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                                                  BIG BANG

  Après cette déclaration de principe la nécessité s’impose d’aller plus en profondeur sur l’histoire de ces hommes qui peuplèrent, structurèrent, et complexifièrent notre sphère bleutée à un tel degré qu’à présent rares sont les gens qui parviennent à comprendre tous les ressorts de cette mécanique.

    En guise de profondeur il semble plus judicieux de remonter aux temps premiers du genre humain jusqu'à ceux que nous nommerons les Primitifs, nos lointains ancêtres. J’emploie ce mot de lointain à dessein de façon à accentuer la relativité des choses, cette relativité chère à Albert, Albert Einstein bien sûr, l’autre Albert, le ci-devant prince de Monaco, n’ayant évidemment rien à voir à cette histoire.

    Si je ramène à une année le temps qui va du Big Bang jusqu'à notre époque, soit à la louche 14 milliard d’années, alors 1 jour équivaut à environ 38 millions d’années et 1 heure à 1,6 millions d’années.  

     Ces calculs donnent certes une échelle sommaire mais sur laquelle en regardant les proportions de ces temps passés le vertige nous saisit. Considérons de plus près la proposition, si le Big Bang se produit le 1er janvier, la terre se forme au 1er septembre, les terribles dinosaures l’occupent approximativement entre le 25 décembre et 29 décembre quant à l’homme Primitif il apparaît grosso modo le 31 décembre vers 19 heures et nous ses descendants évoluons autour de minuit juste avant la nouvelle année. Cela posé, et instruit du dénouement prévisible de notre système dans environ 5 milliards d’années, il sera aisé à un élève du primaire de cocher sur l’almanach des postes la date exacte de la conclusion. Il est possible au demeurant que l’almanach des postes affiche de lumineuses photos d’irruptions solaires aussi retentissantes que nos flatulences intestinales. 

 

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     Premier enseignement, nos ancêtres sont très proches de nous. Et à regarder de près quelques-uns de mes contemporains je me surprends à les imaginer vêtus de peaux de bêtes, le gourdin à la main, tellement avec leur trogne, dans laquelle brillent des yeux d’un affligeant crétinisme, ils ressemblent aux Primitifs tel que les paléontologues nous les ont révélés, le crétinisme en moins. À l’inverse si nous croisions un de ces Primitifs avec ses oreilles scarifiées, une perforation (ou piercing) dans son nez, et ses cris gutturaux, les montrerions nous du doigt en se payant leur fiole pour avoir en sus sur la peau quelques grotesques et définitifs tatouages, ces décalcomanies qui se nomment à présent « tatoo », et des hardes si semblables à nos fringues qui pour être flashions doivent être destroy. 

     Alors la question se pose de savoir comment pendant ces millions d’années, que les paléontologues patentés désignent par le terme d’évolution des espèces, nous soyons demeurés aussi cons, désespérément cons. Une double question sous-jacente doit aussi être abordée au commencement de l’humanité le gène de la connerie ne se signalait-il pas comme la caractéristique essentielle des hominidés ? Et en approfondissant cette affaire n’avons-nous pas peaufiné au fil des millénaires cette particularité génétique ?   

 

                                                   ADAM

     Il convient tout d’abord de revenir à l’aube de l’humanité. Nous nous plairons à écarter cette hypothèse abracadabrantesque de monsieur Adam et de madame Ève vivants à poil, et surtout heureux dans le jardin de l’Eden, et nous rétablirons la vérité vraie. À poil certes ils l’étaient et le bonheur les émerveillait mais au bout d’un certain temps, quand ils se virent perpétuellement tout seul dans un jardin fabuleux, une solitude pesante les accabla. L’innocente possibilité d’expérimenter quelques intrigues amoureuses compliquées de celles qui ont fait la gloire de monsieur Feydeau leur étaient refusées par ce principe de pureté qui sied au paradis. Dès lors nous admettrons dans un même élan que ce couple solitaire, une fois les effusions charnelles passées, s’enquiquinait ferme, si encore avec les anges et les archanges quelques sauteries avaient pu être organisées excluant bien sûr les équivoques parties fines pour se satisfaire de sobres apéritifs dînatoires suivis de soirées dansantes. Dans ces austères conditions l’idée leur vint de tuer l’ennui et pour ce faire il n’avait qu’une possibilité de produire une sottise 

 

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retentissante, bref une connerie sans nom. Le Père éternel sans ambages les avait avertis que s’ils croquaient la pomme, qui se trouve être la reinette du Vigan une enquête l’atteste, à grands coups de pompe dans le derche il les exclurait de son jardin paradisiaque.

      Longtemps monsieur Adam et madame Ève résistèrent jusqu’au jour où une vipère lubrique anéantit toute retenue, fallacieusement elle déclara aux nudistes prétendument naturistes que le Père éternel posait cette défense pour la frime et qu’en réalité il voulait juger sur pièce si ses créatures recelaient en leur for intérieur une once de vigueur dans leur faculté décisionnelle, loin de ces béates attitudes moutonnières.

      Madame Ève se laissa convaincre la première, tant il est vrai qu’au paradis ils se nourrissaient essentiellement de légumes, lesquels provoquaient et provoquent toujours quelques flatulences mal venues, et cela déplaisait à madame Ève de libérer incontinent ses gaz. Elle dit à monsieur Adam que cela suffisait de toujours écouter cette vieille barbe de Créateur les petits doigts sur la couture, une couture qui viendrait que beaucoup plus tard, mais madame Ève anticipait souvent, et qu’il fallait réagir nom de Lui, que dans la vie il s’agissait d’avoir de l’ambition pour ne pas s’ankyloser dans la routine, en dernier recours pour convaincre son homme elle le menaça de ne plus lui octroyer de ses délicieuses gâteries avec finition en sus, auxquelles il ne résistait pas.

    Alors empreint de nonchalance Monsieur Adam croqua la pomme, il la croqua jusque au trognon, et justement son trognon à lui, chose promise chose due, le Créateur le lui botta violemment. Le Créateur n’eut pas le cœur de répéter cette violence sur madame Ève qui d’ailleurs balançaient des fesses si émouvantes que s’Il n’avait pas été Lui-même elles eussent subi de libidineuses audaces.

     Le nez enfoui dans le paillasson de la porte du jardin d’Eden la fesse marquée par les clous de la divine chaussure  Adam déclara à sa compagne :

    « Je crois ma mie que nous avons fait une magistrale connerie ! »  

     Sur quoi la friponne, avec sa mauvaise foi caractéristique qu’elle allait transmettre à toutes les femmes sans exception, répondit :

     « C’est toi qui a joué au con, uniquement toi, et tu as gagné connard ! Maintenant on se trouve à la rue comme des clodos et en plus cul-nu ! »  

 

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     Madame Ève dans ses moments coléreux usaient de termes notablement orduriers, mais J’abrègerais ici la narration de leur première prise de bec. Toutefois leurs invectives retentirent avec un tel fracas qu’ils en eurent une extinction de voix définitive et pour ne pas pouvoir leur apprendre à parler correctement, leur descendance ne s’exprimerait pendant des millénaires que par des gutturaux grognements.

 

 

                                                  POUVOIR

       Bien évidemment les exégètes décrépits douteront de ma version audacieuse mais à peu de chose près j’affirme que l’Histoire a été respectée. Glissons à présent sur quelques millénaires pour retrouver un groupe de ces Primitifs, des rejetons parmi tant d’autres de notre couple primaire, car Adam et Ève se réconcilièrent en paillardises et à fesses rabattues sur toutes les herbes tendres qui, à l’instar de ce que je sais par ouï-dire sur les sextoys, chatouillaient au moment crucial leurs parties intimes. Et jusque à un âge avancé ils ne continrent jamais leurs scandaleuses et publiques étreintes, car l’usage permettait de jouer à la bête à deux dos dans les lieux ouverts, à la vue de tous, ceux-ci d’ailleurs formaient un cercle et appréciaient les performances comme il se doit en opinant de la tête et en branlant du chef, certains mémorisaient et compilaient toutes les positions pornographiques afin que cette gestuelle spécifique ne se perde pas, et bien avant que nos illuminateurs sussent peaufiner le fameux ouvrage « Des très riches heures du duc de Berry » parions qu’ils enflammaient leurs pinceaux sur les images moins pieuses du « Kamasoutra »  

 

     Un groupe de Primitifs se composait, sauf cas particuliers que j’évoquerais plus tard, d’une trentaine d’individus, des mâles, des femelles, et des enfants. Parmi ces mâles se distinguaient un chef, le maître absolu du clan, imposant à toutes et tous ses volontés notamment celle d’honorer sans partage toutes les femelles.

