. Lequel prend part à la bataille de Picardie mars-avril 1918 et à celle de Matz, 12 kms au nord-ouest de Compiègne afin de stopper l’ultime offensive allemande. Enfin en septembre-octobre 1918 le bataillon s’emploie à la bataille de Champagne, notre dernier offensive qui anéantira les ennemis.

11 janvier 1919 versé au 19éme régiments de chasseurs de Verdun.

28 mai 1920 congé.

Décorations ; médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

 

Le soldat Bertrand n’en aura pas fini pour autant avec la guerre le 26 mai 1940 un éclat d’obus le blessera dans la région scapulo-dorsale gauche avec perte de substance musculaire.

Rayé des contrôles le 4 décembre 1940, il décidera de reprendre les sentiers des combats.

Il obtiendra une citation à l’ordre du corps d’armée le 25 février 1944 pour avoir : « le 27 mai, en traversant le village de Gondrécourt a été blessé alors que sa voiture franchissait un tir de barrage d’artillerie ».

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GRANIER Jean Alfred né le 28 mars 1878 à Castries de Philippe Granier et de Louise Jeanjean, agriculteur, résida à Vendargues.

Cheveux et yeux noirs, front plat, nez moyen, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,79. Degré d’instruction : primaire. Cicatrice au bas de la joue droite.

 

7 août 1914 rappelé au 13éme bataillon d’artillerie à pied de Nice du 7éme régiment d’artillerie à pied de Nice.

Je ne possède aucune indication sur les faits d’armes de ces Régiments d’artillerie à pied. Tout au plus je suppose que le soldat Granier jusqu’à la date du 25 octobre 1914 surveille la côte niçoise, après cette date il monte au front, dans quels secteurs la question reste ouverte.

1 mars 1916 passé au 10éme régiment d’artillerie à pied où il devient maréchal des logis le 1 août 1916

1 novembre 1916 versé au 11éme régiment d’artillerie à pied

1 août 1917 versé au 69éme régiment d’artillerie à pied

20 février 1919 congé illimité

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

Il est néanmoins frustrant de ne rien savoir ou presque de la campagne du soldat Granier.

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VIDAL Jean Victorien Eloi né le 19 septembre 1871 à Pouzols de Pierre César Vidal et de Marie Nathalie Affre, maréchal-ferrant forgeron à Vendargues son lieu de résidence.

Cheveux et yeux châtains, front couvert, nez et bouche moyen, menton rond, visage ovale, taille : 1,66. Degré d’instruction : primaire.

Handicap : acuité visuelle réduite à l’œil droit, sans doute le feu de sa forge en porte-elle la responsabilité. Néanmoins :

 

4 décembre 1914 rappelé au service territorial du 56éme régiment d’artillerie de Montpellier.

20 mai 1915 mis en sursis au titre de maréchal-ferrant de Vendargues

7 mars 1917 sursis prolongé au titre de forgeron de Vendargues jusqu’au : illimité.

Chose étonnante que d’obtenir un sursis en tant que maréchal-ferrant d’une armée qui fonctionne grandement par la force des chevaux où l’art du soldat Vidal aurait fait merveille. Mais ce sursis indique également le besoin cruel qu’a son village et les communes environnantes des qualités professionnelles du maréchal Vidal.

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CLAPAREDE Léon Adolphe né le 2 novembre 1880 à Saint-Aunés de Jean Claparède et de Catherine Arnaud. Viticulteur, boucher, gendarme, résida à Vendargues.

Cheveux noirs, yeux châtains, front découvert, nez petit, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,64. Degré d’instruction : primaire.

 

Il fait son service militaire au 13éme régiment de chasseurs de Béziers, où il devient en 1903 maréchal des logis. Sa vocation militaire prend forme, et le voilà en décembre 1907 gendarme à cheval à la 16éme légion, il prête serment le 21 janvier 1908.

En ce qui concerne les unités de gendarmes, j’avoue méconnaitre les lieux où elles s’employèrent pendant le conflit. Je peux juste retranscrire le parcours du gendarme Claparède tel qu’il est notifié sur la fiche.

Campagne intérieure du 2 août 1914 au 30 septembre 1914

Campagne aux armées du 1 octobre 1914 au 12 avril 1917

Campagne intérieure du 13 avril 1917 au 21 janvier 1918

Campagne en orient du 22 janvier 1918 au 19 juillet 1918

Campagne intérieure du 20 juillet 1918 au 23 octobre 1919

Je peux juste supposer qu’un gendarme en temps de guerre exécute les mêmes missions qu’en temps de paix, à savoir faire respecter les lois, les règlements, et sanctionner en cas d’infractions.

Décorations : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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ROBERT Marc Marie Alphonse né le 2 août 1880 à Capestang de Marius Robert et de Marguerite Radier. Agriculteur puis cantonnier à Vendargues sous l’administration des ponts et Chaussées.

Cheveux et yeux noirs, front découvert, nez évasé, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,56. Degré d’instruction : dégrossi.

Légère cicatrice au front.

 

13 août 1914 rappelé au 55éme régiment d’infanterie de Pont-Saint-Esprit. Direction la Lorraine : Dieuze, Morhange, 45 kms nord-est de Nancy.

4 septembre 1914 versé au 58éme régiment d’infanterie d’Avignon et Arles.

En septembre nos forces bloquent le long de la rivière Marne l’offensive allemande avant de la repousser.

Le 58éme remontera depuis les environs de Nancy vers Saint-Mihiel direction Verdun. Il y sera en 1915 et en 1916 pour la grande bataille si longue et si meurtrière.

29 janvier 1915 le soldat Robert est évacué sur le dépôt sans précision d’éventuelles blessures.

Janvier 1917 embarquement à Marseille, cap sur le front d’orient, arrivée à Thessalonique, direction le nord de ce port, et affrontement sur divers points des Balkans, généralement des reliefs escarpés, contre des troupes austro-hongroises, bulgares, turques. Présence aussi au Pirée et en Macédoine.

Le 16 octobre 1917 le soldat Robert est évacué sur l’ambulance coloniale mobile, puis il restera au repos jusqu’au 22 novembre 1917

25 janvier 1918 versé au 2éme bataillon territorial de zouaves qui œuvre sur cette partie d’orient

16 avril 1918 versé au 13éme bataillon territorial du 3éme régiment de zouaves intervenant sur le même secteur.

9 janvier 1919 versé au 2éme régiment de zouaves

3 mars 1919 congé illimité

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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BOULET Augustin César né le 7 novembre 1872 à Castries de Jean Louis Boulet et de Rose Vincent, viticulteur à Vendargues

Cheveux châtains clairs, yeux châtain, front couvert, nez fort, bouche grande, menton rond, visage ovale. Taille : 1,56. Degré d’instruction : primaire.

Lors de son service militaire il est versé au service auxiliaire à cause de nystagmus. Le nystagmus se révèle par des mouvements, en tous sens, involontaires, et permanents, du globe oculaire.

 

Pourtant malgré cette gêne, et son âge avancé il est rappelé.

1 février 1915 service auxiliaire du 81éme régiment d’infanterie de Montpellier, immédiatement détaché à la poudrerie nouvelle St Chamas.

12 juin 1917 détaché aux travaux agricoles à Sorgues

3 avril 1919 congé illimité à Vendargues.

Décoration : non mentionné.

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MASCLA Philippe Baptiste né le 18 février 1870 au Crés d’Henri Mascla et de Léone Gely, cultivateur pendant des années à Vendargues pour la veuve Cairel.

Cheveux châtains, yeux gris, front découvert, nez évasé, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,61. Degré d’instruction primaire.

 

Lors du service militaire sa surdité légère le classe au service auxiliaire.

Rappelé pour servir les escadrons territoriaux du train.

A partir du 29 mars 1915 sous l’autorité du 16éme escadron du train il surveillera les gares, les ports, les dépôts, etc…

24 février 1916 versé au 13éme escadron du train

20 juin 1917 versé au 7éme escadron du train

23 juillet 1917 détaché aux travaux agricoles au Crés, sous le contrôle du 81éme régiment d’infanterie de Montpellier à partir du 10 novembre 1917

Décoration : non signalé.

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SABY Marius Jean né le 9 décembre 1875 à Ganges de feu Léon Henri Saby et de feue Marie Rouvière. Domestique, domestique de maison, domestique agricole sa fiche ne le précise pas. Résida à Vendargues.

Cheveux et yeux châtains, front découvert, nez fort, bouche moyenne, menton à fossette, taille : 1,66. Degré d’instruction : primaire. Particularité : cicatrice au menton.

 

Lors du service militaire l’autorité l’en dispense en tant qu’ainé d’orphelins, pourtant :

4 août 1914 appelé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpelier qu’il sert jusqu’au 7 janvier 1919.

En 1914 avec son régiment le soldat Saby surveillera le port de Toulon, en 1915 il renforcera les défenses de Paris, avant d’aller sur le front dans le secteur de Verdun, de l’Aisne, où il construira des baraques, des routes, où il transportera des munitions, où il gardera les prisonniers, où… etc.

Les régiments territoriaux en principe ne combattaient pas, toutefois étant proche du front ils en recevaient les éclats, éclats d’obus toujours.

Décorations : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

Le soldat Saby profitera peu de temps de la reconnaissance nationale puisque le 13 mai 1919 il décèdera âgé d’à peine plus de 43 ans. Suite de la guerre ? Grippe espagnole ?

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XAVIER Joseph Marius né le 13 juillet 1875 à Castelnau-le-Lez de feu François Xavier et de Marie Doussière, agriculteur, résida à Vendargues.

Cheveux et yeux châtains, front couvert, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,64. Degré d’instruction : dégrossi.

 

3 août 1914 rappelé au 122éme régiment territorial d’infanterie, et immédiatement détaché au service de la photo aérienne au 2éme groupe d’aviation puis au 35éme régiment d’aviation de Bron-Lyon

28 janvier 1919 démobilisé à Versailles.

 

XAVIER Joseph quittera l’agriculture et Vendargues définitivement vers 1907 pour tenter sa chance à Paris. Il faut croire qu’il y réussit en exerçant ses qualités dans le domaine photographique, puisque l’armée l’emploiera exclusivement à analyser les clichés aériens.

Une affaire explique partiellement son départ de Vendargues, il s’agit de sa condamnation, en 1904 à la cour d’appel de Montpellier, à 6 mois de prison, et 16 francs d’amende, pour coups et blessures à agents. J’imagine qu’à sa sortie de prison, les mœurs étant ce qu’ils étaient à cette époque, surtout dans un milieu rural, les propriétaires-employeurs devaient à coup sûr refuser ses offres de service.

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L’évènement déclencheur du conflit est, nous dit-on, cet assassinat du 28 juin 1914. Or une relation conflictuelle n’amène pas les protagonistes à fatalement prendre les armes, et à s’en servir. Par exemple un peu avant cette guerre il y eut une affaire qui provoqua entre l’Angleterre, et la France une tension d’une extrême gravité à la limite du conflit guerrier.

 

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Rappel des faits de cette crise de Fachoda de 1898. Fachoda était un point stratégique au Soudan où les anglais avaient édifié un poste militaire, puis ce lieu perdit de son importance et les anglais l’abandonnèrent. En 1896 le gouvernement français confie au commandant Marchand la mission d’exploration de ce secteur géographique, au bout de deux ans de reconnaissance le commandant Marchand et sa troupe s’installent à Fachoda, j’insiste un lieu déserté par les anglais. Ces derniers se fâchèrent à notre endroit, et exigèrent que l’on se retirât. L’affaire s’enflamma, les va-t-en-guerre poussaient au conflit armé, et il fallut la sagesse des politiques français pour que soit évité l’affrontement, cependant haut et fort, les bellicistes bêlaient que devant les anglais nous avions baissé un peu vite le… pavillon.

 

Conclusion un évènement déclencheur peut ne rien enclencher du tout. Il n’y avait aucune raison pour qu’après cet assassinat la situation s’envenima jusqu’au conflit généralisé. Alors pourquoi la guerre ? Ma réflexion aboutit à ce constat terrible que la guerre est un fait naturel pour l’homme. J’ai vécu une époque où le monde se séparait en deux blocs ennemis pratiquant depuis des décennies une guerre froide. Un de nos présidents répondit un jour d’énervement cette phrase à un journaliste à propos de notre défense nucléaire : « je constate que les pacifistes sont à l’ouest et les missiles à l’est ». Ce président en somme réactualisait ce précepte de l’antiquité : « Si vis pacem para bellum », si tu veux la paix prépare la guerre.

 

Ainsi jusqu’à une date récente, et d’autant plus avant 1914 les français dans leur ensemble savaient qu’un jour ils iraient au casse-pipe. Il s’agissait de trouver l’ennemi, le motif, et le prétexte. Dans l’affaire de Fachoda nous n’avions que le prétexte, l’Angleterre n’étant plus notre ennemi bien au contraire, et le motif, la possession d’un bout de Soudan, ne justifiait pas la guerre.

 

En revanche si nous nous tournions vers l’est nous trouvions un ennemi héréditaire, l’Allemagne, un motif affirmé, le vol de nos provinces, il ne nous restait qu’à trouver le prétexte.

 

Pour se prémunir de cet ennemi désigné il fallait préparer la guerre (para bellum). Une méthode pour se faire, isoler l’ennemi, se constituer un réservoir de soldats. En ce qui concernait les soldats, la conscription garantissait en métropole une quantité suffisante d’hommes formés militairement, à ceux-ci il fallait ajouter la pléthore de garçons de notre empire colonial, cet empire à qui nous apportions le progrès, et qui juste retour des choses se devaient de fournir des hommes pour servir la mère-patrie d’adoption. D’autre part l’empire allemand et son frère l’empire austro-hongrois, devenait au centre de l’Europe une puissance trop importante pour ne pas inquiéter les autres nations européennes, nous étions à l’ouest de cette vaste puissance, par le traité d’entente cordiale avec l’Angleterre nous pouvions compter sur sa marine pour surveiller son débouché marin au nord, et le traité franco-russe constituait à l’est la deuxième mâchoire de l’étau. Par ce jeu d’alliance notre gouvernement assurait la tranquillité du pays pour longtemps, et nul n’imaginait que ce jeu-là nous entrainerait vers l’abime quand il faudrait respecter notre signature.

 

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 MAJUREL Elie Charles Moïse né le 9 février 1889 à Castelnau-le-Lez de Louis Majurel et de Matilde Sirvain, agriculteur, puis chauffeur, et enfin député de 1936 à 1939 mais prolongé jusqu’en 1942. Résida à Vendargues.

Cheveux châtains, yeux bleu, front et nez ordinaires, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,70. Degré d’instruction primaire.

 

Le lecteur comparera sa description physique avec la photo du citoyen datant de son élection à la députation.

 

 Le futur député Majurel, avant que n’éclate le conflit, a cette particularité de posséder les permis de conduire des voitures de tourisme et surtout des poids lourds. Et donc…

 

3 août 1914 rappelé au 16éme escadron du train de Lunel, il part aux armées dès le 9 août 1914. Malheureusement je ne possède pas le détail des campagnes des escadrons du train des équipages. Mais je puis assurer qu’ils se tenaient souvent très près des premières lignes

 28 juin 1915 passé au 14éme escadron du train

 1 janvier 1916 passé au 19éme escadron du train

 1 mars 1916 revient au 14éme escadron du train

 1 juillet 1918 il part sur le front d’orient sans plus de précision, probablement à Salonique.