   Le chef devenait chef en se ressassant en permanence cette théorie incontestable qui affirme que :

    « La politique est l’art de constituer un rapport de force favorable pour s’emparer du pouvoir »

 

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      Deux voies à prendre : promesses et posture. À cette époque pour devenir chef il suffisait que du groupe se détache celui qui par sa force implacable impressionnait tout le monde en démontrant par le geste qu’il savait l’utiliser. L’affaire se corsait lorsque plusieurs individus s’égalaient en vigueur alors les manœuvres politiciennes s’opéraient pareilles à celles qui se produisent de nos jours sauf qu’elles impactaient un nombre réduit de gens. Afin de s’attacher des partisans nombreux, les deux rivaux, dans leurs joutes qui n’étaient pas encore électorales, jouaient sur deux tableaux les promesses et la posture.

      Promettre par exemple qu’à l’issue de grands soirs après une veillée d’armes, les lendemains chanteraient, plaisait déjà beaucoup en ce temps obscurs et les prétendants ne négligeaient pas d’assurer des propositions démagogiques, par exemple de s’engager dès sa prise de pouvoir à ce que chacun puisse se caler les molaires avec une large profusion d’aurochs. Ensuite pour apparaître incontournable devant son petit peuple le prétendant afin de susciter de l’admiration devait marquer les esprits en prenant des postures morales et physiques.

     Morales d’abord en n’assenant pas des coups de gourdins aux ancêtres du clan, ceux de plus de trente ans, à cette époque un quadragénaire équivalait à nos centenaires, une élimination sous l’ignoble prétexte qu’ils ne servent à rien, qu’ils rouspètent toujours, qu’ils bouffent plus que leur poids, et qu’ils sentent le vieux.

     Physiques ensuite en courant sus à l’auroch en l’avant de tous afin d’être le premier à fracasser le crane d’icelui par le choc du redoutable casse-tête, ou bien nuitamment le front revêche contre  les éléments déchaînés, ces terribles éclairs des cieux orageux qui foudroient les arbres par jeu. D’ailleurs lors d’un violent orage, la foudre enflamma un arbre, et devant cet élément inconnu, ce feu qui brûle et qui par sa nature interroge, le chef empoigna à pleine main un brandon embrasé, alors il ressentit une vive douleur qui devint vite intolérable mais sous les yeux des bougres et bougresses de son clan, cette tête de con ne lâcha rien et préféra cramer comme notre Jeanne nationale plutôt que d’abdiquer sa posture, même si inconsciemment lui venait cette pensée qu’il avait l’air d’un con. Ce fut à son corps défendant la première incinération.

   

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    Pendant des millions d’années jusqu’à nos jours nos politiques ont maintenu ces deux pratiques : promesses, posture. J’en veux donner deux exemples indiscutables parmi la multitude foisonnante d’exemples :

      La promesse de notre Henri IV d’abord, déclarant qu’il ne voulait pas qu’en son royaume aucun de ses sujets ne puisse pas mettre la poule au pot tous les dimanches. Cela étant dit, que ses sujets mangeassent ou non une poule le dimanche le bon roi Henri s’en fichait royalement, personnellement il préférait lutiner les tétins de Gabrielle d’Estrées, sa poule du moment, tous les jours de la semaine. Néanmoins par sa promesse il manifestait à son petit peuple toute sa sollicitude, cela ne mangeait pas de pain, et n’engageait à rien de plus. S’il avait fallu prendre cette promesse au sérieux n’importe quel scribouillard, ou énarque, eut démontré l’infaisabilité de la chose, la France de cette époque comptait 20 millions de sujets, ou 4 millions de foyers, donc il fallait produire par semaine 4 millions de poules, or la situation agricole du pays dans ce temps autorise quelques scepticismes à moins de croire au barbu de rouge vêtu… poil au cul.       

        La posture de son petit-fils Louis XIV ensuite, qui désirant donner de l’éclat à son règne et à son royaume le fit resplendir d’un de ses rayons puisque il était le roi-soleil. Un titre incontestable, admis, et reconnu d’abord par cette cour de Versailles qu’il méprisait, exceptées quelques nymphes lascives aux tétins outrageusement durcis ; puis par l’ensemble de ses sujets qu’il dédaignait souverainement ; et même par ses ennemis qu’il honnissait jusqu’à vouloir les réduire à néant. Pourtant malgré son arrogance, son orgueil il reçut en retour, respect,  fierté, et admiration… poil au fion.

     L’homme politique peut promettre le changement ici et maintenant, ou bien confondre sa propre histoire comme un certain général De Gaulle avec celle de son pays issu de la Gaulle, l’essentiel pour lui est de s’emparer du pouvoir, quant aux améliorations futures s’il ne les provoque pas, il ne les empêche pas non plus, il se contente juste de donner l’impression de les créer.       

   

     Entre les plus opiniâtres de nos Primitifs à capter les rênes du pouvoir cela se finissait toujours par une sorte de débat corporel, genre bourre-pif, car il ne disposait que d’un vocabulaire réduits, monsieur Larousse l’eut rassemblé sur le recto d’une seule feuille de son dictionnaire illustré. Ils s’autorisaient tous les coups, un authentique pugilat loin de nos éloquents verbiages vernissés 

 

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d’intellectualisme. Ici la  brutalité la plus extrême reprenait tout son droit, et les rares Primitifs qui cultivaient la fibre cérébrale se rangeaient, mus par une sorte d’instinct de conservation face au caractère résolu de ses semblables, dans ce camp où l’instinct reptilien l’emporte sur la raison, autrement dit la connerie sur  l’esprit. Les premiers intellectuels tout comme notre intelligentsia contemporaine se gargarisait de concepts pédants et incompréhensibles afin d’une part de masquer souvent une authentique pleutrerie, et surtout d’autre part d’avancer l’argument adéquat qui permet de retourner sa veste au bon moment et de cracher dans la soupe sans donner l’air de se désavouer.

    Dans ces batailles rangées les plus musculeux l’emportaient toujours, et nos culturistes primitifs qui passaient l’essentiel de leur temps à accroître biceps et triceps en poursuivant le rhinocéros, car les stéroïdes-anabolisants n’existaient pas, présentaient une constitution musculaire stupéfiante. Évidemment ils délaissaient pour cela la réflexion, l’étude, la recherche, la méditation, qui pour eux se révélaient être des activités de lavettes, de péteux qui craignent les plaies et les bosses de ces exercices de plein air. Dans ces conditions quand les mâles se battaient, avouons-le, le plus con et ses soutiens triomphaient, en conséquence le plus con s’honorait du titre de chef mais provisoirement jusqu’à ce que les tensions s’accroissent et aboutissent à une nouvelle effervescence que nous nommerons période préélectorale, la campagne électorale proprement dite se constituant de ces joyeuses et fraiches branlées. Ces campagnes perdurent toujours avec de vifs emportements lorsque s’ouvre la boite à gifles lors des distributions de tracts ou des collages d’affiches.

 

     Mais avant cet inévitable épisode le nouveau chef poursuivrait le but primordial dévolu à celui qui s’accapare du pouvoir, s’accrocher à ce pouvoir coûte que coûte comme un morpion sur un testicule. Il se remâchera inlassablement le précepte qui suit :

    Au faîte du pouvoir, la politique est l’art accroître le rapport de force favorable pour conserver le pouvoir.         

       Une seule et unique solution : le clientélisme. Pour ce faire le chef s’appuiera sur les éléments les plus serviles de ses soutiens, à ceux-ci il accordera des menus privilèges qui sont les miettes du pouvoir véritable qu’il détient. Il parachèvera sa construction clientéliste en distribuant à la moindre demande ses faveurs, ou mieux encore sa promesse de faveurs. 

 

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   Accessoirement dans les pires difficultés le chef assurera la survie et la cohésion de son groupe en promettant toujours plus de sécurité et abondance de subsistances. Mais surtout il devra se montrer inflexible, brutal, et sans pitié, afin que les éventuels prétendants ne contestent pas de sitôt sa puissance et réfléchissent à deux fois à toutes les conséquences avant d’oser risquer une manœuvre déstabilisatrice.

       Reconnaissons toujours à celui qui se distingue d’un groupe humain, primitif ou contemporain, une forme de savoir, de savoir-faire, et de faire-savoir,  afin de revendiquer le titre du plus doué des cons  parmi les siens, c’est à dire les plus nombreux du groupe. Cet extra doué pendant un laps de temps variable imposera  à tous son infinie connerie.

 

    Prenons dans cette vie primitive les épisodes dans l’ordre. D’abord les privilèges, le chef de ce groupe de primitifs se les appropriaient tous, la meilleure place dans la grotte au plus près du feu, l’entrecôte d’auroch la plus tendre, et surtout celui d’être le seul reproducteur du groupe, sur ce dernier point par instincts nos Primitifs subodoraient qu’en consentant le pouvoir reproducteur au plus fort ils s’assuraient une génération de balèzes. Ce dernier avantage perdurera jusqu’à l’époque de nos rois par le droit de cuissage dont certains cérébraux contestent encore la paillarde réalité. Les autres mâles devaient se contenter d’onanistes manœuvres solitaires, ou à la rigueur, entre eux, inversant et alternant les rôles, à rebrousses poils, les primitifs étaient velus à l’excès, ils s'offraient des petits bonheurs très en vogue chez les grecs. Il advenait aussi que les grandes solitudes poussent au plus bas niveau la perversion scabreuse pour tout dire jusqu’à la zoophilie. Ainsi constatons-nous que l’hypothèse faisant de l’homme le descendant du singe s’ancre dans une réalité très concrète.

     Toutefois bien qu’étant le plus con, le chef possédait un sens tactique avéré, ainsi lorsqu’il délaissait une femelle, une vieille de 25 ans ou une déformée par les coups ou par les grossesses répétitives, qui ne convenait plus à son usage personnel, il la transformait illico en cadeau lascif pour l’homme le plus valeureux de sa garde rapprochée. Le maître favorisait ainsi, à la grande satisfaction de ses féaux reconnaissants, leur retour aux plaisirs paillards traditionnels, à moins qu’entre temps un autre gout salace, qui fit le renom de la cité de Sodome, ne soit venu aux abstinents forcés. 

 

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     À propos de la reconnaissance j’insisterais sur un point historique totalement ignoré par les enquêtes sérieuses. Il existe de par le monde des grottes décorées révélant  d’authentiques œuvres d’art, et aucun chercheur digne de ce nom ne saura vous révéler la motivation première des artistes, de même a-t-on trouvé des pierres délicatement taillées sans que nul expert ne soit en capacité d’indiquer le mobile premier de cet artisanat, sur ce dernier point ils omettront toujours de vous dire à quel point l’habileté manuelle s’appréciait et quels bénéfices appréciables tirait le Primitif artisan de sa talentueuse dextérité.

      Pourquoi le peintre Primitif embellissait-il toutes les grottes qui abritaient son groupe si ce n’est pour plaire au chef ou au harem du chef, afin de tirer de son art des avantages concrets. Car reconnaissons-le les artistes ont toujours vécu et souvent bien vécu grâce aux commandes des puissants, lesquelles leur procuraient un confort certain, sauf pour quelques exceptions notables, Vincent (Van Gogh), Paul (Gauguin), et les autres. Pourtant des nombreux dans la multitude émettrons cette supposition qu’existant de par le vaste monde peu de grottes décorées, je me fourvoierais et prêterais des intentions que nos Primitifs-peintres du hasard  n’avaient pas. J’affirme à ces dubitatifs de tout crin que de tous temps les artistes ont survécus grâce aux subsides des hommes de pouvoir intéressés par le prestige que prodiguaient leurs œuvres à leur gouvernance. Même les plus grossiers des butors, les plus démoniaques des fripouilles, se complurent toujours à s’aviser des œuvres d’art et à orienter les artistes dans le sens de leur prestige. Et en définitive la rareté de la production provient des mouvements géologiques innombrables advenus depuis des millions d’années. Il n’est qu’à constater la décrépitude qui atteint les œuvres relativement récentes, âgées de quelques siècles voire de quelque décennies, pour mesurer la fragilité des créations picturales.

    Parlons des pierres à présent. Nos brillants paléontologues péremptoires certifient que nos affineurs de cailloux aiguisèrent les pierres entre elles dans le but unique d’obtenir des tranchants propres à découper le gigot de mammouth certes ces affutages servaient à la découpe mais ce n’était pas son but premier. À noter que nos rares et rustiques  paysans à la rare dentition maintiennent cette tradition en affutant entre elles les lames de leurs couteaux. La réalité m’oblige à dire qu’à cet âge de pierre, le silex servait à nos devanciers surtout à 

 

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s’étriper, et que le manufacturier de ces lithiques couteaux acquérait au sein de sa tribu un prestige considérable car reconnaissons à cet ingénieux Primitif des qualités admirables pour façonner nos premières armes de guerre que de nos jours nous serions incapables de reproduire. Par la suite l’artisan besogneux grâce d’utiles intestins, ceux des ennemis d’en face, fixera la pierre aiguisée au bout des bâtons créant ainsi des lances, des haches, des casse-tronches, et autres objets pénétrants et contondants, que son imagination sans limites concevra. Ce genre d’industrie déterminera le chef à s’attacher les services de son adroit et parfois unique artisan du groupe, il le favorisera en lui accordant moult complaisances sachant que la sécurité de tous dépendra, outre la combativité des plus violents, de l’efficacité des armes fournies par son savoir-faire.

      Je dois ouvrir une parenthèse sur le gout que j’ai, comme une foule de gens pour les couteaux ouvragés, d’ailleurs il suffit de se rendre à Laguiole en Aveyron pour vérifier cette passion partagée par la multitude. Celle-ci en prenant son temps teste, soupèse, et manipule ces surins splendides, prolongement de la main et qui depuis les temps premiers de l’humanité sont des objets de convoitise pour être, bien qu’élémentaires, les outils initiaux de nos Primitifs. Ainsi cet enthousiasme pour ce que je considère être notre onzième doigt provient à coup sûr de ce besoin essentiel qu’avaient nos aïeux pour un accessoire tranchant et d’une pratique permanente. Notre cerveau dans un de ses nombreux replis conserve inconsciemment cet héritage.  

 

                                                REMUGLES

     Les conditions de survie à l’aube de l’humanité laissant peu de place à la poésie, d’ailleurs avec leur vocabulaire rudimentaire il ne réalisait pas les douze pieds d’un alexandrin, ne parlons même pas de ïambes et de trochées. Nos devanciers cernés par toutes sortes de prédateurs ont dû développer, comme un réflexe de survie, leurs ressources agressives et celles-ci, quelques rares spécimens exceptés, retardèrent, et parfois annihilèrent, le développement intellectuel de l’homme, j’insiste bien sur l’homme seul car la femme compensera  sa faiblesse physique par la malignité qui est une forme originale de l’intelligence. Ainsi pour une multitude de millénaires, tel un halo lumineux la cruelle connerie nimberait l’esprit du mâle.   

 

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     Dans cet environnement hostile le pire ennemi de l’homme c’était l’homme, cela le restera pendant de belles lurettes. Notre groupe de Primitifs se composait d’un chef : un connard brutal et sournois, mais rusé à l’excès, qualités primordiales du chef ; ses affidés violents et fourbes dans l’attente de devenir chefs eux-mêmes ; des marginaux divers le plus souvent malins et malingres qui faisaient leur nid dans le groupe : des artistes, des artisans ; puis plus tard d’autres spécialistes appelés à jouer des rôles importants tels les rebouteux appelés de nos jours médecins et chirurgiens ; et enfin des sorciers nommés aujourd’hui philosophes ou religieux sachant exorciser. Ensuite se décomptaient les enfants males de la tribu représentant son avenir et pour terminer au dernier niveau les femelles de tous âges qui s’adonnaient aux taches serviles du clan une fois réglées les pulsions sexuelles du chef, en théorie l’unique reproducteur, auquel elles se soumettaient sans barguigner. Cette disposition au sujet des femelles se maintiendra longtemps, parfois sous des formes atténuées, cela dans toutes les strates de la société y compris dans les foyers les plus modestes où se repérait le chef de famille bougon et omnipotent.

       L’environnement des groupes de primitifs présentait une hostilité marquée par une sauvagerie extrême et naturelle. Depuis la vie sociale s’est complexifiée grâce à l’action inlassable des Cons supérieurement Cons, cette ardeur dans l’aberration sera parfois tempérée par les sages conseils de rares personnes éclairés mais malgré leurs avis nos sociétés évolueront toujours, et désespérément, dans des barbaries cruelles où l’inhumanité règle tous les rapports humains.