 18 août 1919 congé illimité à Vendargues

 

Décorations : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

 

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NESPOULOUS Joseph Marius né le 18 janvier 1894 à Saint-Brès de Alexandre François Felix et de Marie Anna Régnier, cultivateur, s’installera à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille : 1,80. Degré d’instruction : faible.

 

 7 septembre 1914 rappelé au 9éme régiment d’artillerie de campagne de Castres, après sa formation il partira aux armées le 11 juin 1915. Il rejoindra ses camarades dans la région de la Woëvre, une région à l’est de Verdun formée sur un axe nord-sud.

 En 1916 il participe à la bataille de la somme, notamment à Biaches ville faisant sur l’autre rive de la Somme le pendant avec Péronne. L’engagement de la Somme doit permettre de soulager nos efforts fournis dans l’interminable bataille de Verdun.

 2 décembre 1916 embarquement à Marseille pour le front d’Orient à Salonique.

 1 mai 1918 passé au 42éme Régiment d’artillerie de campagne casernement Stenay, La Fère. Le régiment s’emploie dans le secteur de Verdun puis monte au nord-ouest sur le Chemin des Dames.

 16 août 1918 retour en France. Le soldat Nespoulous est admis à l’hôpital de Saint-Mandrier à Toulon.

 1 novembre 1918 le soldat Nespoulous rejoint le dépôt.

 31 janvier 1919 passé au 1er régiment d’artillerie coloniale.

 9 septembre 1919 congé illimité.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

 

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 PORTAL Augustin Théodore Léopold né le 12 octobre 1884 à Saint-Sauveur-de-Ginestoux de Théodore Portal et de Anastasie Lombard, cultivateur, puis charretier.

 Sa fiche pour deux indications : sa taille 1,74 et son handicap : bégaiement prononcé. Ce handicap l’exemptera en 1905 du service militaire. Je me dois de rapporter ce que dans mon enfance j’entendais à propos du bégaiement, il se disait que cette gêne attribuée à l’état nerveux du sujet pouvait dans les cas extrêmes provoquer de terribles convulsions.

 

En 1914 lors de la mobilisation générale il sera exempté par la commission de réforme.

 

Le citoyen Portal attendra le 22 mai 1917 pour être incorporé au 2éme régiment du génie de Montpellier qui casernait dans l’actuel lycée Joffre.

 1 juin 1918 le soldat Portal partira aux armées jusqu’au 11 novembre 1918

 25 août 1918 versé au 21éme régiment du génie

 25 février 1919 congé illimité à Vendargues

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

 

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SALLES Pierre Antoine né le 2 septembre 1896 à Lunel de feu Pierre Salles et de Marie Salles, cultivateur à Vendargues.

 Cheveux blonds, yeux bleus, front moyen, nez rectiligne, visage rond, taille : 1,66. Degré d’instruction : masqué

 

 Le soldat Salles participera activement aux deux guerres mondiales. Parlons d’abord de celle de 1939. A sa demande il sera affecté le 30 octobre 1939 au 16éme escadron du train de Lunel et rejoindra le front où il sera capturé 21 juin 1940. Mais respectueux de son passé d’ancien combattant de la grande guerre il sera rapatrié le 4 août 1941. Je précise qu’à cette date les dispositions de la relève, qui fait délivrer 1 prisonnier de guerre pour 3 travailleurs volontaires pour l’Allemagne, n’entreront en vigueur qu’en mai 1942.

 

11 avril 1915 incorporé au 3éme régiment de chasseurs de Saint-Dié

 5 avril 1915 passé 92éme régiment d’infanterie de Clermont Ferrand, le régiment est engagé dans la Somme toute l’année 1915

 Hospitalisé du 7 mai au 3 juin 1915 sans plus de précision sur la nature de ses lésions

 15 septembre 1915 passé au 139éme régiment d’infanterie d’Aurillac

 

26 mars 1916 passé au 98éme régiment d’infanterie de Roanne, participe à la grande bataille de Verdun qui dure pratiquement l’année entière. Dans la première partie de mon étude à la rubrique du soldat Hérail qui appartint à ce régiment, j’évoque le triste épisode du lieutenant du 98éme Jean Chapelant et le sort injuste que la justice militaire expéditive lui sert, fusillé, attaché à son brancard pour ne pouvoir tenir debout à cause de ses blessures.

 

12 novembre 1916 blessé au Pressoir par éclats d’obus plaie au médius droit. Il est admis à l’hôpital de Beauvais. Pressoir est sans doute un lieu-dit se trouvant aux environs de Cumières-le-Mort-Homme soit à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Verdun. L’intensité des combats amènera la disparition du village de Cumières.

 

Cette folie meurtrière, cette valse des obus, pendant près d’un an feront craquer nerveusement de nombreux soldats dont le soldat Salles mais lui par un effet retardé. Car son régiment en 1917 après un détour dans des secteurs relativement plus calme, l’Aisne, l’Oise, reviendra en août 1917 sur Avocourt et la cote 304 à quelques hectomètres du Mort-Homme

 

20 octobre 1917 examiné dans un centre neurologique, les médecins constatent des troubles de comportement : émotivité, anxiété, phobie des obus, de sorte que la commission de réforme de Bar-le-Duc le déclare provisoirement inapte, dans les faits jusqu’au 17 décembre 1917

 

Le soldat Salles une fois ayant dompté ses nerfs retournera aux armées pour repousser entre Soissons et Reims la dernière et acharnée offensive allemande du printemps et de l’été 1918.

 26 août 1918 intoxiqué par les gaz à Soissons

 30 août 1918 évacué

 15 décembre 1918 versé au 13éme escadron du train

 9 février 1919 passé au 20éme escadron du train

 27 février 1919 passé au 19éme escadron du train

 23 septembre 1919 congé illimité

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

 

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BASTIDE Albert Paul né le 10 février 1875 à Lussan de feu François Bastide et de Marie Jeanjean. Foudrier à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains foncés, front découvert, nez long, bouche moyenne, menton à fossette, visage ovale, taille : 1,60. Degré d’instruction : primaire. Particularité : légère cicatrice au front.

 

 3 août 1914 rappelé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier

 

La commission de réforme le classe au service auxiliaire pour artériosclérose de la caisse et du labyrinthe avant de la renvoyer dans ses foyers le 24 octobre 1914.

 

23 juin 1915 rappelé au 2éme régiment du génie de Montpellier avant d’être détaché à la poudrerie nationale de Toulouse le 3 avril 1916.

 1 juillet 1917 passé au 14éme régiment d’infanterie de Toulouse, tout en étant détaché à la poudrerie.

 8 février 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : médaille commémorative de la grande guerre.

 

Le cas du soldat Bastide est significatif des besoins de l’armée en hommes, et si ceux-ci ne partent pas au front pour des motifs médicaux, ils servent dans les entreprises essentielles de l’armement militaire. En filigrane se dessine la transformation de cette guerre au départ « traditionnelle » en un conflit industriel et « moderne », plus de poudre, d’obus, de chars, etc…

 

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CONSTANS Henri né le 15 mai 1873 à Saint-Aunés de feu Antoine Constans et de feue Véronique Grave. Agriculteur à Vendargues.

 Cheveux châtains clairs, yeux gris, front couvert, nez petit, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,56. Degré d’instruction primaire.

 

 En tant qu’ainé d’orphelins il sera dispensé du service militaire. Néanmoins il fera des périodes d’exercice au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier. Ainsi le 6 octobre 1914 il sera rappelé par ce régiment.

 

Mission de surveillance du port de Toulon, puis divers travaux de construction et de renforcement de défense à Paris, dans l’Argonne, dans le secteur de Verdun, de la Somme, de la Marne, de l’Aisne.

 

17 août 1917 passé au 222éme régiment territorial d’infanterie

 5 octobre 1917 versé au 105éme régiment territorial d’infanterie de Grenoble

 

Sous toute réserve, en 1918 ce régiment partira sur le front italo-austro-hongrois. Mais cette destination se conçoit aisément vu le casernement ordinaire du régiment dans les Alpes, et que le front italien se situe au nord-est de l’Italie dans le secteur montagneux de ces mêmes Alpes.

 

6 janvier 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Aucune mention sur d’éventuelles décorations.

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 ROUDIL Marius Baptiste né le 22 août 1874 à Vauvert d’Adrien Roudil et de Marie Bonnafous, cultivateur à Vendargues.

 Cheveux blonds, yeux gris bleus, front couvert, nez évasé, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,61. Degré d’instruction : primaire.

 

 3 août 1914 rappelé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier

 3 janvier 1919 congé illimité

 Nulle mention d’éventuelles décorations.

 

A voir sa fiche le qualificatif de « pépère » vient immédiatement à la bouche, qualificatif qui s’employait lors même du déroulement de la guerre, mais ce serait oublier que ces territoriaux s’ils n’affrontaient pas directement l’ennemi, n’en demeuraient pas moins exposés dans l’œuvre de rendre carrossable les chemins d’accès au front.

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ITIER Paul Fulcrand né le 24 avril 1888 à Sommières d’André Itier et de Pauline Pons, viticulteur à Vendargues.

 Cheveux châtains, yeux marrons, front couvert, nez et bouche moyens, menton rond, visage ovale, taille : 1,67. Degré d’instruction : primaire.

 

 3 août 1914 rappelé au 60éme régiment d’infanterie de Besançon, appelé régiment « as de cœur » à cause de son insigne ancien.

Au début de la guerre le but que se fixe l’état-major est la reconquête des provinces perdues, l’Alsace, la Lorraine. Tandis que des unités dans le nord foncent depuis Nancy et Lunéville vers Dieuze et Morhange, d’autres unités dont le 60éme dans le sud se ruent depuis Belfort vers Colmar et Mulhouse. Des avancées se concrétisent pendant les premiers jours d’août 1914 jusqu’à ce que les allemands, autour du 20 août, lancent une contre-offensive qui provoque le repli de nos troupes.

 

Dans le même temps ou presque les allemands, après avoir violé la neutralité de la Belgique, envahissent la France depuis ce pays, le 60éme se porte en septembre 1914 sur les lieux de Bouillancy et Acy-en-Multien qui se trouve à 60Kms au nord-ouest de Paris, c’est la bataille de la Marne. Sur la lancée les combats se poursuivent jusqu’à la fin de l’année 1914 par ce qui sera nommé « la course à la mer » où les protagonistes tentent de se déborder en remontant vers la mer du nord qui stoppera ces tentatives.

 

Le 60éme finit l’année durement éprouvé 2000 hommes hors de combat. Aussi peut-on comprendre qu’à la Noël 1914 il y a avec l’ennemi des « échanges de courtoisie ». Pourtant les soldats des deux camps se trompent en pensant qu’ayant fait leur travail d’héroïques soldats, les politiques vont prendre le relai et trouver un accord.

 

L’affrontement continue en guerre de positions marquées par des tranchées. Le 60éme se trouve en première partie de 1915 du côté de Soissons afin de protéger cette ville où les pertes du régiment sont effroyables 1800 hommes hors de combat.

 

En septembre 1915 le 60éme, entre Souain et Massiges à 60 kms environ à l’est de Reims à la limite de l’Argonne, participe à la bataille de Champagne où est relancé la tactique de la guerre de mouvement, en clair l’artillerie déblaie, l’infanterie occupe. Le 60éme perd 1700 hommes dont notre soldat Itier.

 

6 octobre 1915 évacué

 6 novembre 1915 la commission de réforme diagnostique sur le soldat Itier une « phlébite suite à des fièvres typhoïdes », elle le vers au service auxiliaire du 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier.

 5 mars 1917 versé au 1er régiment d’artillerie de campagne de Bourges, le soldat Itier reviendra sur les lieux qu’il connait : la forêt d’Argonne en 1917 et en 1918 la Champagne, La Main de Massiges, repoussant la dernière offensive allemande avant notre victoire.

 22 mars 1919 congé illimité

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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TEISSANDIER Noël Denis Pierre né le 30 septembre 1898 à Saint-Aunés d’Etienne Casimir Teissandier et de Scolastique Ponsonnaille, cultivateur à Vendargues.

 Cheveux et yeux noirs, front large, nez rectiligne, visage rond, bouche petite. Taille : 1,60. Degré d’instruction : primaire

 

 2 mai 1917 incorporé au 8éme régiment d’infanterie coloniale de Toulon qui se trouve sur le front de la Serbie du côté de Monastir à la frontière gréco-serbe.

 7 janvier 1918 passé au 3éme régiment d’infanterie coloniale de Rochefort qui se bat aussi en Serbie.

 20 juillet 1918 passé au 359éme régiment d’infanterie de Bastia, changement de décor pour le soldat Teissandier, direction les Flandres : le mont Kemmel 10 kms au sud-ouest d’Ypres afin de refouler définitivement les boches.

 26 août 1918 intoxiqué et évacué au bois des loges au sud de Paris

 14 novembre 1919 retour aux armées, le soldat Teissandier s’emploiera alors aux opérations extérieures notamment en Serbie, avant semble-t-il de s’engager dans l’armée.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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ESTANIER Jules Louis Joseph né le 20 février 1885 à Embrun de Jean Paul Grégoire Archange Estanier et de Marie Rose Sanier, étudiant en droit puis viticulteur à Vendargues.

 Cheveux et yeux noirs, front découvert, bouche et nez moyens, menton rond, visage ovale, taille : 1,79. Degré d’instruction : supérieur.

 

 L’armée l’exempte du service militaire pour chevauchement d’orteils et myopie avec lésion.

 9 septembre 1914 déclaré bon pour le service auxiliaire

 14 janvier 1915 versé au 16éme escadron du train des équipages de Lunel

 14 août 1917 nommé Brigadier et le 10 octobre 1918 nommé maréchal des logis.

 22 mars 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : médaille commémorative de la grande guerre.

 

 Le cas Estanier est exemplaire en ce sens qu’il nous fait toucher du doigt les pertes catastrophiques en hommes pendant les premiers jours de guerre. Au point que les garçons exemptés pour des motifs sérieux se voient appliquer le décret du 9 septembre 1914 par lequel tous les recalés sont réexaminés afin d’endosser l’uniforme et servir la nation malgré leurs maux. Par ailleurs en août 1915 sera votée la loi Dalbiez qui réorganise l’emploi des hommes aux besoins des unités en tenant compte des éventuelles gênes physiques.

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BARDY Fortuné Marius né le 25 mars 1889 à Montpellier d’Eugène Bardy et de feue Marie Séraphine Valibauze, Maçon-plâtrier à Vendargues

 Cheveux châtains, yeux bleus, front découvert, bouche et nez Moyens, menton rond, visage ovale, taille : 1 ,58. Degré d’instruction : primaire. Détient son brevet automobile.

 

 3 août 1914 rappelé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier.

 

Plutôt que de rappeler le parcours de ce régiment je préfère ressortir toutes ses citations, prouvant que les régiments méridionaux ne méritaient pas leur réputation de nonchalance.

 

1 -- à l’ordre de l’armée -- Au cours des journées du 4 au 9 août (1916 Verdun) a disputé le terrain conquis sur l’ennemi par des actions vigoureuses à la baïonnette progressant de plus de 300 mètres malgré les contre-attaques acharnées des bombardements d’une violence extrême jour et nuit.

 

A fait des prisonniers, pris 5 mitrailleuses et résisté héroïquement aux assauts jusqu’à la limite des forces donnant ainsi un bel exemple d’abnégation et d’esprit de sacrifice.