      Dans ces temps lointains les Primitifs redoutaient les animaux sauvages : ours, tigres, loups, entre autres, comme des aléas néfastes de l’existence pas plus. Les bêtes sauvages généralement affamés se jetaient sur le groupe, puis accrochaient de ses griffes le ou la moins dégourdi, généralement une vieillerie tremblotante dont le sphincter lâchait à la première morsure, ensuite elles s’éloignaient la proie dans la gueule et dévoraient le Primitif malgré ses cris désespérés et gutturaux. Mais pour que le groupe ne disparaisse pas tout à fait rapidement l’idée s’imposa de chasser les fauves avant que poussés par la faim ils ne viennent aux fauves le réflexe de boulotter tous les couillus et toutes les fessues du clan. À force d’expérience nos Primitifs sévèrement burnés tendirent des pièges à ces féroces animaux, quelques morceaux de barbaque 

 

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sur un feuillage camouflant un gouffre garni de pieux dressés et pointus, lesquels cruels trompe-couillons assuraient la sécurité du clan. 

    Nos lointains devanciers craignaient surtout leurs congénères, des vauriens à l’esprit vicelard que ne rêvaient que de massacrer les hommes, de forniquer les femmes, et  d’investir leur territoire où pullulait le gibier. Afin de se prémunir contre ce risque permanent, les différents groupes de primitifs tentaient de dissuader les attaques éventuelles de leurs voisins agressifs, appliquant ce précepte que formuleront bien plus tard les antiques romains : « Si vis pacem para bellum » traduit en vernaculaire par : « Si tu veux la paix prépare la guerre ».              

  

      Observons par le détail un camp typique de cette époque reculée. Selon l’inspiration du chef le groupe investissait un terroir idéal : avec à flanc de falaise une grotte naturellement équipée de plusieurs issues qui permette l’abri, le repli, la sortie suivant la conjoncture ;  sur le devant de celle-ci la vaste étendue d’une  campagne sauvage avec ses bosquets d’arbres où s’abritent le gibier et sa plaine à découvert qui facilite la vision des approches malfaisantes ; et traversant ou bordant le territoire sinon une rivière poissonneuse au moins un ruisseau pour essentiellement s’abreuver, car la toilette ne s’envisageait que pour les êtres faibles qui ne voulaient pas se faire repérer à cause de leurs odeurs personnelles par des ennemis renifleurs. C’est une des raisons pour lesquelles aujourd’hui nos femmes aux capacités physiques amoindries sont plus attentives sur le sujet de la propreté que les hommes, ces derniers se complaisant dans le crade et la répugnance.

 

      Le sens de l’odorat dans cette préhistoire antédiluvienne recelait une importance capitale. Et nous tenons de ce passé la notion de la première impression qui aboutit quelquefois à ce jugement : de ne pas pouvoir sentir telle personne ou tel importun, car de ce fâcheux, de ce triste sire, il se dégage des phéromones infimes que notre subconscient, pour avoir conservé de ce temps la totalité des subtilités de ce sens, sait encore analyser, ensuite ce subconscient incite notre conscient à repousser l’intrus qui nous agace nos pifs avec ses remugles infinitésimaux, mais que l’on devine néfaste et plein d’hypocrites perfidies. Les femmes d’ailleurs ont conservés plus que nous cette finesse de l’odorat, et pour repousser une personne indésirable elles 

 

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évoqueront pour démontrer qu’elles possèdent un sixième sens : le pressentiment, la prémonition, la trop fameuse intuition féminine au lieu de la simple acuité olfactive.    

      Les émanations olfactives des corps vivants et des matières inertes se classeront plus tard en bonnes ou mauvaises odeurs. Nos mâles Primitifs qui pour inspirer le respect se devaient de produire des odeurs fortes et agressives, ne firent aucun effort pour camoufler de leur personne les effluves, ni même pour dissimuler par quelques stratagèmes leurs déjections immondes. Bien au contraire l’équation suivante s’imposa à leur réflexion rudimentaire : la force de mes exhalaisons est proportionnelle à la crainte que j’inspire, et ainsi grâce à mon innommable puanteur les fâcheux et autres casse-bonbons n’altèreront pas ma tranquillité. D’ailleurs il est à noter qu’aujourd’hui encore, un réflexe ancien nous commande de nous écarter toujours des gens qui puent.

     Les Primitifs mâles de tous les clans s’imposeront cette obligation journalière de borner avec leurs étrons les limites du territoire qu’ils parvenaient à conquérir et qu’ils voulaient conserver, un bornage quotidiennement et perpétuellement renouvelé afin que la force de l’odeur détermine une barrière dissuasive permanente. Cette tradition perdurera longtemps, puisque généralement au fonds des jardins en bordure des propriétés se construiront des édicules sommaires dédiés à ces commissions particulières, avant que les Cons prétendument civilisés n’intègrent dans le logement le fameux petit coin. Revenant ainsi à la source bestiale, les Cons imiteront les animaux domestiques qui défèquent sans façon dans leur domicile : qui dans son écurie, qui dans son étable, qui dans sa gage à lapins. Nos rois même se complairont dans leurs palais à s’assoir sur la chaise percée sous les yeux de courtisans triés sur le volet, ces témoins s’avisaient ainsi de la santé du prince, sans aller toutefois jusqu’à dire que les mieux instruits parvenaient à détecter les débuts d’un cancer colorectal, les fistules annales, et autre polypes intestinaux. Par la suite ce cabinet hygiénique intérieur et privé, lors des réceptions mondaines, les invités le solliciteront à la maîtresse de maison par un discret murmure lequel finissait d’une façon inaudible. Ils chuchotaient : « où se situe le ca….. ? », et pour être bien compris répétaient juste : « le ca….. ? ».  De sorte que du mot cabinet ne  subsista que : ca….., les autres syllabes ne se prononçant plus, puis summum de la linguistique le lieu devient l’action et depuis lors nous faisons trivialement caca.  Autre variante du 

 

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nom de ce lieu indispensable relevé chez le maître de la nouvelle Guy de Maupassant qui signale dans un récit qu’une auberge de bonne tenue se devait d’aménager une chambre numérotée 100, cette chambre 100 sous-entendait pour la clientèle que l’auberge disposait d’un lieu de retrait utile mais malodorant, situé en général au bout du couloir, c’était l’indispensable chambre cent qui sent !     

 

      La question se pose de savoir comment se déterminèrent la bonne odeur et l’infâme remugle, sur ce point soulignons-le, les femmes jouèrent un rôle capital. Nous constatons que d’une manière générale chez les mammifères, et l’espèce connardière intègre ce groupe animalier, l’élément féminin est physiquement plus faible que le masculin. Or l’exception confirmant la règle, cela n’est point le cas chez les insectes où les mâles n’ont d’utilité que pour la reproduction, à ce propos relevons qu’en général le coït précède la mort du mâle. Il arrive même, comme chez les araignées, les mantes religieuses, que la femelle pour passer son ennui boulotte la tronche de son partenaire pendant la fornication, et le mâle sans se troubler et sans tête continue sa besogne à fesses ( ?) rabattues.

     Ici il convient d’évoquer ce proverbe stupide énonçant que : ventre affamé n’a pas d’oreilles, à la vérité il faut entendre pour ventre : bas-ventre, et plus précisément ce braquemart incontrôlable qui au comble de sa turgescence élimine toutes les réflexions sensées. Justement les femmes ne souhaitant pas systématiquement profiter de ces boursouflures indécentes prirent à la suite des viols méthodiques et inopinés, que depuis des lurettes elles subissaient,  des mesures appropriées.

     Selon les habitudes admises dès l’aube de l’humanité les femmes constituaient pour les primitifs d’une tribu ennemie une prise de guerre inestimable car chacun s’imaginait chef initial de clan une fois asservie selon ses appétits trois où douze femelles. Mais également sans que les femmes ne soient le butin il advenait qu’au sein d’un groupe constitué et à l’insu du chef, il soit fréquent qu’en douce et à la va-vite, genre ni vu ni connu, un des subalternes, après un rituel coup de massue, fornique une  des favorites.      

      D’abord afin de les cacher à la vue des mâles concupiscents elles camouflèrent leurs parties intimes avec ce qui leur tombait sous la main. Dans un premier temps elles utilisèrent : feuilles, écorces, pampres, de toute espèce 

 

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de végétation, feuilles d’orties et de houx exceptées après de malencontreux essais, mais bien vite elles éprouvèrent les désagréments des locataires de ces feuilles : fourmis, araignées, tiques, poux, et morbaques. De sortes qu’elles passaient la journée à se gratter le fion et le reste, une action pernicieuse qui attisait les ardeurs de cet appendice que l’homme tient en bandoulière et qu’un rien apprête.

      Ensuite, après ces essais végétaux infructueux, les femmes utilisèrent le cuir, les plumes, et la fourrure du gibier les jours vastes, car les Primitifs ne mettaient pas tous les jours le mammouth à la broche, parfois ils se contentaient de souriceaux, et allez donc tailler des culottes  avec ce genre de bestiole, avec les plumes des oiseaux les Primitifs découvrirent paradoxalement la grosse poilade, le gag récurrent consistait à se mettre des plumes colorées dans la raie du fion. Néanmoins d’une façon théorique nos Primitives cachaient pudiquement leur académie croustillante avec des matériaux de fortune. Sauf qu’il advenait quelquefois, qu’elles montrassent à la suite de circonstances imprévues, plus que ce que la décence nouvellement établie n’autorise, par exemple lorsqu’elles se pliaient en deux pour s’ôter du pied une méchante écharde.

 

      Ici  il convient de souligner la découverte essentielle qui émerveillât les femmes sur ce pouvoir quasi-illimité qu’autorisait l’attrait de leur anatomie si elle savait l’utiliser. Si elles savaient promettre aux balourds ambitieux des fêtes charnelles étourdissantes, alors elles pouvaient ambitionner de manœuvrer en sous-main le prétentieux  chefaillon et de disposer de la réalité du pouvoir. La femme acquit cette certitude que tant qu’à subir un garnissage autant y trouver un empire à travers le partenaire affaibli par le déduit. Cette certitude ne la lâchera jamais, elle tentera l’assujettissement par  l’épuisement définitif du partenaire lors de sempiternels jeux vénusiens avec l’aide des femelles du harem qu’elle parviendra à glisser sous le ventre de son obsédé afin d’abréger sa volonté mentale de moins en moins ferme. À condition par la suite qu’elle domine par son amour maternel le rejeton timoré, mais cependant suffisamment bodybuildé pour inspirer la pétoche à tous, et que son maniaque sexuel lui aura en son temps logé dans le buffet. La Primitive subtile s’imprégna de ce précepte qu’un poète redécouvrira et mettra en vogue bien plus tard que la Femme est l’avenir des Cons.   

 

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      Manœuvrer les cons, telle va être à perpétuité l’obsession des Femmes. Et à partir de l’instant où elles considéreront la place prépondérante de la pensée phallique dans l’esprit des Cons, alors s’ouvrira pour elles un champ de possibilité extraordinaire. Néanmoins pendant longtemps encore les plus épais les plus crasseux  du domaine connardier se satisferont, pour l’assouvissement de leur bidule temporairement inflexible, de la violence coutumière issue d’une longue tradition qu’ils se plaisaient à maintenir rugueuse à l’excès. Or ces manières irrespectueuses ne convenaient pas aux victimes. Si encore les femmes n’avaient dû supporter que de brutaux coups de rein, elles se fussent soumises à ces pratiques abruptes sans trop moufter ni geindre, mais généralement en prélude de l’acte charnel, elles devaient subir de sévères raclées, de quoi les dégouter à vie du libertinage qu’en de rares occasions il leur était donné d’apprécier. Au final la femme voulait bien accepter les hommages vigoureux mais à condition d’être l’unique initiatrice de ces profondes révérences.

       La Primitive chercha, creusa sa tête de linotte qui est un oiseau au chant mélodieux, et trouva la solution après quelques balbutiements notoires, notamment celui de se planquer lorsqu’elles constataient une proéminence excessive de l’entre-jambe masculine. Alors afin de s’éviter la fatalité du viol,  elle se cachait rapidement derrière un rocher, là tranquillement elle attendait que l’obsédé agrippe par les cheveux une de ses consœurs et lui fasse subir les derniers outrages, car notre aïeul Primitif, pressé par une conjoncture régulièrement défavorable, ne possédait pas non plus le meilleur gout qui soit, et pour lui l’étroite porte de service valait l’enchanteresse entrée principale. Mais l’outil olfactif du mâle frénétique, aiguisé justement par la frénésie de ses sens, repérait à tous les coups la tourterelle apeurée qui est un oiseau doux et gracieux. Dès lors la pauvrette, tirée de sa planque par ses cheveux, encaissait quelques notables et homériques ardeurs dont la pudeur me dispensera de décrire la geste scabreuse.

         La Primitive dans cette phase camouflage, qui durera des millénaires, limitera, autant que faire se peut, la production de ses propres matières organiques qui par leur fort relent la rendait repérable aux nez bien affutés. D’ailleurs aujourd’hui encore pour les raisons historiques décrites plus haut,   les Femmes expédient cette affaire en un rien de temps tandis que les Cons lambinent toujours et investissent le réduit que munis d’une revue, d’une grille 

 

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de mots croisés, ou de son Smartphone. Or l’organe nasal marquait une excellente réceptivité chez tous les Primitifs. La conséquence de ces prudentes rétentions déterminera une caractéristique dont les Femmes hériteront de leurs devancières Primitives, il s’agit évidemment de cette sévère constipation qui perturbe le transit, provoque les gaz, et déclenche les hémorroïdes. Ces varices rectales, qui suscitent l’hilarité générale, et dont les personnes atteintes par pudeur ou par un excessif  sentiment d’humiliation, ne se plaignent jamais en public. Nul ne tire gloire de ses crises hémorroïdaires et ne revendique de ses semblables une once de sollicitude à la différence d’autres pathologies, même bénignes, mille fois remises dans la conversation par ses victimes, lorsqu’on emploie la formule de politesse qui s’enquiert de leur santé, le fameux comment-allez-vous ?, (expression qui soit dit en passant sous-entendait : comment allez-vous à la selle ?) Parce que ces maladies présentables imposent un prétendu et absolu courage à ces victimes, et aux proches de celles-ci une admiration sans borne à leur martyre et à leur stoïque résistance. Cependant il faut honnêtement reconnaitre que  d’une façon générale les plaintes et les pleurnicheries emmerdent tout le monde. Alors que les vrais suppliciés seront privés de compassions jugées malvenues, tous les souffreteux du troufignon malgré leur endurance à cette lancinante douleur tairont leur calvaire. Et pourtant ces varices perturbèrent la santé de plusieurs de nos personnages historiques, en particulier celle de Louis XI, surnommé l’Universelle Aragne pour son gout de tisser des traquenards dignes des toiles soyeuses des araignées, ces dernières n’en doutons pas ne souffrent pas de crises hémorroïdaires.            

 

     Cela ne pouvait plus durer ! Passe encore de se soumettre par obligation aux lubricités du chef bestial, mais endurer, outre le viol systématique des hordes ennemies, attitude qui perdurera des milliasses d’années, les assauts forcément furtifs sinon primesautiers de tous les matous du clan, déclenchaient dans le gynécée une compréhensible répulsion.

    À ce moment précis la main, ou bien le doigt, du hasard vint au secours des colombes car il en fut une qui un jour ravageur d’une attaque hostile  se cacha dans un bosquet de romarin, et de thym, dans notre cas de farigoulette car l’action, putaing cong, se déroulait dans le midi près de Grasse. De sorte que ces plantes particulièrement odorantes masquèrent les remugles corporels de 

 

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la caille effrayée qui est un oiseau délicat que l’on aime grassouillet. C’est cette Primitive terrorisée qui découvrit le parfum, souvent captieux, alors comme une trainée de poudre la nouvelle parcourut en boucle l’entendement des Primitives qui en ce jour merveilleux devinrent pleinement Femmes. Tandis que les Primitifs masculins resteront encore longtemps sous l’emprise connardière.

     Il convient de mentionner ici que depuis l’aube de l’humanité les Primitifs ne distinguaient pas les bonnes des mauvaises odeurs car toutes les odeurs se valaient, seul comptait l’intensité de l’odeur qui permettait de signaler à tous les clans ennemis la puissance du groupe. L’équation se résumait ainsi que la force des odeurs est directement proportionnelle à la puissance du clan, or la Femme venait d’introduire un élément nouveau dans l’équation : l’odeur qui pue bon, celle qui entrouvre la porte des reniflements éminemment agréables.