 

2 -- à l’ordre de l’armée -- Magnifique régiment qui sous le commandement du lieutenant-colonel RONDENAY a enlevé le 20 août 1917 (toujours Verdun) d’un seul élan une importante position ennemie progressant de 2 kms malgré la résistance acharnée opposée par l’adversaire, s’emparant d’un tunnel défendu par des mitrailleuses et lançant enfin dès l’arrivée sur le dernier objectif une hardie reconnaissance qui a mis hors de service une batterie et détruit tous ses abris

 

Au cours de cette opération plus de 400 prisonniers dont 25 officiers, pris 14 canons 4 minenwerfers 25 mitrailleuses et un matériel de guerre considérables.

 

3 -- à l’ordre du corps d’armée -- Dans la journée de 5 mars (1915 la Champagne, Beauséjour) le 81éme régiment d’infanterie a enlevé à la baïonnette des tranchées allemandes qui lui avaient été données comme objectif et fait des prisonniers.

 

4 -- à l’ordre de la division -- Citée la 1ere section de la 1ere compagnie pour son comportement en septembre 1915

 

 1 avril 1918 passé au 416éme régiment d’infanterie de Narbonne. En Avril le régiment se trouve dans les Flandres, il participera aux combats meurtriers du Mont Kemmel 10 kms au sud-ouest d’Ypres. Durant la période belge le 416éme perdra 1500 hommes.

 Nommé caporal le 21 mai 1918

 29 mai 1918 fait prisonnier à Arcis-le-Ponsart 30 kms à l’ouest Reims où le régiment bloque l’ultime offensive ennemie.

 29 novembre 1918 rapatrié

 22 janvier 1919 retour au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier

 1 août 1919 congé illimité à Vendargues

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 CAYREL Etienne Marius né le 11 juillet 1895 à Montpellier de Basile Cayrel et de Marie Crespin, Maçon chez Bardy cité ci-dessus, possède le permis de conduire automobile.

 Cheveux Châtains foncés, yeux roux, front ordinaire, nez cave, visage long, taille : 1,71. Degré d’instruction : faible.

 

 18 décembre 1914 incorporé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier, où il apprend les rudiments du combat.

 19 juin 1915 versé au 152éme régiment d’infanterie de Gérardmer, appelé « le régiment du diable » ou « les diables rouges », un des premiers régiments qui obtînt la légion d’honneur.

 

Le soldat Cayrel rejoint le front dans les Vosges où le climat plus rigoureux lui provoque quelques jours après son arrivée une conjonctivite de l’œil droit. Témoignage de la dureté des combats dans d’âpres conditions climatiques, se profile à l’horizon l’Hartmannswillerkopf, la montagne du vieil Armand, théâtre d’affrontements meurtriers incessants pendant de longs mois. En décembre 1915 l’engagement dans le massif vosgien occasionnera l’anéantissement quasi-total du 152éme.

 

22 décembre 1915 le soldat Cayrel est fait prisonnier à l’Hartmannswillerkopf.

 4 décembre 1918 rapatrié de Mannheim

 17 février 1919 revient au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier

 1 septembre 1919 congé illimité.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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                                           ROUGE GARANCE

 

 

 

Quant au cours d’une conversation la grande guerre s’impose comme sujet, surtout en cette époque du centenaire, il est toujours un intervenant au moins pour se sidérer de la couleur vive du pantalon de nos uniformes de ce temps. Cette réaction ne doit pas surprendre, car généralement les actions du passé s’analysent avec la vision d’aujourd’hui et avec la pensée de notre temps. De même que les évènements se déroulant sous de lointaines latitudes sont examinés à l’aune de nos habitudes et modes de vie de notre étroit pays.

 

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Longtemps je me suis posé la question de savoir pourquoi nos soldats d’avant 1914 portaient un pantalon aussi visible, aussi distinct, dans des décors verdoyants, ou terreux, ou encore neigeux ou sableux. Je ne crois pas un seul instant que nos chefs militaires fussent si naïfs, pour ne pas employer un mot outrancier, qu’ils précipitèrent en formation serrée nos garçons à l’assaut des positions ennemis sans avoir réfléchi aux conséquences de l’évidente apparence de nos soldats. D’ailleurs lors des régulières grandes manœuvres nul ne s’attachait à la présentation ostensible de nos gaillards. Au contraire tout le monde se flattait que les nôtres soutinssent à leur avantage la comparaison vestimentaire avec les autres armées.

 

Il faut regarder de près deux réflexions de ce temps pour appréhender la mentalité qui régnait alors :

 « Le fusil et la baïonnette demeurent les armes suprême de l’infanterie ».

 « Le fusil ne peut pas remplacer l’effet produit par la vitesse du cheval et la terreur inspirée par l’acier froid ».

 

Les stratèges dans leur ensemble ont cette idée de la guerre que rien de remplace les charges spectaculaires semant l’effroi dans les rangs ennemis. Sur les chevaux lancés aux galops, les cavaliers, casqués et corsetés de fer, munis de lances ou de sabres foncent sur les adversaires qui s’apeurent à voir arriver la furie. De même dans la vaste plaine les héroïques fantassins règlementairement groupés dans des uniformes aux vives couleurs en poussant des cris terribles se ruent baïonnette au canon sur les lignes ennemies. Les cris, les lames qui renvoient le soleil, et surtout les vifs coloris par lesquels l’ennemi se terrorise des innombrables soldats qui viennent et vont le submerger, ces trois éléments conditionnent l’adversaire dans le doute qu’il doit avoir de sa propre force.

 

Nous sommes dans l’idée : « Aux armes citoyens ! Formez vos bataillons ! Marchons, marchons ! Qu’un sang impur (celui des ennemis bien sûr) ! Abreuve nos sillons ! »

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Néanmoins quelques chefs militaires ne partageaient pas cette idée générale. Ils voyaient bien lors des fameuses grandes manœuvres que les tactiques se devaient d’évoluer au même rythme que les techniques, qu’il fallait ranger dans l’armoire au souvenir les belles charges héroïques du passé. Par voie de conséquence il devenait nécessaire que le soldat soit plus discret sur le théâtre des opérations, ainsi avant que n’éclate le conflit il était prévu un nouvel uniforme couleur bleu horizon qui progressivement remplacerait le rouge garance. Deux raisons empêchaient que le renouvellement fût immédiat, d’abord l’économie qui oblige, pour prévenir les critiques acerbes sur une armée dépensière, à user les uniformes jusqu’au dernier pantalon, et ensuite le souci économique, car qui porte ce seyant pantalon hormis les militaires ? Or derrière cette question se cache toute une industrie depuis la culture de la plante jusqu’à la fabrication de la teinture, il fallait donc que le remaniement du trousseau du trouffion s’effectuât au fil des mois sinon des années.

 

Mais très rapidement les pertes en hommes franchirent le seuil de l’intolérable, l’accusation se porta sur la couleur vive du pantalon qui rendait le soldat en une cible immanquable. Dès 1915 le nouveau paquetage est servi au soldat cependant il n’empêchera pas les hécatombes futures mais qui va s’en soucier, d’autant que la couleur bleu horizon ne fut pas choisi au hasard, ce choix masquait une certaine prétention. Sur une plaquette distribuée aux soldats français il est montré afin de reconnaissance la tenue militaire des alliés et des ennemis, or il s’y voit des nuances de brun et de verdâtre, alors pourquoi ne pas imiter les autres nations ? Les tenants des charges homériques se forcent à imaginer le soldat allemand au fond de sa tranchée alors que nos soldats foncent sur lui que devine-t-il par sa vision de bas en haut ? Des garçons en uniforme bleu horizon sur un horizon azur, un camouflage parfait !

 

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  AMOUROUX Louis Jean Emilien né le 11 avril 1899 à Saint-Génies-des-Mourgues de feu Louis Marius Amouroux et de Eulalie Margueritte Peyronnet. Télégraphiste puis facteur-receveur à Vendargues.

 Cheveux châtains, yeux gris, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille non mentionné, degré d’instruction : primaire.

 

 25 janvier 1918 à 18 ans il s’engage pour trois ans, il est versé au dépôt au 5éme dépôt des équipages de la flotte à Toulon, de fait il ne participera à aucun combat. Je l’évoque pour la raison qu’il s’engage volontairement alors qu’au début 1918 rien ne laisse supposer l’évolution du conflit, ensuite pour le motif qu’il fut un collègue postier comme moi, et selon les dires de ma mère compétant et aimable ce qui me rend le bonhomme sympathique.

 25 janvier 1921 renvoyé dans ses foyers.

 

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 SERRE Georges Emile Marie Gustave né le 18 février 1893 à Baillargues de Jules Gabriel Silvestre Serre et de Marie Pauline Bouxier. Viticulteur à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front découvert, nez rectiligne, visage ovale, taille : 1,69. Degré d’instruction : primaire.

 

 1 septembre 1914 incorporé au 99éme régiment d’infanterie de Vienne. Il part aux armées le 25 novembre 1914.

 Le 25 décembre 1914 la 28éme division d’infanterie, qui englobe le 99éme, se trouve dans le secteur de la Somme, des tranchées ennemies s’agite un drapeau blanc sous sa protection des soldats bavarois en s’approchant entament avec nos soldats la conversation. Cette trêve momentanée permettra les fraternisations de Noël 1914 avec des échanges de chocolat, de cognac, de cartes postales, et de journaux afin de comparaison. Mais le soldat Serre n’en sera pas le témoin.

 25 novembre 1914 passé au 158éme régiment d’infanterie des Vosges qui s’emploie dans les Flandres et en Artois

 

 11 août 1915 évacué pour maladie sans précision du nom, et hospitalisé jusqu’au 31 décembre 1915.

 Retour aux armées pour la bataille de Verdun : le fort de Vaux, le fort de Douaumont, la cote 304, etc…. A Verdun le but assigné aux soldats allemands consistait à nous saigner à blanc.

 6 mai 1916 passé au 118éme régiment d’infanterie de Quimper-Landernau qui participe aussi à la bataille de Verdun.

 23 juilet 1916 nommé caporal fourrier

 23 decembre 1916 nommé sergent fourrier

 

Fourrier trouve sa racine dans fourrage, aux temps ancien il s’agissait pour le responsable de fournir aux chevaux leurs ration. Avec le temps les services du fourrier se complèteront par la comptabilité et le secretariat.

 

En 1917 le 118éme prend sa part aux attaques inhumaines du Chemin des Dames. Au sein du 118éme se déclencheront des refus de combattre.

 La discipline sera retablie, par le renvoie de Nivelle et la venue de Pétain, puis le régiment montera dans la Somme pour des offensives de moindre envergue afin de remonter le moral des poilus.

 

26 mars 1918 disparition du sergent Serre à Roiglise 4 kms de Roye entre Amiens et Saint-Quentin. La nouvelle de sa capture par les allemands interviendra le 19 mai 1918

 9 fevrier 1919 rapatrié de Meschede

 21 mars 1919 passé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier

 1 septembre 1919 congé illimité.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 FALCON Jean Mathieu Eugène né le 27 décembre 1895 à Montpellier d’Eugène Joseph Falcon et de Marie Louise Eugénie Ponsonnaille. Cultivateur à Vendargues

 Cheveux châtains, yeux marrons, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille : 1,70. Degré d’instruction : primaire.

 

 18 décembre 1914 incorporé au 3éme régiment de zouaves dont un bataillon caserne à Sathonay au nord de Lyon, où sera formé le soldt Falcon

 16 avril 1915 passé au 2éme régiment de zouaves pour complément de formation

 7 mai 1915 passé au 3éme bis régiment de zouaves

 21 mai 1915 capturé à Manoff. Un lieu que je n’ai pas su situer, pour mémoire le 3éme bis de zouaves se trouve à cette période dans le secteur de Boesinghe à 6 kms au nord d’Ypres, Ypres où se déroula la première attaque aux gaz le 22 avril 1915 d’où le nom d’ypérite pour le poison employé.

 Détenu dans un camp en Westphalie, libéré et rapatrié le 3 janvier 1919

 Passé à cette date au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier

 14 septembre 1919 congé illimité à Vendargues

 

Décoration : médaille commémorative de la grande guerre.

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 JUNY Daniel Joseph Eugène né le 23 décembre 1899 à Castries de Daniel Juny et de Magueritte Peyronnel. Viticulteur. Résida à Vendargues.

 Cheveux noirs, yeux châtains, front couvert, nez rectiligne, visage ovale, taille : 1,77. Degré d’instruction non mentionné.

 

 20 avril 1918 incorporé au 96éme régiment d’infanterie de Béziers

 29 août 1918 part aux armées dans les Flandres dans le secteur du mont Kemmel près d’Ypres.

 23 mars 1921 renvoyé dans ses foyers

 

Décoration : médaille commémorative de la grande guerre.

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GOUNEAUD Laurent Pierre Albert Louis Aphrodise né le 21 juin 1897 à Aspiran d’Albert Henri Didier Gouneaud et de feue Valérie Noémie Marie Guibal. Docteur à Vendargues.

 Cheveux châtains, yeux gris, front haut, nez rectiligne, visage long, taille : 1,66. Degré d’instruction : supérieur.

 

 10 janvier 1916 incorporé au 112éme régiment d’infanterie de Toulon-Hyères aux armées le 18 novembre 1916, la cote 304, la cote poivre, au nord de Verdun.

 6 mai 1917 versé au 13éme régiment d’infanterie de Nevers-Decize. La Champagne à l’est de Reims : la main de Massiges, le mont Cornillet.

 2 juin 1917 nommé soldat de 1ére classe. Il peut paraitre étonnant qu’un garçon effectuant des études à un niveau supérieur ne se voit pas attribuer dès son entrée dans l’armée le grade d’aspirant officier et commence son parcours dans le rang. Il faut voir là un acte volontaire du soldat Gouneaud vis-à-vis de ses camarades de la classe.

 1918 le 13éme combat en Argonne puis monte en Picardie pour l’offensive finale qui à l’est d’Amiens va créer un front depuis Bapaume au nord, puis en descendant Péronne, Roye, et Ribécourt.

 

24 mai 1919 passé à la 8éme section des infirmiers, ce qui est plus en rapport avec ses études.

 15 août 1919 nommé caporal.

 28 septembre 1919 congé illimité.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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MALAVIEILLE Guillaume Alban né le 16 septembre 1889 à Saint-Brés de Dominique Malavieille et d’Emilie Vidal. Jardinier puis viticulteur à Vendargues. Possède le permis de conduire les automobiles.

 Cheveux et yeux châtains foncés, front découvert, bouche et menton moyens, menton rond, visage ovale, taille : 1,67. Degré d’instruction : primaire.

 

 3 août 1914 réintègre le 3éme régiment d’infanterie de Digne, et part dans l’est secteur de Dieuze et Morhange. Ensuite lors de la contre-offensive allemande fin août 1914 le 3éme combattra dans la région de la Woëvre. Pour simplifier dans un axe nord-sud, en prenant la verticale Metz-Nancy nous trouvons à l’est de celle-ci Le Grand-Couronné et à l’ouest La Woëvre.

 En avril 1915 le 3éme se trouve dans les parrages de Ypres où vont se dérouler de durs combats

 22 avril 1915 le soldat Malavieille est capturé à Langemark, 10 kms au nord d’ypres, et détenu à Meschède en Westphalie.

 22 décembre 1918 rapatrié

 10 février 1919 passé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier

 1 août 1919 congé illimité

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LAFFONT Marcel Raymond né le 9 janvier 1894 à Montpellier de feu Jean Laffont et de Jeanne Marie Piquemal. Charretier à Vendargues.

 Cheveux noirs, yeux châtains, front moyen, nez rectiligne, visage long, teint coloré, taille : 1,61. Degré d’instruction : dégrossi.

 

 1 septembre 1914 incorporé au 163éme régiment d’infanterie de Nice. Six jours plus tard le soldat Laffont s’oppose dans le massif vosgien à la contre-offensive allemande, pour faire front il fallait des soldats même avec une formation militaire sommaire. Le soldat Laffont apprendra sur le tas.

 

En 1915 le 163éme combat dans la Woëvre une région verticale à l’ouest de l’axe Metz-Pont à Mousson-Nancy. Il apparait que les bataillons se séparent mais celui auquel appartient le soldat Laffont demeure dans la Woëvre, et à 20 kms à l’ouest de Pont à Mousson dans les environs de la commune de Flirey, en ces lieux les circonstances influeront sur la destinée du soldat Laffont.

 

Citation : croix de guerre avec étoile de bronze : « le 20 juillet 1916 n’a pas hésité à porter secours à son chef de 1/2 section qui blessé était tombé en avant de nos lignes en un point très battu par des feux de mousquèterie ennemie. »

 

20 juillet 1916 blessé à Flirey. Plaie en setton par balle. Cette blessure le rendra indisponible jusqu’au 21 juillet 1917. Setton : traversé de part en part par une balle, en l'occurrence vu le temps que le soldat Laffont met en se relever de sa blessure et vu les circonstances, il faut penser que les plaies sont multiples.

 

12 septembre 1917 retour aux armées sur le Chemin des Dames.

 

2éme citation pour son comportement : « Très courageux brave et énergique d’un dévouement absolu. Dans la nuit du 19 au 20 mai 1918 a volontairement participé à un coup de main très périlleux au cours duquel il a fait preuve du plus grand calme et d’un constant mépris du danger a rempli sa mission à fond malgré les nombreuses difficultés qu’elle comportait. »

 

Rien n’est précisé du lieu de ce coup de main, il faut donc supposer qu’il se déroule dans le secteur du Chemin des Dames puisque le 163éme se trouve en Champagne.

 

D’ailleurs le 15 août 1918 sur ce Chemin des Dames le soldat Laffont sera blessé par un éclat de grenade à la joue gauche lors de notre ultime offensive victorieuse. Il revient aux armées le 12 septembre 1918 et rejoint son régiment dans les Ardennes où une blessure plus handicapante l’affligera le 3 octobre 1918.

 

En effet sur sa fiche il est fait mention d’une amputation du bras gauche au 1/3 supérieur, avec admission d’une pension de 1920 francs. il sera soigné jusqu’au 2 septembre 1919.

 

Décoration : sa fiche ne mentionne que la médaille militaire, mais on peut imaginer qu’il obtînt la croix de guerre avec deux étoiles (ses deux citations), la médaille de la victoire, et la médaille commémorative de la grande guerre.

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FABRE Fernand François Henri né le 4 août 1890 à Saussan d’Henri Fabre et de feue Eulalie Martin. Boulanger puis commis épicier à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front grand, nez moyen, taille : 1,56. Degré d’instruction : primaire.

 

 Lors de son service militaire il s’emploiera au sein de la 20éme section des commis, ouvrier, et administratif, les tâches ordinaires de son métier civil.

 2 août 1914 incorporé à la 16éme section des commis, ouvriers, et administratifs.

 12 mai 1916 versé au 111éme régiment d’infanterie d’Antibes.

 

Un soupçon salira la réputation du 111éme. A la journée du 20 mars 1916, dans le secteur du bois de Malacourt, 20 kms au nord-ouest de Verdun à l’ouest de Cumières-le-Mort-Homme, il sera fait mention de la faible résistance qu’opposa ce régiment aux forces ennemies, au plus haut niveau de la hiérarchie, on ira jusqu’à parler de collusion et de pourparlers avec les allemands. Démoralisation des nôtres, supériorité de l’adversaire, il demeure que le 111éme sera quasiment fait prisonnier ce jour-là.

 

A l’époque où le soldat Fabre rejoint le 111éme, celui-ci se trouve en Alsace pour une tentative de reconstruction du régiment, finalement celui-ci sera dissout à l’été 1916.

 

20 septembre 1916 versé au 313éme régiment d’infanterie de Blois qui prend part aux terribles combats de Douaumont, 10 kms au nord de Verdun, dont le fort sera pris et repris avant de tomber dans nos mains.

 

Pour l’anecdote les allemands captureront le capitaine Charles de Gaulle le 2 mars 1916 à Douaumont. Quelques cinquante plus tard des individus sans honneur et sans vergogne s’abaisseront à mettre en doute les conditions de sa capture, en évoquant le fameux quelqu’un, qui aurait vu un tiers, qui lui-même tenait de source sure, etc…, nous connaissons autant que le général De Gaulle le procédés de la rumeur à laquelle il s’abstint de répondre.

 

Au printemps 1917 le 313éme combattra sur le Chemin des Dames, avec en son sein le soldat Fabre.

 

7 décembre 1917 passé au 205éme régiment d’infanterie de Falaise. Au printemps 1918, les forces franco-britanniques, avec le 205éme, soutenues par les innombrables détachements d’armées alliées, contrecarreront autant qu’elles le pourront l’attaque allemande du printemps 1918 au sud d’Arras, et à l’est de la ligne Bapaume-Péronne-Nesle-Noyon, avant de contre-attaquer dans la deuxième quinzaine de juillet 1918.

 

29 juillet 1918 versé au 131éme régiment d’infanterie d’Orléans, participe à la bataille victorieuse de la Marne.

 21 décembre 1918 versé à la 24éme section des commis, ouvriers, et administratifs.

 12 août 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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MADAILLE Jules Jean Baptiste né le 29 avril 1878 à Murviel de Jules Madaille et d’Ernestine Soulié. Curé de Vendargues de 1926 à 1960.

 Cheveux et yeux châtains, front bombé, nez gros, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,58. Degré d’instruction : supérieur.

 Handicap : myopie au-dessus de -6 dioptries ce qui correspond à un niveau très élevé de trouble visuel.

 

 Classé au service auxiliaire lors de son service militaire, mais en réalité il n’endossera pas l’uniforme. D’après mon maigre savoir les membres du clergé étaient versés aux aumôneries des unités militaires, et encore s’il se révélait des besoins spécifiques dans le domaine sacerdotal.

 

 Lorsque la guerre éclate, malgré son âge, 36 ans révolus, son handicap visuel important, et sa vocation affirmée dans sa paroisse d’Aigues-Vives, notre futur curé Madaille est classé au service armé le 26 novembre 1914, sans doute par sa volonté, pour affirmer sa compassion auprès de ses frères humains accablés de Géhenne.

 

 28 janvier 1915 rappelé au service auxiliaire sans précision du lieu.

 1 octobre 1915 dirigé sur la réserve du personnel sanitaire à Le Bourget.

 3 février 1916 affecté à l’hôpital militaire complémentaire de Béziers.

 22 juin 1917 part aux armées jusqu’au 31 janvier 1918.

 1 février 1918 versé à la 8éme section des infirmiers, puis à la 6éme section des infirmiers le 1 janvier 1919.

 4 mars 1919 congé illimité.

 

Aucune décoration ne sanctionnera les soulagements qu’il apporta aux corps meurtris et aux âmes tourmentés par des visions d’apocalypses. Si une fois au moins dans l’année vous allez au cimetière de Vendargues, juste un instant recueillez-vous sur sa tombe, il mérite, à défaut d’une ruelle à son nom dans le village qu’il a si bien servi, une considération de votre part, merci.

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MICHEL Henri François Roch né le 16 août 1885 à Castries de Charles Michel et de marie Majurel. Camionneur puis viticulteur à Vendargues.

 Cheveux châtains clairs, yeux roux, front couvert, bouche nez moyens, menton rond, visage ovale, taille : 1 ,63. Degré d’instruction : primaire. Particularité : cicatrice au sourcil droit.

 

 Sa profession de camionneur fait qu’il est versé lors de son service militaire dans un régiment d’artillerie avec la qualité de conducteur.

 

5 août 1914 rejoint le 9éme régiment d’artillerie de Castres qui s’emploie en 1914 dans des opérations en Alsace, en 1915 dans la région de la Woëvre, et en 1916 dans la Somme à Biaches notamment sur la rive gauche de la Somme face à Péronne ville qui se situe sur l’autre bord de la Somme.

 1 avril 1917 comme le 9éme part en Orient, le soldat Michel passe au 203éme régiment d’artillerie sur lequel je ne possède aucun renseignement.

 1 mars 1918 passé au 22éme régiment d’artillerie de Versailles qui se trouve en Picardie.

 16 mai 1918 passé au 121éme régiment d’artillerie lourde et le 22 août 1918 au 120éme régiment d’artillerie lourde sur lesquels je ne détiens nulles informations.

 16 mars 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 CHASSEFIERE Marcellin Antonin né le 26 novembre 1880 à Sussargues de Jacques Cyprien Chassefière et d’Antoinette Allié. Viticulteur à Vendargues.

 Cheveux noirs, yeux gris, front découvert, nez grand, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,62. Degré d’instruction : primaire.

 

 Lors de son service militaire il prend le grade de caporal le 21 septembre 1902 puis de sergent le 20 septembre 1903.

 

3 août 1914 intégré au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier. A partir de Luneville le 81éme participe aux opérations de Lorraine, l’offensive vers Dieuze et Morhange aux premiers jours d’août 1914, puis des 20, 21, 22, 23 août le 81éme s’applique à contenir la contre-offensive allemande dont les forces reprennent Luneville et tentent une percée du côté de Charmes au sud de Luneville. Le régiment s’emploiera ensuite dans la région de la Woëvre à l’ouest de Metz.

 

Au début de l’année 1915 le 81éme se trouve dans les Flandres : Ypres, Poelcapelle, Saint-Eloi, dans de durs combats où pour la première fois les gaz sont employés par les allemands.

 

Au printemps 1915, et pour le reste de l’année, le 81éme part combattre en Champagne à 60 kms à l’est de Reims : Minaucourt, Perthes les Hurlus, Beauséjour, le Mesnil les Hurlus.

 

Le 7 Septembre 1915 la commission de réforme classe le soldat Chassefière dans le service auxiliaire pour : « bronchite chronique et emphysème ». Les gaz utilisé dans les combats sont à coup sûr les responsables des problèmes de santé du soldat Chassefière qui durent jusqu’au 18 septembre 1916.

 

18 septembre 1916 passé au 305éme régiment d’infanterie de Riom. Il apparait que ce régiment sert surtout à renforcer la ligne de front dans son ensemble, par son manque de fiabilité il inspire peu confiance à l’état-major à cause de la panique qui le saisit lors d’une attaque allemande aux environs de Soissons les 11, 12, et 13 septembre 1914. Par ailleurs le 305éme sera dissous le 13 août 1918, auparavant en Argonne en janvier 1918 il aura produit un refus collectif d’obéissance entrainant des condamnations à mort.

 

12 août 1918 les problèmes respiratoires du soldat Chassefière le rendent inapte au service armé, il est classé au service auxiliaire du 305éme puis du 81éme régiment d’infanterie de Montpellier le 31 octobre 1918

 26 février 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : partie masquée sur sa fiche individuelle.

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ROBERT Eugène Louis Fulcrand né le 12 mai 1883 à Sussargues d’Antonin Robert et d’Albertine Thouzellier. Coiffeur à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, nez effilé, front couvert, bouche moyenne, menton à fossette, visage ovale, taille : 1,64. Degré d’instruction : primaire.

 

 3 août 1914 rappelé à la 16éme section d’infirmiers. Sa fiche signale que son frère est militaire ce qui détermine son maintien dans la disponibilité.

 26 février 1917 passé au 115éme régiment d’infanterie de Mamers-Nogent le Rotrou où il fait sa formation militaire.

 10 avril 1917 versé au 217éme régiment d’infanterie de Lyon.

 

Il est observé en début d’année 1917 des fraternisations entre des soldats du 217éme et des soldats ennemis.

 A l’époque où le soldat Robert rejoint son régiment celui-ci se trouve en Argonne.

 

7 mai 1917 capturé à Vienne le Château (Argonne) 40kms à l’ouest de Verdun, détenu à Geissen.

 6 décembre 1918 rapatrié d’Allemagne.

 

Sa fiche ne mentionne ni la date de son congé illimité, ni l’attribution de décoration.

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MAZAURIC Auguste né le 11 juillet 1893 à Montpellier d’Antoine Adolphe et de Marguerite Jeanne. Boucher à Vendargues.

 Cheveux blonds, yeux bleus, front vertical, nez busqué, visage long, taille : 1,69. Degré d’instruction : primaire

 

 26 novembre 1913 incorporé au 24éme bataillon des chasseurs alpins de Villefranche.

 Dès les premiers jours d’août 1914 son bataillon participe à notre première offensive en Lorraine : Dieuze, Morhange, Bidestorff.

 20 août 1914 capturé à Zommange 7 kms à l’est de Dieuze au moment où les allemands décident de contre-attaquer en force. Détenu à Müncheberg

 

Citation : « Bon chasseur intrépide et dévoué. Le 20 août 1914 au cours d’un mouvement offensif a été plusieurs fois blessé, est tombé de ce fait aux mains de l’ennemi. »

 

Blessures : à la cuisse droite par éclats d’obus, fesse droite par baïonnette, oreille gauche par balle.

 En outre en captivité lors d’un accident de travail dans les mines il se fracture les deux os de l’avant-bras droit.

 

19 juin 1918 rapatrié en Suisse, sans doute la croix rouge a-t-elle pu intervenir dans son cas.

 10 novembre 1918 rapatrié d’Allemagne (Ajoutons via la Suisse)

 16 janvier 1919 passé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier

 3 septembre 1919 congé illimité.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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Je ne tenterais pas ici de démontrer par une thèse fumeuse les ressorts des innombrables exécutions pendant la période de la grande guerre, mais il faut savoir que celles-ci se produisirent dès les premiers jours du conflit et même avant si on tient compte de l’exécution de Jean Jaurés au bar du croissant par un Villain (tel était son nom) déséquilibré, en réalité un ultra-nationaliste ulcéré par les propos pacifiste du député socialiste qu’il exécuta froidement pour défaitisme.

 

Innombrables exécutions dont aujourd’hui encore les historiens patentés discutent le chiffre, sans doute autour de 600 garçons pour des motifs divers après jugements de cours martiales, mais il faut ajouter toutes les exécutions sommaires, dans le feu de l’action dirais-je, lorsque l’officier abat le soldat paralysé de peur qui ne répond plus à aucun ordre. Ou même après l’assaut lorsque l’officier mobilise le peloton et fait fusiller pour l’exemple celui ou ceux qui ont reculé ou ont hésité à avancer. Nous ne saurons jamais le nombre exact des exécutés, paix à leur âmes.

 

Ici je veux évoquer brièvement les mutineries de 1917 lorsque le général Nivelle s’obstina à poursuivre l’offensive meurtrière d’avril 1917 sur le Chemin des Dames (Craonne). Mais pouvait-il agir différemment, et écouter les soldats des troupes en repos qui refusaient de monter aux premières lignes ? D’ailleurs que disaient-ils ces soldats rebelles, d’une façon maladroite ils exprimaient leur incompréhension de voir toujours les mêmes à aller au casse-pipes.