    La Femme, après cette découverte que dissimulée dans un lieu odorant elle préservait son intimité, s’obligea dès mâtine à se frictionner tout le corps avec les éléments de cette flore qui l’environnait. Parfois par accident elle ramassait mal à propos des fleurs qui, comme la stapelia, attirent les mouches à merde, alors elles passaient un certain temps dans un halo bourdonnant qui bien qu’efficace sur le plan de la dissimulation, provoquait moult agacements par leurs incessants tourbillonnements. Mais les Femmes apprendront vite quelles  fleurs embaumantes, quelles plantes aromatiques, devront être cueillies et celles à négliger. De plus elles se refileront entre-elles les bons tuyaux, et fines observatrices elles détecteront les mieux opérantes dans les diverses situations de la vie courante. Certes à la saison hivernale, moment où l’exubérance de la flore est réduite à quasiment rien, les Femmes craignaient les redoublements sinon quintuplement d’ardeurs, or la nature étant bien faite elle protégeait les Femmes par son froid glacial qui annihilait toutes les tentatives de bandaisons, en effet nous les Cons, savons que le froid est un élément réducteur, allez donc faire le fier avec un engin de nourrisson, vous obtiendrez en retour que des lazzis malveillants.    

     Ainsi à force d’expérimentation les Femmes attentives remarqueront dans la pluralité du système végétal, son efficacité dans toutes sortes de domaine, et bientôt elles parsèmeront le gigot de mammouth de gousses d’ail, prépareront des breuvages mentholés, enfin élaboreront des décoctions médicinales : les fameux remèdes de bonnes femmes propres à soulager les règles douloureuses et la constipation, inconvénients inhérents à la nature féminine. Car rappelons-

 

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le une ultime fois le tempérament constipé des Femmes provient d’une origine précise et fort lointaine mentionnée plus haut. Imaginez les pauvres créatures Primitives avant la découverte du parfum, toujours sur leurs gardes pour ne pas se faire culbuter dix fois par jour, et qui malgré leur ferme résolution de ne pas être remarquées, sont soumises, par leurs effluves au repérage systématique puis aux gestes obscènes des satyres Primitifs, d’ailleurs ces pratiques salaces perdureront jusqu’à nos jours et les harceleurs contemporains s’enhardiront à devenir des frotteurs systématiques s’abandonnant même à d’immondes projections publiques. Les Femmes s’obligeront donc, petit à petit, limiter la propagation de leurs traces physiologiques d’où constipation et cystite. Et lorsqu’elles découvriront l’étendue bénéfique de la flore, ces désagréments sanitaires seront déjà incorporés à jamais dans leur patrimoine génétique.                           

      Badigeonné de pieds en cap avec ce que lui offrait la nature, les Primitives se confondaient avec le milieu environnant, et les tourmentés de la zigounette se sentirent déstabilisés par cette donnée nouvelle, ne reconnaissant plus le fumet habituel du gynécée du clan. Il fallut qu’ils emploient d’autres moyens pour ne pas se méprendre lors des montées de sève irrépressible. Mais avant que ne s’impose l’habitude de glisser systématiquement une main fureteuse à l’entrecuisse des femelles, il faut bien avouer que certains mâles éprouvèrent quelques douleurs rectales qui n’étaient pas forcément dues à des hémorroïdes récalcitrantes.

      L’emploi de substance odorante imposa aux Primitifs l’habitude de renifler pendant l’acte de chair autre chose que des émanations corporelles composées de vieilles sueurs rances et des restes d’excrétions diverses sommairement torchés par les galets. De sorte que les Primitifs s’accoutumèrent au moment crucial de la volupté à s’emplir les poumons de parfums fleuris, de sorte que les Primitifs ne purent plus envisager leurs orgasmes que baignant dans une atmosphère similaire à celle dans laquelle  Adam son aïeul s’abandonnait avec Ève dans le jardin d’Eden, de sorte que les Primitifs assimilèrent ces instants de jouissance avec ces senteurs particulières qu’il qualifia de bonnes odeurs parce qu’il est toujours bon et doux de forniquer à fesses rabattues, pour autant les autres odeurs ne devinrent pas sur le champ mauvaises. Il faudra beaucoup de siècles voir de millénaires pour classer les odeurs, par exemple il se fit le constat que la grande peur provoquait quelquefois des relâchements intestinaux gênants sinon emmerdants, ainsi voyant leurs congénères pris dans 

 

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de merdeux empêtrements, les bougres de Cons associèrent la peur avec la colique, or la peur se ressent comme une flétrissure, une honte, bref une mauvaise expression du corps, si en supplément vient s’ajouter en apothéose certains relents, ces relents particuliers se classeront  alors dans le registre des mauvaises odeurs. Toutefois il subsistera cette contradiction que les excréments, en tant que repoussoir, serviront longtemps encore au bornage des limites territoriales du clan. En conclusion la défécation volontaire des mâles avec ses remugles insoutenables se considérera comme une mise en garde de bon aloi tandis qu’une négligence involontaire passera au mieux pour une atteinte sénile et au pire pour de la lâcheté, dans les deux cas le coupable essuiera la traditionnelle et joyeuse lapidation.             

       Retour sur nos Primitives, celles-ci devenues Femmes, en principe, s’apprêtaient toujours avant le réveil des Primitifs, seul moment où elles parvenaient à s’occuper exclusivement d’elles-mêmes, car ensuite il fallait revivifier le feu, réchauffer un reste de barbaque pour le petit-déj, donner le téton aux chiards, bref réaliser toutes les tâches régulières afin de s’éviter d’abruptes raclées. Or les Primitifs dès qu’ils ouvraient un œil, ou plus précisément une narine, recueillaient cette bonne odeur enivrante qui lui rappelait les formidables moments libidineux et dont le souvenir provoquait instantanément le raidissement salace de toutes les virilités, mais qu’une seule celle du chef, se décongestionnerait auprès des Femmes du clan et assurerait même pour démontrer sa souveraineté plusieurs services lascifs, cela sous le regard envieux de tous qui ne manqueraient pas de donner des appréciations graveleuses en se frictionnant le gourdin du matin. Et depuis ces temps reculés les Primitifs devenus entre temps scientifiquement des hominidés, mais demeurant irrévocablement des Cons, sortent toujours du lit avec des pensées grivoises que signalent certaines contractions par trop visibles, cela même jusqu’à un âge avancé.

      Voilà donc le stratagème des Femmes qui bizarrement se retournait contre elles. Par le parfum elles imaginaient échapper aux coïts bourrus, or ce parfum par un revirement inattendu les ramenait au point de départ avec en plus dès l’aurore une sorte d’appel à la braguette bien avant l’invention de la dite-braguette. C’est d’ailleurs ce que pensèrent les Primitifs, qui guidés par la connerie absolue pensèrent immédiatement, et pour des millénaires, que les 

 

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Femmes étaient des allumeuses, qu’elles n’avaient pas froid aux yeux ni au reste, et qu’elles en voulaient ces chiennes.

 

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        Il fallait donc qu’elles améliorassent le subterfuge, alors l’idée murit de poursuivre dans cette voie naturelle en se parant des couleurs de la nature, et la Femme découvrit le maquillage intégral. Chose paradoxale, cet art de se peinturlurer afin de se confondre avec le décor environnant se détournera de cette option première pour permettre au fil du temps à tout une chacune et chacun d’affirmer sa singularité, sa personnalité, et même son intentionnalité particulièrement lors de soirées festives où la séduction prévaut. Ainsi le maquillage permettra de s’exposer sinon de s’exhiber. 

    

     En ce qui concernait les Femmes en ces temps premiers, elles se servaient de ces artifices uniquement pour sa sauvegarde n’ayant pas les moyens physiques de s’opposer à la brutalité de tous ces Cons qui investissaient la planète à la recherche de lieux propices à leur pullulement. Or justement ces régions bénéfiques se disputaient âprement avec toute la panoplie des violences régulièrement admises : coups de gourdin, jets de caillasse, énucléations, morsures, et autres joyeusetés. À l’issue des combats afin que rien ne se perde en de vains pourrissements les vainqueurs bouffaient les vaincus dans des fraiches agapes. Toutefois il arrivait que certains parmi les battus échappassent au carnage, bien souvent les jeunes sujets grâce à leur redoutable pointe de vitesse, et ceux-ci parvenaient malgré les lourdes pertes à reconstituer le clan initial souvent même avec un seul reproducteur valide, une fois effectuées les retrouvailles avec la quasi-intégralité des femmes qui avaient réussi à se dérober aux rapts systématiques d’après combats, dont quelque unes méritantes prenaient le risque d’encombrer leur téton d’un moutard potentiellement braillard.

      Il advint même un jour où les mâles s’exterminèrent totalement et réciproquement, de sorte que ne survécurent de l’affrontement que l’élément féminin et quelques nourrissons, avec sagesse elles se regroupèrent et  formèrent la première tribu de femmes, qui se perpétuera suffisamment longtemps pour que de nos jours nous parlions encore de ces légendaires amazones qui avaient définitivement banni les Cons de leur société 

 

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matriarcale. Et bien qu’il advint maintes fois que des Cons, avec leur crétinerie brutale, surprissent et soumissent les dites amazones, ici ou là à travers la vaste planète le souvenir de pouvoir vivre hors de la domination des mâles se maintiendra et il se reformera toujours des communautés de femmes, certes se seront majoritairement des nonettes, des moniales, mais aussi à l’autre bout du prisme des péripatéticiennes et des mères-maquerelles.

        Le maquillage découvert par hasard à des fins défensives, allait devenir une arme d’une haute portée stratégique à cause de l’émoustillement d’un Con lubrique d’un rang supérieur. Un jour d’entre les jours primitifs un clan d’agresseurs après d’âpres affrontements anéantis le clan ennemi, or le chef des vainqueurs, un Con vicelard, à la fin du traditionnel banquet se forçant un peu à terminer le cuissot fondant d’un tendre éphèbe se mit à reconstituer mentalement le damoiseau qu’il dévorait et ces sens partirent en vrille au point de vouloir sur le champ faire reluire le doux conduit de quelques femelles ennemies. Ses affidés alors, par crainte et pour lui complaire absolument, pistèrent, les naseaux aux aguets, les habituelles odeurs des femelles apeurées et dissimulées, qui ne pouvaient pas ne pas être relevées par leurs expertes narines. Or ce fut un fiasco au grand désarroi du chef des Cons qui ayant fini son cuissot assena de redoutables coups de fémurs à ces Cons de subordonnés incapables de trouver de l’eau dans la mer en l’occurrence une femme dans un harem.

    Et à ce moment lui vint l’idée lumineuse qu’étant donné que petit a, les Cons battus du clan vaincu n’étaient pas tous des sodomites, et que petit b, parmi les femelles il en était des grasses, des variqueuses, des hémorroïdaires, inaptes aux fuites éperdues, l’équation exposait cette évidence que tous ces Cons à ses ordres, sans user leur unique neurone, à force de recherche ne s’engageassent point à en dénicher quelques-unes de leurs refuges. Alors le chef des Cons eut cette intuition remarquable, il jeta à la figure du plus proche le fémur du cuissot en criant d’aller, avec et sur le champ, battre la campagne alentour, de la sonder dans tous ses recoins.  Les Femmes bien que parfumées et maquillées aux couleurs et aux agréments de la nature au point de s’y confondre ne se retinrent pas de hurler de douleur à la suite de ces contrôles vigoureux. Ensuite le souverain des Cons, sous les applaudissements de ses sujets se complut à forniquer tout ce que ceux-ci lui ramenaient, et dans le lot il n’est pas sûr qu’il ne savourât point quelques pétochards, ces méprisables 

 

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lavettes pacifistes qui crurent bon de se mélanger aux Femmes et qui obtinrent en retour le même lamentable traitement. Dans ce cas il s’agissait bien de lamentations car le royal connard redoublait de fougue à cause de ces  facéties dissimulatrices qui pimentaient sa libido.

 

     Puis une fois repu de toutes chairs le chef s’abandonna à des rêveries supérieures de chef. Il se félicita de sa perspicacité à déjouer les fourbes manœuvres féminines par un rire tonitruant, qui tenait plus de la vocifération colérique que de la joyeuse hilarité, des sortes de criailleries hachées éructées par séries, propre à terrifier psychologiquement l’adversaire avant de lui rentrer dans le lard. Car ce qui se nomme le rire aujourd’hui servait en ces temps primitifs de manifestation d’une volonté dominatrice, ce rire particulièrement bestial préludait toujours un possible affrontement sauf si un protagoniste se déballonnait jugeant préférable d’éviter les morsures d’une dentition complète et menaçante que le rigolard exhibait. À ce point précis l’évidence saute aux yeux que le rire n’est qu’un moyen de s’engager dans la voix des conflits guerriers, et que la guerre, elle seule, est le propre de l’homme.

     D’ailleurs plus tard lorsque les Cons seront moins hargneux et qu’ils entreverront des possibilités paisibles, ils astreindront au baiser de paix, ce baiser consiste à joindre les deux bouches, sans introduction de langues farfouilleuses. Les deux anciens ennemis ou les deux adversaires potentiels, après ou avant, les guerres anciennes ou futures, afin de prévenir toutes tensions futures n’hésitaient pas publiquement à effleurer mutuellement leurs lèvres. Bien sûr par la suite cette belle attitude sera dévoyée et puisque au départ il s’agissait de faire la paix il semblera logique par ce moyen buccal entre sexes opposés d’apaiser d’autres feux, d’autres tourments, et souvent de rechercher ces incandescences à bouche-que-veux-tu dans les moindres replis.

      Mais le cas présent le chef songeait surtout aux manœuvres tactiques qu’il retirerait du fardage et de l’imprégnation pour sa prochaine guerre, car les chefs, vrais Cons belliqueux avaient toujours une guerre sous le coude afin d’occuper le corps et l’esprit des Cons inférieurs de leurs clans respectifs. Une âme saine dans un corps sain, ce précepte bien connu renferme une idéologie indéfectible connue de toute éternité que les Primitifs appliquaient alors même qu’ils ne savaient que grogner. 

 

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     Afin d’exclure au sein d’une communauté les habituelles tensions qui naissent régulièrement entre ses éléments, car il est fréquent qu’au sein même d’un groupe réduit à la simple expression d’un couple, s’occasionnent pour des futilités, les fameuses queues de cerise, de redoutables fâcheries jusqu’à son apothéose désignée par l’auberge du cul tourné, dans un tel cas en général le mâle, toujours tenaillé par sa lubricité, virevolte et profite la situation en s’encastrant subrepticement dans sa femelle, laquelle geindra qu’elle n’a pas la tête à la bagatelle parce que sa migraine habituelle la tourmente et de plus elle a ses non moins habituels ragnagnas, pour la forme le mâle maugréera puis mettra son affaire sur l’oreille ,une oreille nommée avec à-propos étagère à mégots, jusqu’au lendemain où toute affaire cessante il cherchera quelques expertes dans cet art subtil de faire des ronds de fumée par le truchement d’un cigare bistre et soyeux.

     Donc au sein des communautés il convenait d’éliminer les tensions en trouvant un motif supérieur pour que la cohésion s’affirme. Et quoi de plus naturel que de former une union sacré pour mettre sur la gueule des Cons d’en face, ainsi avec maestria le roi des cons, par cette diversion, force les contestataires à ne pas comploter et à ne pas ambitionner momentanément la place du chef. Quant à la masse des sous-fifres ils épuiseront sainement leurs biscoteaux en de sanglantes barbaries. Mais cette diversion devait être sans cesse renouvelée et toujours gagnante car la défaite signifiait l’anéantissement ou l’assujettissement, et pour les rares rescapés de la tuerie la redistribution les rôles par le truchement du classique bourre-pif.

      L’écoulement du sang effrayaient les victimes et en même temps excitaient les violents, voilà le constat qui fit un jour un roi des Cons finement observateur. Et si les Femmes en se maquillant cherchaient à se confondre avec le décor, ce roi belliqueux conclut que sa troupe, par une mascarade sinistre en utilisant les couleurs vives du sang, marquerait psychologiquement des points sur les adversaires, surtout s’ils se ruaient en vociférant d’une manière convulsive et en exhibant une dentition acérée, ce terrible rire des temps primitifs. Cette technique primaire mais audacieuse s’améliorerait au fil des siècles et des millénaires, quand les Cons s’apercevraient par expérience que la surprise est un atout déterminant dans une attaque.