 

Les soldats se rappelaient de la bataille de Verdun qui dura grosso modo toute l’année 1916 et où défila à leur tour la quasi-totalité des forces alliées. Il existe peu de régiments qui ne se soient pas battu à Verdun. De cette manière vers la fin de l’année 1916 le général Nivelle avait pu gagner du terrain à l’ennemi. Alors pourquoi ne pas renouveler les exploits de Verdun sur l’axe du Chemin des Dames sauf qu’ici l’offensive du Chemin des Dames n’était qu’une offensive parmi d’autres tandis qu’à Verdun l’Empereur allemand voulait nous saigner à blanc, pour se faire il mit des moyens énormes, et pour contrecarrer son objectif nous présentâmes des forces adéquates. Ainsi ce n’est pas tant l’acharnement du général Nivelle qui doit être regardé que son incapacité à s’adapter à une situation ayant évoluée.

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Cette situation, la grève du combat, à condition que l’information circulât, n’aurait pas pu être comprise à l’arrière par la population civile et même aurait été sévèrement condamnée. D’une part l’arrière souffre des privations, les produits de premières nécessités font défauts, une inflation énorme ronge le pouvoir d’achat, toute l’économie s’oriente vers le soutien à la guerre et le bien être des soldats, ainsi l’arrière s’autorise à penser que nos soldats autant chouchoutés doivent se concentrer sans discuter sur les objectifs assignés par leurs chefs dans une obéissance aveugle. D’autre part ces chefs de guerre n’ont pas obtenu leurs galons par un merveilleux hasard. La majorité de cette France rurale ne possède elle, en guise de savoir, que le niveau primaire, un écart considérable d’éducation avec nos brillants officiers formés par les meilleures institutions maintien cette majorité dans un état de soumission respectueuse. « Ils savent ce qu’ils font ! » « Ils ont une idée derrière la tête ! » La population se convainc que nos armées sont dirigées par des galonnés supérieurement intelligents, alors dans cette vision cette population admettrait-elle que des énergumènes contestent les ordres ?

 

Pourtant les remous du front parviennent à la chambre des députés, et le général Nivelle perd son commandement, le général Pétain l’homme de Verdun prend sa place rétablit la situation il s’en tient le temps que la troupe recouvre son moral à une attitude défensive avant de donner quelques offensives limitées mais plus efficaces car mieux préparées et économes du sang des poilus. Le général Pétain épargnera même la vie de mutins condamnés au grand dam d’accusateurs impitoyables.

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TEULON Joseph né le 27 juin 1877 à Saint Génies des Mourgues d’Eugène Teulon et de Jenny Desgaret. Carrier à Vendargues.

 Cheveux châtains foncés, yeux gris, front découvert, nez fort, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,63. Degré d’instruction : primaire.

 

4 août 1914 réintègre le 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier.

 15 septembre 1914 passé au 3éme régiment d’infanterie de Digne et Hyères

 28 septembre 1914 passé au 141éme régiment d’infanterie de Marseille avec ce régiment le soldat Teulon part aux armées. Le 141éme se trouve en Argonne une région à l’ouest de Verdun toute le reste de 1914 et de 1915 avant de renforcer les défenses de Verdun en 1916 lors de la grande bataille

 30 décembre 1916 versé à la 15éme section des infirmiers. Cette section œuvre à même le champ de bataille puisque la fiche du soldat Teulon le signale en campagne double pour cette période.

 30 janvier 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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JEANJEAN Laurent Emile né le 8 mars 1880 à Carcassonne de Victor Jeanjean et de Jeanne Léontine Roux. Viticulteur à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front découvert, nez long, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,73. Degré d’instruction : primaire.

 

 12 août 1914 rappelé, comme le soldat Robert (voir ci-dessus), au 55éme régiment d’infanterie de Pont-Saint-Esprit et Aix-en Provence direction la Lorraine.

 4 septembre 1914 versé, comme le soldat Robert, au 58éme régiment d’infanterie d’Arles-Avignon. Dont la mission consiste à stopper sur la Marne les ennemis.

 1 octobre 1914 blessé par éclats d’obus à la main et au pied droit, le lieu n’est pas mentionné. Cette blessure le rend indisponible jusqu’au 27 juin 1915

 9 décembre 1914 nommé caporal

 7 février 1915 passé au 149éme régiment d’infanterie d’Epinal

 5 avril 1915 nommé sergent

 Toute l’année 1915 le 149éme combattra en Artois au nord d’Arras, offensive de mai-juin 1915, secteur de Neuville-Saint-Vaast, Givenchy-en –Gohelle.

 Fin Février 1916 le 149éme va défendre Verdun de la terrible attaque allemande.

 8 mars 1916 blessé par éclats d’obus à la poitrine région thoracique gauche, indisponible jusqu’au 1 décembre 1916

 1 décembre 1916 passé au 352éme régiment d’infanterie de Langres, ce régiment qui va être bientôt dissous se trouve à cette date du côté de Saint Quentin

 5 mai 1917 passé au 150éme régiment d’infanterie de Saint-Mihiel. De juin à octobre 1917 opérations devant Verdun puis Offensive à partir de Verdun : cote 304, le Mort-Homme, Cumieres.

 12 juillet 1917 Citation à l’ordre du régiment pour : « Belle attitude au feu »

 En 1918 le 150éme se trouve à l’est de Pont-à-Mousson, il se déportera, lors de la dernière offensive allemande, en Champagne, avant de repousser celle-ci jusqu’au Ardennes.

 28 janvier 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre, insigne des blessés, croix de guerre avec étoile de bronze.

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DESPIOCH Joseph Marius né le 13 juin 1898 à Montpellier d’André Despioch et de Maria Dufour. Cultivateur à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front moyen, nez busqué, visage long, taille : 1,67. Degré d’instruction : primaire.

 

 20 avril 1918 incorporé au 56éme régiment d’infanterie de Chalon-sur-Saône pour faire ses classes.

 28 août 1918 par aux armées avec le 53éme régiment d’infanterie de Perpignan et participe en Argonne, en Champagne à notre ultime offensive, celle de la victoire.

 23 mars 1921 retour dans ses foyers, auparavant le soldat Despioch sera successivement affecté dans d’autres régiments et occupera le secteur Rhénan de l’Allemagne.

 

Décoration : médaille commémorative de la grande guerre.

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GALINIER Polydore Léon né le 25 octobre 1884 à Vacquières de Léon Galinier et de Marie Gas. Cultivateur à Vendargues puis cantonnier aux ponts et chaussées.

 Cheveux et yeux châtains, front couvert, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,63. Degré d’instruction : primaire.

 

 3 août 1914 rappelé au 141éme régiment d’infanterie de Marseille, et part en Lorraine, offensive aux premiers jours d’août, puis contre-offensive ennemie dès le 20 août 1914 (voir carte), et retour aux positions de départ. En septembre 1914 le 141éme se dirige vers la Marne afin de stopper l’envahissement par la fameuse bataille de la Marne de septembre 14.

 

 

 

7 septembre 1914 évacué, blessé par éclats d’obus à la main gauche au bois de l’abbaye (il existe à mon grand embarras plusieurs bois à ce nom, en fait presqu’autant que d’abbayes). Retour aux armées le 24 novembre 1914. Son régiment se trouve du côté de l’Argonne (ouest de Verdun)

 14 janvier 1915 évacué malade. Retour aux armées le 12 février 1915 dans le secteur de Vauquois 25kms à l’ouest de Verdun. Opérations offensives en Argonne.

 1916 la bataille de Verdun. Le 10 avril 1916 le soldat Galinier prend le grade de caporal.

 1917 opérations en Belgique dans le secteur de l’Yser entre Dixmude et Nieuport.

 1918 la Somme afin de résister d’abord à la dernière offensive allemande d’avril-mai 18 et ensuite contre-attaquer l’ennemi dans l’Aisne.

 27 février 1919 congé illimité à Vendargues.

 

Décoration : médaille de la victoire, insigne des blessés, médaille commémorative de la grande guerre.

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COUDERC Jean Irénée né le 2 décembre 1891 à Notre Dame de Londres de feu Firmin Couderc et de Clotilde Tudès. Cultivateur à Vendargues. Détenteur du permis auto-tourisme.

 Cheveux châtains, yeux jaune, front fuyant, nez busqué, oreilles écartées, visage rond, taille : 1,65. Degré d’instruction : primaire.

 

 2 août 1914 rappelé au 141éme régiment d’infanterie de Marseille, comme le soldat Galinier Polydore, direction la Lorraine (voir carte ci-dessus)

 20 août 1914 « blessé par balle jambe droite et mollet gauche ». Ici je cite la fiche, car il parait singulier qu’une seule balle lèse les deux jambes. Ces blessures empêcheront le repli du soldat Couderc, il sera capturé le même jour à Dieuze, et détenu à Grafenwöhr Allemagne.

 

La tactique allemande dans le secteur lorrain fut de laisser nos troupes s’enfoncer le plus loin possible dans leur territoire (l’Alsace et en partie la Lorraine sont allemandes), de donner à nos forces une sur-confiance à la limite de la suffisance. Ensuite lancer le 20 août 1914 une magistrale contre-attaque sur nos troupes étalées sur un vaste secteur. Avec l’envahissement par le nord nos armées pussent être prises en un mortel étau sans un sursaut héroïque de tous nos soldats.

 

23 décembre 1918 rapatrié

 27 février 1919 passé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier

 16 août 1919 congé illimité

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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FULCRAN François né le 5 juillet 1871 à Castelnau-le-Lez de Jean Elisabeth Fulcran et de feue Madeleine Terme. Agriculteur à Vendargues puis sapeur-pompier à Nice.

 Cheveux châtains clairs, yeux châtains, front couvert, nez évasé, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,64. Particularité : légère cicatrice au front. Degré d’instruction : faible.

 

 3 mars 1915 rappelé au 122éme régiment territorial de Montpellier. Divers travaux de défense, d’organisation, d’intendance, en Argonne : Avocourt, Malancourt.

 11 décembre 1916 passé au 5éme régiment d’infanterie, regroupement : Falaise, Paris, surnom du 5éme : « Navarre sans peur »

 

En 1916 le soldat Fulcran est âgé de 45 ans révolu, en principe avec son âge avancé il doit servir dans une unité territoriale moins exposée au feu, et c’est son cheminement dans un premier temps. Ensuite Je suppose que sa condition physique de sapeur-pompier le dispose à servir une unité combattante, et la question se pose de savoir si ce passage s’effectue sur sa demande, ce que je crois volontiers, ou par la pression de ses supérieurs. Il ne faut pas oublier que la loi Dalbiez d’août 1915 réorganise le recrutement et la répartition des hommes afin, but véritable de cette loi, de sortir du bois ceux qu’on nomme « les planqués » de l’arrière.

 

Lorsque le soldat Fulcran rejoint le régiment « Navarre sans peur » celui-ci se trouve dans l’Aisne avec des missions de surveillance.

 3 septembre 1917 versé au 58éme régiment territorial d’infanterie de Dijon. Surveillance des voies, des prisonniers, etc…

 5 novembre 1918 versé au 5éme régiment du génie

 16 décembre 1918 congé illimité. Notre soldat a 47 ans et 5 mois.

 

Décoration : rien n’est mentionné à ce propos.

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 SERRE André Jérôme Bernard, né le 20 août 1897 à Corconne, de Paul Serre et de feue Marie Roch. Etudiant en 1916.

 Cheveux noirs, yeux châtains, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille : 1,59. Degré d’instruction : supérieur.

 

 8 janvier 1916 engagé volontaire pour 4 ans à la mairie de Castries, cela signifie que sa famille et lui-même résident à Vendargues. Incorporé au 56éme régiment d’artillerie de Montpellier.

 10 janvier 1916 versé au 84éme régiment d’artillerie lourde, et part aux armées.

 19 juin 1916 passé au 83émé régiment d’artillerie lourde

 1 décembre 1916 passé à la 80éme batterie du 81éme régiment d’artillerie lourde.

 Pour ces 3 régiments je ne possède aucune indication sur les lieux où ils s’emploient.

 

26 janvier 1917 évacué sur l’hôpital de Royallieu à Compiègne d’abord, puis dirigé à Alençon où la commission le déclare atteint de bacillose pulmonaire indépendante des services de guerre. Dès lors l’engagé volontaire Serre servira dans le service auxiliaire notamment au 56éme régiment d’artillerie de Montpellier.

 

La grande crainte de la fin du 19éme siècle et de toute la première moitié du 20éme provenait de la tuberculose. Cette terrible maladie, pulmonaire ou osseuse, déclenchait l’angoisse des populations par ses effets ravageurs. A la fin du 20éme siècle il semblait que cette fâcheuse maladie soit un recul irrémédiable, or il apparait qu’au tournant du 21éme siècle, à cause de la dure crise économique et de sa conséquence qui est la fragilisation d’une grande partie de la population, la maladie revienne en force.

 

Pour en revenir au soldat Serre le 4 octobre 1922 il est mis en congé illimité à Vendargues, et presque 2 ans plus tard le 29 avril 1924 il décèdera à Vendargues.

 

Décoration : médaille commémorative de la grande guerre.

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VALETTE Georges Marius né le 17 novembre 1887 à Montpellier de Louis Auguste Valette et de Philomène Marie Colinet. Ouvrier électricien, résida à Vendargues.

 Cheveux châtains, yeux bleus, front découvert, bouche et nez moyen, menton rond, visage ovale, taille 1,50. Degré d’instruction : primaire.

 

 Il convient de remarquer sa taille, ce défaut de taille le classera dans le service auxiliaire. Il est à noter que son frère VALETTE Joseph Gaston né le 29 juin 1885 fera son service militaire dans le service auxiliaire avant d’être réformé temporaire puis définitif pour défaut de poids, il pesait au mieux 45 Kg, poids insuffisant pour porter un barda militaire de près de 30 Kg

 

 Valette Georges sera retenu le 14 janvier 1915 au 16éme escadron du train des équipages de Lunel

 5 juin 1915 passé au 8éme escadron du train

 28 juin 1915 passé au 14éme escadron du train

 19 décembre 1916 passé au 6éme escadron du train

 25 septembre 1917 revient au 8éme escadron du train

 27 septembre 1917 passé 20éme escadron du train

 

Au vu de son parcours il semble que le soldat Valette Georges sert la patrie en jouant les bouche-trous, à moins que l’armée le conserve exclusivement dans le service auxiliaire pour apprécier son utile formation d’électricien.

 3 avril 1919 congé illimité à Béziers

 

 Nulle décoration ne récompensera ses efforts. Dernier point : Valette Georges décèdera à Béziers le 7 février 1920.

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 DIET Jean Baptiste né le 3 mai 1884 à Pieusse Aude, de feu Louis Diet et d’Elisa Mondy. Viticulteur puis cocher livreur. Résida à Vendargues.

 Cheveux châtains, yeux roux, front rond, nez et bouche moyen, menton rond, visage ovale, taille : 1,79. Degré d’instruction : primaire.

 

 1 avril 1914 passé au 163éme régiment d’infanterie de Nice. Toute l’année 1914 le 163éme participe aux opérations menées en Alsace.

  31 octobre 1914 passé au 173éme régiment d’infanterie de Corte. Nous sommes à cette date à la fin de la bataille de la Marne.

   De fin février à début juin 1915 le 173éme combattra aux Eparges dans la région de la Woëvre à 50 Kms à l’ouest de Metz.

   Ensuite le régiment se déplace de 5 kms plus à l’ouest où il se livrera à de féroces combats dans les bois de la Gruerie.

 En 1916 le 173éme combat en Champagne puis à partir de mai participe à la longue bataille de Verdun, sur la côte 304 d’abord puis en décembre sur la côte du Poivre. La tenue exemplaire du 173éme sur le champ d’honneur lui vaudra d’être cité à l’ordre de l’armée.

   En 1917 le régiment occupe divers secteurs dans la zone de Verdun. Notamment sur la côte 344 pour l’engagement d’août 1917 où le régiment sera cité une deuxième fois à l’ordre de l’armée pour sa bravoure.

   Le 1er octobre 1917 le régiment se dirige en Lorraine dans la région du Grand-Couronné à 20 kms l’est de Nancy précisément sur les bords de la rivière Seille. Il y reste jusqu’en juin 1918.

 

   Et c’est lors d’un engagement mineur au lieu nommé Marquegrise que le soldat Diet est signalé disparu le 11 juin 1918. En fait il a été capturé.

 

7 décembre 1918 rapatrié d’Allemagne

 10 janvier 1919 passé au 27éme régiment d’infanterie de Dijon

 21 mars 1919 congé illimité à Paris. D’ailleurs il décèdera à Paris le 15 janvier 1926.

 

  Décoration : Croix de guerre avec étoile de bronze, médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre, insigne des blessés.

 Rien sur sa fiche n’évoque les origines de sa ou ses blessures. De même pour sa citation lui attribuant sa croix de guerre il est juste écrit qu’il la reçoit le 29 décembre 1916, sans mention de son ou ses actions d’éclat.

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PUJOL Hyppolite Paulin né le 17 février 1877 à Rebourguil Aveyron de feu Paulin Pujol et de Marie Bousquet. Charron-forgeron. Résida à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front découvert, nez évasé, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,65. Degré d’instruction : primaire.

 

 La profession du soldat Pujol l’amènera naturellement à faire son service militaire au 17éme régiment des dragons de Carcassonne très certainement auprès des chevaux.

 Le soldat Pujol fera toute sa campagne guerrière contre l’Allemagne à l’intérieur où ses qualités professionnelles seront mises à profit.

 

3 août 1914 vers au 3éme régiment d’artillerie de Castres

 18 juillet 1916 passé au 60éme régiment d’artillerie de Troyes et Neufchâteau

 10 mars 1918 passé au 13éme régiment d’artillerie basé à Vincennes et Paris.

 4 novembre 1918 mis en sursis d’appel au titre de charron à Saint Jean de Bruel

 22 janvier 1919 congé illimité à Saint Jean de Bruel

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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GUINAND Louis Eugène né le 19 mai 1886 à Montpellier de feu Louis Henri Guinand et de Marie Gaugit. Agriculteur. Résida à Vendargues.

 Cheveux et yeux noirs, front découvert, bouche et nez moyen, menton rond, visage ovale, taille : 1,57. Degré d’instruction : dégrossi.

 

 Alors de son service militaire en 1908 le soldat Guinand apprendra en autre à jouer du clairon.

 

3 août 1914 retour au 122éme régiment d’infanterie de Rodez. Offensive de Lorraine à partir de Lunéville vers Dieuze, Morhange, puis dès le 20 août repli face à la contre-offensive allemande.

 1 septembre 1914 passé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier. Au sud de Lunéville les allemands tenteront une percée, ce sera la Trouée de Charmes stoppée par nos soldats. Ensuite après la bataille de la Marne les deux armées essaieront de se déborder par leur nord, cette tactique se nommera la Course à la Mer. C’est en participant à cette course que le soldat Guinand sera capturé du côté de Verdun.

 

23 septembre 1914 fait prisonnier, détenu à Puchheim près de Munich.

 17 décembre 1918 rapatrié

 26 mars 1919 congé illimité à Vendargues.

 

  Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 BALARD Marcel louis né le 13 janvier 1885 à Lansargues d’Emmanuel Balard et de feue Marguerite Estève. Boulanger à Vendargues à la boulangerie Clap.

 Cheveux et yeux noirs, front découvert, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,70. Degré d’instruction : primaire.

 

 4 août 1914 rejoint le 4éme régiment d’infanterie coloniale de Toulon. Au mois d’août 1914 le 4éme colonial se situe sur la ligne au sud de la Belgique, face au Luxembourg (sur la carte repaire 3 côté français et 5 côté allemand).

 En septembre 1914 les allemands ayant envahis la Belgique nous déborderont par le nord tentant une manœuvre d’encerclement afin de prendre à revers nos armées. Notre repli sera général avant, dans un premier temps d’arrêter sur les bords de la Marne l’offensive allemande, et ensuite de la repousser.

 Le 4éme colonial prendra position en fin d’année 1914 à une soixantaine de kilomètres à l’est de Reims sur la ligne : Souain, Perthes les Hurlus, Mesnil les Hurlus, Beauséjour, Massiges.

 23 Avril 1915 blessé à Beauséjour. La fiche ne mentionne pas l’éventuelle évacuation du soldat Balard.

 En 1916 alors que la bataille de Verdun fait rage, l’état-major ennemi veut saigner à blanc nos troupes, le 4éme colonial se distingue plus au nord en participant à la bataille de la Somme qui dure de juillet à octobre 1916.

 1 décembre 1916 le 4éme colonial embarque pour Salonique pour des actions sur le front Serbe dit le front d’Orient.

 23 juin 1918 rapatriement du soldat Balard, est-il blessé, malade, sa fiche ne le signale pas.

 17 juillet 1918 passé au 24éme régiment d’infanterie coloniale de Perpignan, en fait le soldat Balard est en convalescence à l’hôpital militaire de Perpignan, ensuite il obtient un congé d’un mois du 23 novembre au 25 décembre 1918 à Vendargues

 9 mars 1919 congé illimité à Vendargues

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 AZAIS Marie Antoine Louis né le 1 décembre 1878 à Pignan d’Etienne Azaïs et de Marie Moliméro. Cultivateur à Vendargues puis à Saint-Aunés.

 Cheveux et yeux noirs, front fuyant, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale taille : 1,56. Degré d’instruction : primaire.

 

Pendant son service militaire il accède au rang de soldat de 1ére classe le 27 septembre 1900

 

3 août 1914 incorporé au 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier. Les régiments territoriaux servent essentiellement à la surveillance des ports (Toulon pour le 122éme), à la construction de camps retranchés, à la fabrication des chevaux de frise, au transport des munitions, à la garde des prisonniers. Ils s’emploient sur tout le front de l’ouest.

 9 juin 1917 versé au 331éme régiment d’infanterie d’Orléans. Le 331éme œuvre dans le secteur du bois des buttes à 25 kms au nord de Reims. Le régiment sera dissous en août 1917.

 18 août 1917 passé au 344éme régiment d’infanterie de Bordeaux. À cette date le 344éme est engagé en Argonne

 11 mars 1918 tué à l’ennemi devant Verdun secteur le Mort-Homme, bois de béthelainville.

 

Il convient de penser, et c’est tout à son honneur, que le soldat de 1ére classe Azaïs lassé de servir dans un régiment territorial demande à être versé dans une unité combattante où il sacrifiera sa vie.

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PRADIE Antoine Emmanuel né le 27 juillet 1880 à Mas de Londres de Pierre Pradié et de feue Rose Jeanne Pradié. Viticulteur à Vendargues chez monsieur Irles.

 Cheveux et yeux noirs, front découvert, nez évasé, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille : 1,66. Degré d’instruction : dégrossi. Particularité : légère cicatrice à la joue droite.

 

13 août 1914 arrivé au 8éme régiment d’infanterie coloniale de Toulon. Le 8éme colonial tout comme le 4éme colonial combat sur la ligne au sud de la Belgique, voir carte précédente page 44 (repaire 4 côté français et 4 côté allemand)

 13 septembre 1914 tué à l’ennemi. Aucune précision sur le lieu. Il faut supposer qu’après notre repli lors de notre contre-attaque le soldat Pradié périra dans un coin des Ardennes.

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 C’est la nuit nous sommes de garde

 Et tristement toi tu regardes

 Briller la lune au firmament

 Ami ne désespère pas

 Le jour viendra, le jour viendra

 

Après quelques semaines d’amples mouvements la grande guerre se transforme jusqu’au printemps 1918 en une guerre de position où il importe de guetter le moindre mouvement adverse.

 1914

 Notre but étant de récupérer l’Alsace et la Lorraine nous portons le fer dans ce secteur.

 Le plan allemand consiste à envahir la France par le nord quitte à écraser une Belgique neutre.

 La déferlante allemande nous fait reculer sur tout les points. Notre repli stratégique nous permet de nous ressaisir avant de stopper la vague lors de la bataille de la Marne et de la refouler.

 Les deux camps tentent de se déborder par le nord jusqu’à la mer du même nom, ils ébaucheront un front statique de 800 kms.

 1915

 Les alliés s’engagent au détroit des Dardanelles, et débarquent sur la péninsule de Gallipoli afin de créer un front au sud d’Istamboul. Cette action sera un echec retentissant pourtant quelques mois plus tard les alliés feront de Salonique la porte d’accés du front d’Orient.

 Les Dardanelles auront cette conséquence atroce que l’empire Ottoman craignant de recevoir un coup de poignard dans le dos de la part du peuple arménien qui vivait tout à l’est de son empire, s’engage dans la voie de l’extermination sauvage des arméniens sous prétexte de déplacement de ce peuple.

 Joffre déclare : « je les grignote ! » justifiant par ce mot toutes ses vaines offensives entre autres : l’Artois, la Champagne.

 1916

 Verdun. En réponse à son : Je-les-grignote, le Kronprinz (le prince héritier de l’empire allemand) annonce sa volonté de « saigner à blanc » notre armée.

 La bataille de Verdun durera presque toute l’année. Afin de soulager Verdun l’état-major lance une offensive franco-anglaise dans la Somme.

 1917

 Outre les engagements sur tous les points du front, Le général Nivelle s’obstine dans son offensive meurtrière sur le Chemin des Dames provoquant des refus de monter en premières lignes.

 Sur le front est, côté russe la situation se détériore, début d’année le tsar abdique, fin d’année les bolcheviques s’emparent du pouvoir.

 1918

 Les troupes des états unis d’Amérique sont opérationnelles. Les allemands prennent le risque d’une surprenante offensive générale : dans les Flandres, sur le Chemin des Dames, en Champagne. En réponse les alliés ripostent par une contre-offensive générale sur la Marne, en Picardie. Les allemands n’y résisteront pas.

 

 Nous oublierons les nuits de guerre

 Où l’on croyait

 Que plus jamais ne reviendrait

 Une aube claire

 Ami ne désespère pas

 Le jour viendra le jour viendra

 Le ciel de chaque nuit sera douce lumière

 Le ciel de chaque jour éblouissante clarté

 Quand nous aurons la liberté

 De vivre en paix sur cette terre

 

 

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GROS Joseph Emile né le 29 mars 1880 à Saint Pierre de la Fage de Paul Gros et de feue Justine Aguillon. Domestique (agricole ?). Résida à Vendargues.

 Cheveux roux, yeux gris-bleu, front étroit, nez fort, menton rond, bouche moyenne, visage ovale, taille : 1,65. Degré d’instruction : primaire.

 

 13 août 1914 rejoint le 55éme régiment d’infanterie de Pont Saint Esprit

 30 juin 1916 probablement blessé, annotation textuelle de sa fiche : « réforme de Montpellier du 30 juin 1916 pour impotence fonctionnelle membre inférieur droit par fracture vicieusement consolidée du tibia avec limitation des mouvements de l’articulation tibio-tarsienne par adhérences cicatricielles avec déviation du pied en varus équin » (c’est-à-dire : pied bot)

 

Sa fiche ne va pas plus loin en d’utiles précisions au sujet de cette fracture (éclats d’obus, grenade, tir de barrage, simple mauvaise chute). En juin 1916 le 55éme défend la position de la côte 304 juste au nord de Verdun à la proximité ouest de Cumières-le-Mort-Homme.

 

Auparavant le régiment aura combattu en 1914 en Lorraine avant de participer à la bataille de la Marne, en 1915 Verdun, l’Argonne, la Champagne, et en 1916 Verdun.

 

Sa fiche ne mentionne ni les éventuelles décorations du soldat Gros, ni la date de sa réforme définitive, ni l’octroi de son congé définitif, en revanche elle nous apprend la date de son décès le 28 octobre 1918 à Montpellier.

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FOURESTIER Joseph André né le 15 novembre 1883 à Montpellier d’Alphonse Jean Fourestier et de Marie Augustine Masson. Peintre-décorateur. Résida à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front ordinaire, nez gros, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,76. Degré d’instruction : primaire.

 

 Engagé en 1903, réengagé en 1907. Il est nommé caporal dans la réserve le 1er avril 1911, à cette même date il passe au 4éme régiment d’infanterie coloniale de Toulon.

 

Au début de la guerre le 4éme colonial opère dans le secteur de Rossignol, ville du sud de la Belgique, voisine du Luxembourg (voir carte à la rubrique Balard page 44)

 Lorsque les allemands déferleront nos armées se replieront avant de repousser l’ennemi.

 Le 4éme colonial reculera jusqu’à Matignicourt du côté de Vitry-le-François, puis refoulera les allemands avant de prendre position dans le secteur de Massiges 60Kms à l’est de Reims.

 Blessé à MASSIGES le 26 septembre 1914 et le 25 décembre 1914

 1 juin 1915 nommé sergent

 9 octobre 1915 nommé sous-lieutenant

 12 décembre 1915 cité à l’ordre du 4éme régiment d’infanterie colonial

 Les combats de la bataille de Champagne en 1915 : Main-de-Massiges, fortin de Beauséjour, seront particulièrement rugueux, pourtant le soldat Fourestier par sa bravoure, reconnue par une citation, y gagnera ses galons.

 1916 alors que la bataille de Verdun s’enrage, le 4éme pour soulager Verdun participe à la bataille de la Somme dans une offensive franco-britannique sur la ligne Bapaume- Péronne

 Blessé 15 juin 1916 au bois de la vierge dans la Somme (lieu que je n’ai pas pu situer)

 Blessé 12 août 1916 à BIACHES ville en face de Péronne sur l’autre rive de la Somme.

 Cette ardeur au combat vaut au soldat Fourestier sa 2éme citation du 26 août 1916 à l’ordre de la 2éme division d’infanterie coloniale

 1 décembre 1916 passé au 38éme régiment d’infanterie coloniale de Toulon qui part début 1917 sur le front d’Orient : la Serbie.

 1 mai 1917 affecté au 1er bataillon indochinois

 26 décembre 1918 promu lieutenant

 3 avril 1919 congé illimité à Vendargues

 

 Décoration : Croix de guerre avec une étoile de bronze et une étoile d’argent

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 GRES Elie Marius né le 28 mai 1893 à Montpellier de Jean Eugène Jules Grès et de Florentine Valérie Reynes. Charretier à Vendargues.

 Cheveux châtains, yeux gris, front et bouche moyen, visage plein, taille : 1,73. Degré d’instruction : dégrossi.

 

 28 novembre 1913 incorporé pour son service militaire au 9éme régiment d’artillerie de Castres

 9 août 1914 part sur le front d’Alsace, et participe aux nombreuses opérations de ce secteur.

 En 1915 le 9éme d’artillerie de campagne soutient les combats dans la région de la Woëvre, région à l’ouest de Metz-Nancy.

 En 1916 tentative de soulager Verdun par une offensive dans la Somme, ligne Bapaume-Péronne, auquel le 9éme d’artillerie participe.

 En 1917 tandis que le 9éme part sur le front Serbe, le soldat Grés est versé le 1er avril 1917 au 267éme régiment d’artillerie qui va s’employer sur le fameux Chemin des Dames entre Craonne et la Malmaison, au nord-ouest de Reims.

 En 1918 bataille dans la région de Champagne.

 3 septembre 1919 congé illimité à Vendargues après avoir servi dans le 416éme régiment d’artillerie lourde puis dans le 225éme régiment d’artillerie.

 

 La fiche du soldat Grés ne mentionne pas ses éventuelles décorations. En revanche cette fiche met en lumière les permissions obtenues par le soldat Grés durant le conflit, des détentes parcimonieuses au début puis vers la fin plus régulières.

 Permission du 30 décembre 1915 au 11 janvier 1916

 Permission du 17 octobre 1916 au 3 novembre 1916

 Permission 31 janvier 1917 au 13 février 1917

 Permission 5 juin 1917 au 18 juin 1917

 Permission 29 septembre 1917 au 13 octobre 1917

 Permission du 30janvier 1918 au 13 février 1918

 Permission 13 août 1918 au 28 août 1918

 Permission 3 décembre 1918 au 31 décembre 1918

 La fiche ajoute que du 6 mars 1919 au 15 mai 1919 le soldat Grés s’emploie à la réfection des routes de Vendargues, en quelque sorte une permission laborieuse.

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 BERTRAND Urbain Marius né le 8 décembre 1874 à Saint-Aunés de Jean Jacques Bertrand et de feue Marie Arnaud. Agriculteur à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains foncés, front bombé, nez évasé, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, taille : 1,63. Degré d’instruction : primaire.

 

 3 août 1914 rejoint le 122éme régiment territorial d’infanterie de Montpellier qui proche de la ligne de front, et donc exposé au feu ennemi, exécutera les travaux de construction d’abris, de réfection de la voirie, les transports de munitions, etc…

 7 janvier 1915 nommé caporal

 28 juin 1915 nommé sergent

 18 avril 1918 nommé gendarme auxiliaire et affecté à la 16éme légion de gendarmerie de Paris

 13 janvier 1919 congé illimité à Vendargues.

 

 Il n’est pas fait état sur sa fiche de ses éventuelles décorations.

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 COULOUGNON Charles Joseph Alexis né le 23 octobre 1898 à Castries d’Henri Coulougnon et de Célestine Nendras. Domestique viticulteur. Résida à Vendargues.

 Cheveux châtains clairs, yeux châtains, front moyen, nez rectiligne, visage rond, taille : 1,70. Degré d’instruction : primaire.

 

 A 18 ans Charles Coulougnon s’engage le 15 décembre 1916 pour la durée de la guerre.

 Il sera incorporé dans des régiments d’artillerie lourde sur lesquels je ne possède aucune information.

 Le 19 décembre 1916 arrive au 115éme régiment d’artillerie lourde

 19 septembre 1917 passé au 101éme régiment d’artillerie lourde

 1 mars 1918 réaffecté au 115éme régiment d’artillerie lourde

 22 mai 1919 part en Orient

 15 janvier 1920 rapatrié d’Orient et congé illimité.

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

 

 Il convient de noter que COULOUGNON Henri né en 1869, père de Charles, sera classé le 19 janvier 1915, à plus de 45 ans, dans le service auxiliaire avant d’être réformé 16 septembre 1915 pour « phlegmon appendicite ».

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 DUMAS Maurice Antonin né le 19 avril 1893 à Beaulieu d’Étienne Dumas et d’Eulalie Maurin. Cultivateur puis conducteur auto.

 Cheveux noirs, yeux châtains clairs, front et nez moyens, visage ovale, taille : 1,64. Degré d’instruction : primaire.

 

 En 1913 lors de la visite pour le service militaire il est ajourné pour faiblesse

 En 1915 et 1916 il sera ajourné par deux fois. Mais la loi Dalbiez d’août 1915, voté essentiellement pour faire la chasse aux embusqués, lui imposera de rejoindre le 26 août 1916 le 56éme régiment d’artillerie de Montpellier. Bien que classé au service armé dans un premier temps le soldat Dumas restera au dépôt.

 13 octobre 1917 passé au 38éme régiment d’infanterie de Nîmes avec lequel il partira le 14 novembre 1917sur le front d’Orient en Serbie.

 25 décembre 1917 passé à la 26éme batterie du 242éme régiment d’artillerie dont le casernement m’est inconnu. Le soldat Dumas s’emploiera sur le front d’Orient jusqu’au 2 juin 1919, ce qui me permet de dire en insistant sur ce point que la guerre de 14-18 se termine réellement courant 1919.

 9 août 1919 congé illimité

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 LOUCHE André Étienne Benjamin né le 18 novembre 1894 à Versailles de Joseph Louche et de Jeanne Benony. Agriculteur, puis gérant de cave coopérative, et enfin entonneur de vins. En ce qui concerne cette dernière profession je traduirais le mot entonneur par dégustateur de vins ou tout simplement œnologue. André Louche résida à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains foncés, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille : 1,66. Degré d’instruction : primaire.

 

 1 septembre 1914 incorporé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier. En septembre 1914 le 81éme résiste en Lorraine à la contre-offensive allemande de la Trouée de Charmes qui faisait suite à notre offensive qui nous permit d’atteindre Dieuze et Morhange (carte à la rubrique Guinand Louis Eugène page 43).

 Ensuite le 81éme participe à la Course à la Mer, il se battra dans la région de la Woëvre (à l’ouest de Metz-Nancy) pour finir en fin d’année 1914 du côté d’Ypres.

 26 décembre 1914 évacué de Saint-Eloi au sud d’Ypres pour pieds gelés.

 

Anecdote tragique : le docteur Vincent médecin major des armées pourchassant les simulateurs déclarera à un soldat dont un pied était gelé, « mon garçon tu seras évacué quand ton deuxième pied gèlera».

 

De mars en septembre 1915 le régiment s’engage en Champagne.

 4 avril 1915 blessé à Beauséjour 60 kms à l’est de Reims. Lésion lombaire handicapante qui ne permet plus au soldat Louche de porter son barda, ainsi il sera disponible pour des régiments d’artillerie.

 25 octobre 1915 versé au 56éme régiment d’artillerie de Montpellier.

 2 novembre 1915 passé au 116éme régiment d’artillerie lourde. Casernement inconnu.

 7 décembre 1915 revient au 56éme régiment d’artillerie de Montpellier qui prendra part en 1916 à la bataille de Verdun.

 17 mars 1916 passé au 3éme régiment d’artillerie de Castres qui participe également à la bataille de Verdun, ensuite j’ignore où ce régiment se déploie.

 6 mai 1917 blessé par éclats d’obus, plaies : « avant-bras droit, main droite, latérale gauche thorax ». Le lieu n’est pas mentionné.

 13 décembre 1917 versé au 29éme régiment d’artillerie de Laon, dont j’ignore le parcours.

 1 mai 1918 versé au 41éme régiment d’artillerie coloniale. Parcours inconnu.

 22 juin 1918 versé au 500éme régiment d’artillerie. Parcours inconnu.

 26 août 1919 congé illimité.

 

Décorations : masquées par le repli de la feuille.

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 MAILLE Joannes Auguste né le 23 décembre 1892 au Crès d’Hyppolite Maillé et de Louise Guilhaumin. Cultivateur à Vendargues, au hameau de Meyrargues, chez Couderc.

 Cheveux châtains clairs, yeux bleus foncés, front moyen, nez rectiligne, visage long, taille : 1,70. Degré d’instruction : dégrossi.

 

 10 octobre 1913 incorporé au 19éme régiment d’artillerie de Nîmes

 En août 1914 le régiment participe à l’offensive de la IIème Armée, région Alsace-Lorraine, comme de nombreux régiments du sud de la France, bataille de Lagarde situé à 20 kms à l’est de Lunéville et à 16 kms au sud de Dieuze. Ensuite afin de stopper la déferlante allemande, le 19ème prend part à la bataille de la Marne. Il repoussera l’ennemi depuis Revigny-sur-Ornain 50 kms à l’ouest de Saint-Mihiel jusqu’à Mogeville 15 kms au nord-est de Verdun.

 En 1915 le régiment participe aux opérations d’Argonne du côté du bois de Malancourt 20 kms au nord-ouest de Verdun.

 2 février 1915 nommé 1er canonnier

 28 septembre 1915 nommé brigadier

 En 1916 bataille de Verdun. Le 19éme se situe alors à Thiaumont tout près du fort de Douaumont au nord de Verdun.

 En 1917 le régiment embarque pour le front d’Orient au sud de la Serbie où il combattra jusqu’à la fin des hostilités

 21 janvier 1917 nommé maréchal des logis, ainsi malgré un savoir lacunaire le soldat Maillé par son intelligence se hissera un peu dans la hiérarchie militaire.

 21 novembre 1918 passé au 56ème régiment d’artillerie de Montpellier

 23 novembre 1918 passé au 7ème régiment d’artillerie à pied

 22 février 1919 passé au 16ème escadron du train des équipages de Lunel

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre, et aussi décoré le 7 mars 1918 du ruban italien le Nastrino et plus tard de la médaille commémorative de la Roumanie.

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 HERMET Washington Georges Léon né le 21 février 1897 à Montpellier de Jean Marie Léon Hermet et de Victorine Marie Rosalie Hermet. Tailleur de pierres. Résida à Vendargues autour de 1926.

 Cheveux châtains foncés, yeux châtains clairs, front bas, nez cave, visage rond, taille : 1,57. Degré d’instruction : primaire.

 

 10 août 1916 incorporé au 141ème régiment d’infanterie de Marseille. Formation en caserne.

 5 février 1917 versé au 111ème régiment d’infanterie d’Antibes. Bizarrerie de la tenue des fiches militaires des soldats, il semble qu’à cette date le 111ème n’existe plus, anéanti en 1916 le 20 mars lors de la bataille de Verdun ce régiment n’a pas été reconstitué et il fut dissous en juillet 1916. Il a été reproché au 111ème à minima un manque de combativité puisqu’il fut capturé dans sa quasi-totalité. Les régiments de la 63ème division accueilleront les derniers soldats du 111ème.

 Le soldat Hermet part aux armées le 20 juin 1917 mais sa fiche n’indique pas dans quelle unité.

 Du 22 décembre 1917 au 9 janvier 1918 évacué pour maladie sans autre précision.

 Entre l’armistice et son congé illimité du 27 septembre 1919 le soldat Hermet servira successivement dans plusieurs régiments de tirailleurs algériens.

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 DURAND Marius Joseph Jacques Vinceslas né le 28 septembre 1880 au Triadou de Lucien Alexis Antonin Durand et de Marguerite Floradine Durand. Propriétaire.

 Cheveux châtains, yeux gris, front couvert, nez fort, bouche grande, menton rond, visage ovale, taille 1,67. Degré d’instruction : aucune mention.

 

 13 août 1914 rejoint le 81ème régiment d’infanterie de Montpellier. Début août participation à l’offensive de Lorraine avant de résister à la contre-attaque allemande de la Trouée de Charmes. Ensuite tentatives de part et d’autre de débordements par le nord jusqu’au Flandres.

 En 1915 le 81ème prend position en Champagne, or il semble qu’un groupe de ce régiment reste dans le nord de la France.

 Puisque le 12 juin 1915, blessé à Aix Noulette 18 Kms au nord d’Arras, à la fesse gauche par éclats d’obus ou imprécision du registre par balle, lésion de la grande sciatique et membre postérieur gauche.

 A partir de cette blessure sa fiche laisse supposer qu’il ne servira le pays que depuis le dépôt du 81ème.

 5 janvier 1917 réformé temporaire.

 Aucune date sur son congé illimité.

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 VIDAL Louis Marie Joseph né le 6 décembre 1891 à Castries de Joseph Pierre Vidal et de Marie Louise Caizergues. Cultivateur puis chauffeur à Vendargues chez Mr Dides.

 Cheveux blond, yeux bleus, nez busqué, oreilles plates, visage long, taille : 1,71. Degré d’instruction : primaire. Particularité : cicatrice au poignet droit.

 

 12 octobre 1912 incorporé pour son service militaire au 6ème groupe d’artillerie à pied à Alger.

 Septembre 1914 classé au service armé et maintenu dans son corps.

 28 mars 1915 versé à la 11ème batterie. Le régiment n’étant précisé, cela laisse supposer qu’il demeure à Alger.

 7 février 1916 versé au 3ème régiment d’artillerie à pied de Castres, qui s’emploiera dans les jours qui viennent à la longue et meurtrière bataille de Verdun.

 Par la suite le soldat Vidal sera versé dans des unités d’artillerie lourde dont j’ignore les détails de leurs parcours guerriers.

 1er août 1917 versé au 77ème régiment d’artillerie lourde

 1er mai 1918 versé au 75ème régiment d’artillerie lourde

 22 novembre 1918 versé à la 105ème batterie du 70ème régiment d’artillerie lourde.

 1er avril 1919 classé au service auxiliaire pour nystagmus. Le nystagmus provoque des mouvements d’oscillations saccadés du globe oculaire.

 12 avril 1919 congé illimité.

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 MICHEL Elie Pierre né le 31 janvier 1893 à Saint Servés de Jean Baptiste Michel et de Marguerite Richard. Cultivateur puis payre. Dans son périple professionnel on note qu’il travailla à Vendargues chez Mr Hermet.

 Cheveux et yeux châtains, front et nez moyens, visage long, taille : 1,60. Degré d’instruction : primaire.

 

 27 novembre 1913 incorporé au 24ème bataillon de chasseurs alpins de Villefranche.

 10 août 1914 part en campagne, et participe à l’offensive Lorraine secteur de Dieuze, Bidestorff.

 20 août 1914 fait prisonnier à Zommange 5Kms au sud de Bidestroff.

 25 décembre 1918 rapatrié sur le centre de Lyon.

 1er septembre 1919 congé illimité.

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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               L’ARGENT EST LE NERF DE LA GUERRE

     Certains se poseront la question de savoir si ce titre d’emprunt russe de 1914 a bien sa place dans cette étude. Cela mérite un éclaircissement qui m’engage personnellement. Le tsar Nicolas II et son père Alexandre III avant lui eurent l’ardent désir de moderniser l’archaïque Russie, pour ce faire ils empruntèrent des capitaux en lançant dès la fin du XIXème siècle ces fameux emprunts russes.

     En France ceux-ci obtinrent un succès considérable auprès des institutions mais aussi et surtout auprès des particuliers. La Russie était dans ces années un pays sur, avec une population certes arriérée mais néanmoins laborieuse, soumise, sans nulles revendications. Et si une agence de notation avait sévi à cette époque elle aurait attribué à la Russie le triple A +.

     Une garantie exceptionnelle, de sorte que les petits épargnants français délaissèrent le modeste livret d’épargne, qui existait depuis Louis XVIII, pour se ruer sur ces emprunts dont un titre est visible ci-dessus (malheureusement les miens ne possédaient pas les moyens de se jeter sur cette opportunité, avec un peu de chance j’ai pu récupérer ce titre). Ces emprunts assuraient au souscripteur un rendement de 4 ½ % pendant 20 ans en détachant chaque année un coupon (voir 2ème image), de plus les conditions économiques de ce temps ignoraient le mot inflation.

     Les gouvernements français d’alors pour s’assurer une place de premier préteur s’engagera sur une série d’accords afin de développer le potentiel russe. Accessoirement nos gouvernements pensaient bénéficier d’un bon retour sur investissement. Accords financiers d’abord, mais également économiques, culturaux, et dans le cadre de la guerre 14/18, accords militaires. Des accords qui nous entrainèrent dans la tourmente car se renier eut été un parjure, mais qui en outre ne représentaient pas notre pays comme l’agresseur.

     De même lorsqu’au printemps 1917 les états unis d’Amérique entre en guerre il convient de ne pas oublier les sommes faramineuses que le gouvernement étatsunien a prêtées à l’Angleterre et à la France, et qui peuvent passer à la trappe si d’aventure les Allemands triomphent, évènement rendu possible par la sortie du conflit de la Russie. Les états unis qui, dès ce moment, entrevoient la possibilité par la bonne santé économique de leur pays de jouer le rôle d’arbitre des nations dans le présent et dans le futur.

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 PROUGET Jules Marius Justin né le 23 août 1887 à Montpellier de François Justin Prouget et de Fani Angélique Pibarot. Titulaire du permis motocyclette. Menuisier, puis garde-source du Lez. S’installera à Vendargues.

 Cheveux châtains foncés, yeux bleus, front découvert, bouche et nez moyen, menton rond, visage ovale, taille : 1,66. Degré d’instruction : primaire.

 

 Lors de son service militaire au 3ème régiment d’artillerie de Castres puis au 56ème régiment d’artillerie de Montpellier, il sera promu maitre –pointeur.

 

3 août 1914 rappelé à l’activité au 56ème régiment d’artillerie de Montpellier qui participe aux batailles de Lorraine : Morhange, Trouée de Charmes, Gerbéviller 15 Kms au sud de Lunéville. Ensuite le 56ème monte dans les Flandres combattre du côté de Poelkapelle.

 Début 1915 opérations en Champagne secteur de Beauséjour.

 21 mai 1915 passé au 9ème régiment d’artillerie de Castres. Le 9ème œuvre dans la région de la Woëvre qui se situe à l’ouest de l’axe Metz-Nancy.

 En 1916 le régiment participe à l’offensive de la Somme prévue pour soulager les forces alliées qui combattent à Verdun.

 En 1917 le 9ème part sur le front d’Orient en Serbie.

 1er octobre 1917 le soldat Prouget revient au 3ème régiment d’artillerie de Castres qui s’emploiera en 1918 dans le nord de Soisson en arrêtant d’abord l’ultime offensive générale ennemi avant que soit lancé notre contrattaque finale victorieuse.

 20 avril 1918 passé au 111ème régiment d’artillerie lourde dont je ne dispose d’aucun détail.

 28 mars 1919 congé illimité.

 

Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 GELY Étienne Marius né le 13 septembre 1870 aux Rives de feu Baptiste Gély et de feue Sophie Caumeil. Boulanger, puis s’établira à Vendargues où il sera cantonnier.

 Cheveux et yeux châtains, front découvert, bouche et nez moyen, menton rond, visage ovale. Taille : 1,60. Degré d’instruction : primaire.

 

20 septembre 1914 à 44 ans le soldat Gély intègre la 16ème section territoriale des commis, ouvriers, et administratifs.

 27 novembre 1914 versé au 16ème bataillon territorial du 2ème régiment territorial du génie.

 22 août 1917 détaché agricole sous contrôle du 81ème régiment d’infanterie de Montpellier à partir du 10 novembre 1917.

 

 Il n’est pas fait mention de ses éventuelles décorations.

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 CALCAT Fernand Henri né le 11 novembre 1890 à Villefort de feu Jean Pierre Adrien Calcat et de Louise Duchamp. Employé à la compagnie ferroviaire du PLM, il est possible qu’il n’ait vécu à Vendargues que le temps d’une mission.

 Cheveux et yeux châtains, front moyen, nez rectiligne, taille : 1,70. Degré d’instruction : primaire.

 

 Au jour de la mobilisation générale Fernand Calcat est maintenu dans son emploi à la compagnie du PLM.

 

20 septembre 1914 affecté au 81ème régiment d’infanterie de Montpellier.

 Aux armées le 7 novembre 1914, à cette date le 81ème se trouve dans les Flandres.

 26 décembre 1914 évacué de Belgique pour pieds gelés. Hospitalisé à Flers dans l’Orne il sera amputé des quatre premiers orteils du pied droit et une partie du premier orteil. Réformé le 1er octobre 1915.

 

 Décoration : insigne des blessés, médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 FERNAUD Léon Benoit né le 29 juin 1879 à Montpellier de Pierre Fernaud et de Marguerite Jean. Jardinier. Résida à Vendargues.

 Cheveux châtains clairs, yeux gris, front découvert, bouche et nez moyens, menton rond, visage ovale, taille : 1,61. Degré d’instruction : dégrossi. Particularité : tatoué aux deux bras.

 

 4 août 1914 rejoint le 122ème régiment territorial d’infanterie de Montpellier. Aux armées le 7 juin 1915. Avec les hommes du 122ème il creuse des boyaux, renforce les points de résistance, construit des chevaux de frise, etc…

 14 septembre 1915 passé au 3ème régiment d’infanterie de Digne – Hyères, participe à l’ouest de Verdun aux opérations d’Argonne, avec de combattre en 1916 à la longue bataille de Verdun.

 25 avril 1916 passé au 141ème régiment d’infanterie de Marseille qui opère dans les Flandres dans le secteur de Nieuport à l’embouchure de l’Yser.

 En 1917 le 141ème se maintint dans cette partie de la Belgique.

 En 1918 le 141ème combat dans la Somme à l’est d’Amiens, avant de repousser les allemands en contrattaquant dans l’Aisne.

 20 janvier 1919 congé illimité

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.

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 RICOU Pierre Hyppolite Alexis né le 9 octobre 1899 à Chanaleilles d’Hyppolite Ricou et de Marie Andrieu. S’installera à Vendargues, et sera cultivateur chez Fourestier. Possède le permis de conduire motocyclette.

 Cheveux et yeux châtains, front couvert, nez petit, visage ovale, taille : 1,75. Degré d’instruction : non mentionné.

 

 16 avril 1918 incorporé au 53ème régiment d’infanterie de Perpignan. À cette époque le 53ème se situe en Champagne, il résiste à l’offensive générale allemande avant de prendre sa part à notre offensive finale qui repoussera l’ennemi jusqu’à la frontière ardennaise.

 Cependant il n’est pas expressément notifié sur sa fiche que le soldat Ricou part aux armées, de même ses éventuelles décorations ne sont pas mentionnées.

 A partir du 29 avril 1919 le soldat Ricou sera versé dans des unités d’artillerie d’assaut ou de chars de combat, cela jusqu’à son congé le 8 juin 1921.

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 ROUX François Marie Alexandre né le 22 octobre 1890 à Laroque d’Alexandre Roux et de feue Marie Irma Astruc. Dans les années trente, il deviendra garde-municipal et appariteur à Vendargues.

 Cheveux châtains clairs, yeux châtains, front grand, nez relevé, taille : 1,55. Degré d’instruction : primaire.

 

La première partie de sa campagne militaire est masquée. Je suppose qu’il a été rappelé à la mobilisation générale du 2 août 1914.

 Il sera intégré au 58ème régiment d’infanterie d’Avignon avec lequel il restera jusqu’au 6 juillet 1918.

 Le 58ème prend part en août 1914 à l’offensive de la Lorraine, combats de Dieuze, de Lagarde. Avant d’arrêter les allemands en septembre sur la Marne.

 En 1915 le 58ème combat dans le secteur de Verdun avant de se déplacer en novembre du côté de Reims où il cantonne jusqu’à mars 1916.

 En 1916 le régiment participe à la grande bataille de Verdun, 600 de ses hommes seront mis hors de combat.

 En 1917 le 58ème embarque pour Salonique, pour le front oriental Serbe. Pas de changement notable en 1918. Le soldat Roux partira le 18 janvier 1917 et reviendra le 19 juin 1918.

 7 juillet 1918 le soldat Roux est versé au 81éme régiment d’infanterie de Montpellier, il restera au dépôt jusqu’à la fin août 1918

 5 septembre 1918 versé au 155ème régiment d’infanterie de Commercy, il part aux armées en Lorraine.

 1er avril 1919 passé au 168ème régiment d’infanterie de Toul

 21 août 1919 congé illimité.

 

 Décoration : médaille de la victoire, médaille commémorative de la grande guerre.


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 FOURESTIER Jean Emile né le 4 mai 1886 à Montpellier d’Alphonse Jean Fourestier et de Marie Augustine Masson. Etudiant à l’école de commerce à ses 20 ans, pour la suite aucune profession n’est mentionnée. S’installera à Vendargues.

 Cheveux et yeux châtains, front ordinaire, bouche et nez moyens, menton rond, visage ovale, taille : 1,68.

 

 Peu avant les hostilités Jean Fourestier obtient son diplôme de l’école supérieure de commerce de Montpellier. Sur le plan militaire il est promu au rang de lieutenant de réserve.

 

3 août 1914 rejoint le 122ème régiment d’infanterie de Rodez, et participe à l’offensive de Lorraine, prend part au combat de Bisping lieu proche de Dieuze et de Morhange. Lors de la contre-offensive allemande, fin août, on constatera des scènes de panique, où le 122ème sera impliqué, au point que des régiments français ouvraient le feu entre eux.

 Ensuite en septembre le régiment arrêtera l’ennemi lors de ses attaques de la Trouée de Charmes puis de celle de la Woëvre (région à l’est de l’axe Metz-Nancy). Il s’impliquer ensuite dans ce qu’il est convenu de nommer la Course à la Mer.

 En 1915 le 122ème redescend en Champagne, il se bat à Beauséjour, le lieutenant Fourestier s’y fait remarquer.

 10 mai 1915 « blessé en sortant de la tranchée malgré un feu violent pour aller plus rapidement prendre les ordres du commandant de la compagnie »

 21 avril 1916 versé au 75ème régiment d’infanterie de Romans qui combat à Douaumont au nord de Verdun.

 Au deuxième semestre 1917 le régiment combat sur le côté est du Chemin Des Dames : La Malmaison, il déplace ensuite plus à l’est sur Laffaux. En cette année 1917 le Lieutenant Fourestier se distingue, il est décoré après citation de la croix de guerre.

 9 novembre 1917 citation à l’ordre de l’armée : « officier d’une grande bravoure et d’un sang-froid remarquable commandant la section d’assaut de gauche de la compagnie a brillamment enlevé tous se objectifs et a réussi en dernier lieu à capturer une trentaine de prisonniers ».

 11 février 1918 versé au 8ème régiment d’infanterie coloniale de Toulon et part sur le front d’orient Serbe via Salonique.

 11 mai 1919 congé illimité.

 

 Décoration : sa fiche omet ses décorations.

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 ÉPILOGUE PROVISOIRE sur les POILUS VENDARGUOIS

 

 Dans des temps anciens l’épilogue concluait la représentation théâtrale par un petit texte en vers récité par un acteur pour demander au public son approbation.

 L’adjectif provisoire indique que rien de ce qui a été réalisé n’est définitif. La porte reste ouverte à toute modification ultérieure, on peut même considérer que ce qui a été établi mérite d’être amélioré.

 

J’ai œuvré pendant des mois à sortir de l’oubli mes concitoyens du passé pour leur rendre un hommage solennel avec ce problème inhérent des archives qu’il manque quelquefois des pages essentielles. Malgré ce souci, dans la première partie de mon étude j’ai tracé le parcours militaire de 189 garçons qui sont en grande majorité natifs de Vendargues parmi ceux-ci la guerre arracha la vie à 35 garçons, morts pour la France, notre si beau pays.

 

Dans la deuxième partie j’ai estimé que je devais aussi aux garçons qui choisirent de vivre à Vendargues le même hommage solennel. J’ai recensé 78 garçons dont 2 garçons sacrifiés pour la patrie. Un problème plus ardu se présentait à cette étude, un certain nombre de garçons sont natifs de départements qui, à l’heure présente, n’ont pas rendu accessible par les moyens informatiques leurs registres des matricules militaires, et j’avoue n’avoir pas fait l’évaluation nominative de tous les garçons dans ce cas.

 

Revenons au titre de ce texte. Je n’emploie pas le mot épilogue dans le dessein qu’il me soit tressé des lauriers, d’ailleurs je n’ai pas mis ce texte en vers, par contre j’espère que mon travail sera repris, contesté, corrigé, approfondi, et amendé, à seule fin de rendre gloire à tous ces hommes qui participèrent à cet évènement fondateur de notre nation, car à bien considérer notre histoire contemporaine, rarissime sont les familles qui n’ont pas en leur sein un fils, un père, un mari, partis combattre sur des terres lointaines un ennemi menaçant.


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 Cet évènement fondateur diffère de tous les autres pour être proche de nous. Nombreuses sont les personnes ayant comme moi dépassé la soixantaine qui ont côtoyé dans leur jeune âge un grand-père, c’est mon cas, un grand-oncle, ou même participé dans leur prime enfance, avec leur maître conduisant la classe, à la commémoration du 11 novembre.

 

À Vendargues nos poilus se rassemblaient à la croix de la mission située devant le foyer municipal qui deviendra l’espace Jean Teissier. Ils n’étaient plus qu’une poignée, et le rang s’éclaircissait chaque année, ils revêtaient pour la circonstance le costume des grandes occasions, avec les médailles qui meublaient les poitrines, les plus robustes soutenaient des drapeaux tricolores, d’autres s’appuyaient sur des cannes. Après deux cent mètres d’une marche silencieuse, nous honorions à travers le monument tous les nôtres, morts aux champs d’honneur.

 

Marqué à l’instant même où la conscience des choses se forme, j’ai depuis lors un attachement profond pour cette période, certes ce n’est pas la seule car ma passion pour l’Histoire accapare une importante partie de mon temps libre. Cependant avec la guerre de 1914-1918 nous passons d’une ère moderne, avec la révolution industrielle, à une ère scientifique, une ère de progrès porteuse d’améliorations et malheureusement aussi de destructions.

 

Avec la photographies, et le cinéma, techniques qui affinent et prennent de l’ampleur dans cette période. Nous constaterons la maitrise des hommes dans l’art de produire et de développer, dans des temps très courts des armes au pouvoir meurtrier effroyable : des canons dont la portée se rallongera, avec des obus d’une efficacité diabolique qui verront leur diamètre augmenter, et puis des tanks, des lance-flammes, des gaz nocifs, des avions qui s’équiperont de bombes. Nous éprouverons de la peine à voir nos semblables dans l’affliction mais sur ce chapitre grâce aux praticiens la médecine allongera son pas dans tous les domaines, chirurgie générale, réparation faciale, prothèses des membres, psychiatrie sur les chocs émotionnels post-combats.

 

Sur tous ces points il est une femme qui résumera à elle seule les contradictions de l’intelligence humaine. Elle s’appelait Marie Sklodowska, prix Nobel de physique, prix Nobel de chimie, elle équipera quelques voitures de matériels radiologiques que l’on nommera « les petites CURIE » et ira avec sa fille Irène au plus près du front afin que les chirurgiens retirent sans provoquer la mort du soldat les éclats d’obus enfouis dans sa chair. Certains praticiens suivront ses conseils avisés, d’autres s’enveloppant dans leur suffisance lui conseilleront d’aller en cuisine théoriser la pratique de bien faire cuire les œufs, pensant que la dame tenait ses titres des travaux scientifiques de son mari Pierre Curie. Justement avec ces recherches, effectuées en couple pendant des années qui pensaient-ils, conduisaient sur la voie des avancées menant l’humanité à plus de bien-être, ils dévoileraient les puissances phénoménales contenues dans des éléments minuscules. Il faudrait des décennies à l’homme de cette ère scientifique pour dompter ces puissances et nous mener aux portes de l’abime. Franchirons-nous ce pas fatal ?


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