     Ainsi les guerriers de toutes les tribus prirent l’habitude de s’empourprer, de s’hérisser le crin afin de se donner du volume, il y eut même des charges 

 

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hallucinantes de crins blancs qui n’étaient pas des petits chevaux blancs camarguais mais  des très rares albinos Primitifs. Puis ils élevèrent la méthode d’un cran,  ils s’ornèrent des farouches reliquats d’animaux sauvages : cornes d’aurochs ou mâchoires de crocodiles, puis ils s’élevèrent au niveau symbolique et définitif avec l’exposition de marques déterminantes : des scarifications, des tatouages, des perforations ou percements (piercings en mauvais français), des dents limées ou ébréchées, entre autres témoignages d’une volonté d’impressionner l’adversaire. Mais dans le même temps ces particularités signifiantes révélaient l’appartenance à un camp précis, il ne s’agissait pas dans le feu de l’action à cause d’un maquillage similaire que malencontreusement les compères de la même bande s’étripassent, un comportement qui eût été une franche connerie. Bien qu’à l’occasion d’une mêlée hargneuse, entre pseudo-collègues, des différends se réglassent, ni vu ni connu, par de traitreuses vilénies. « Gardez moi de mes amis, mes ennemis m’en charge », énonce le précepte ancien.

     Plus tard quand les Cons gouteront la civilisation, celle-ci ne les rendra pas moins Cons mais plus ordonnés, de sorte que lors des batailles les combattants se vêtiront d’une façon uniforme, uniforme mais avec des formes et des couleurs qui flamboient, toujours ce souci d’intimider. Ils n’omettront pas de distinguer les plus intrépides et de galonner les plus Cons, certains cumuleront car généralement et selon une réplique célèbre : « les cons ça ose tout c’est même à ça qu’on les reconnait ». Ils ne chargeront l’ennemi qu’accompagnés de musiques fortement tambourinantes et claironnantes toujours ce souci d’impressionner. Et il en faudra des massacres et des tueries sur des théâtres sanglants avant que les Cons supérieurs pensent à économiser la ressource combattante avant son épuisement complet devant des armes devenues diablement efficaces et adoptent pour celle-ci des tenues de camouflage proche du milieu ambiant, ces fameux treillis qui enrichissent tous les paquetages militaires. Les Femmes avaient compris ce détail dès l’origine ou presque.

                                                                  

                                                 ÉROTISME

            Toutefois avant de se livrer à d’immenses carnages, les Primitifs se penchèrent sérieusement sur la question de constituer des troupes conséquentes et robustes. Il était inenvisageable pour le subconscient des  

 

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Primitifs que leurs groupes respectifs se constituassent avec des éléments physiquement débiles. Passe encore qu’ils naissent avec des cerveaux intellectuellement anémiés, en conséquence de quoi la nature ayant horreur du vide, la connerie s’étendit, elle développa dans toutes les parcelles desdits cerveaux des aptitudes exceptionnelles qui contrebalançaient cette anémie intellectuelle, de plus les Primitifs polirent ce formidable potentiel de crétinisme sans jamais se lasser afin de devenir extraordinairement Cons. Toutefois les groupes n’admettaient en leur sein que des sains de corps. Or cet eugénisme, que l’on devine, s’imposera tout naturellement à l’insu de nos devanciers des temps premiers, sans qu’ils y pensent puisque théoriquement seuls les plus costauds forniquaient. Ce n’est qu’après des milliasses de millénaires que les Cons contemporains se gargariseront à longueur d’ouvrages de ce vecteur majeur de l’eugénisme qu’ils nommeront érotisme où seuls les beaux corps s’affrontent en des joutes langoureuses et bandantes. Ils en feront même un art en prenant soin d’exclure de ce domaine artistique la pornographie, qui comme chacun le sait est une activité dégueulasse pratiquée par des boucs lubriques et des hystériques en chaleur, cependant constatons entre nous que la pornographie joue aussi un rôle crucial dans cette affaire où il vaut mieux ne pas trop mettre son nez.

        Précédemment l’attention a été portée sur l’évolution des orientations olfactives des Primitifs, dont la responsabilité incombe aux femmes, en insistant sur cet épisode où les Cons, essentiellement les chefaillons puisqu’ils avaient eux-seuls le droit fornicateur, associèrent les odeurs de fleurs à celle du plaisir charnel. Seulement entre le droit de forniquer et le pouvoir d’utiliser ce droit, intervient un détail technique, sans quoi ce droit tombe en quenouille, il s’agit on s’en doute de l’érection de l’enchanteresse baguette. Or il advenait souvent, après plus d’une dizaine d’étreintes fougueuses,  que le flambeau du chef ressemblât plus à un lumignon qu’à un cierge Pascal, tout blasphème mis à part. Et ledit chef de ne pas comprendre ce ramollissement malvenu d’autant que ravalant son orgueil et sombrant dans un sommeil brutal, il se réveillait en sursaut avec une quille horriblement turgescente. 

      Mais ce Con-là n’imagina un seul instant que ce regain de virilité il le devait uniquement à ce salutaire repos récupérateur. Ne se fiant qu’à son pif et de l’odeur qui emplissait ledit pif, laquelle odeur provenait des remugles diffus du mélange des flores de toutes espèces et du corps féminin allongé à son côté, le 

 

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couillon en rut en conclut qu’il était des effluves qui pouvait stimuler les organes les plus récalcitrants. Dès lors ayant découvert les possibilités érotiques de certaines fragrances, il encouragea son gynécée à faire des recherches dans ce sens. En réalité les Primitives n’eurent pas besoin d’encouragements superflus, elles constatèrent craintives dans quel état lamentable avec de vigoureuses torgnoles il avait mis leur consœur, celle qu’il rendait responsable de sa débâcle sexuelle. Ainsi à cause de la peur qu’inspira aux Femmes un souverain connard d’entre les cons souverains, celles-ci n’eurent d’autres choix que d’inventer les moyens appropriés pour que jamais ne retombe  sa gaillardise libidineuse.

     Ce besoin de séduire qui tenaille de nos jours la gente féminine, s’explique en partie par cette peur des temps premiers. La crainte des raclées, à l’issue des manquements charnels masculins, enrichira le patrimoine génétique des Femmes, elles s’interrogeront lors d’une loupée et ne manqueront de questionner leurs amants, époux, et galants, de systématiques : « je ne te plais pas ? Tu ne m’aimes plus ?». Mais si les loupées deviennent régulières alors les Femmes ne lâcheront plus leurs Eros, leurs Cupidon, et autres bellâtres avec des : « tu en as une autre, espèce salopard ? Les mecs sont tous pareils dès qu’ils voient un cul à l’horizon ! Ma mère m’avait avertie ! Je la connais cette salope ? Elle te suce bien au moins ? Alors pour se justifier des hommages non-rendus, de son drapeau en berne, le déficient évoquera une maladie à la mode comme le burn-out par exemple, et il taira son addiction pour les solitaires massages manuels et leurs recluses finitions.        

        Or à cette époque évoquée, qui se situe juste après que les primates se soient redressés, les Primitives ignoraient complétement quels attributs mettre en valeur pour émoustiller et maintenir les appétits concupiscents. La conjoncture imposa très vite que, sous la menace de rossées, elles découvrissent leurs avantages et qu’elles échafaudassent des plans culs particulièrement salaces, même si par ailleurs les Primitives préféraient dans leur ensemble se soustraire à la brutalité des coïts imposés. Néanmoins les choses étant ce qu’elles étaient, et qui n’étaient pas amenées à évoluer avant longtemps, les Primitives s’attentionnèrent des distinctions sexuelles d’une façon pragmatique. Il apparut aux Primitives que la nature dotait les mâles d’un développement musculaire apte aux luttes féroces, tandis que les femelles se voyaient attribuer la capacité d’accumuler des réserves graisseuses, lesquelles 

 

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tout en les préservant des traversées éprouvantes des longues périodes de disette voire de famine, permettaient d’assurer dans de bonnes conditions le renouvellement générationnel. Ainsi le réflexe de la survie de la race valorisa, au sein des premiers groupes de primates, les femelles dont les aptitudes génétiques se constataient visuellement par des membres grassouillets, mais surtout par une poitrine généreuse, et des fesses rebondies.

       Prenez donc la peine de considérer les canons de beauté de la Vénus de Willendorf, et plus près de nous les carnations potelées du maître Rubens. Ces représentations révèlent sur quelles parties féminines s’attachaient, et s’attachent encore, bien que ces parties-là soient de nos jours moins d’exubérante, le subconscient des hominidés mâles qui commande à ceux-ci de faire perdurer la race avec le maximum de chance. Tandis que les hominidés femelles s’appliquaient à considérer la largeur des épaules des mâles qui constituait pour elles en cas de danger un abri constant. Ce réflexe de trouver un abri derrière un congénère plus large que soi, c’est perpétué de génération en génération par les enfants qui naturellement prennent les versos des adultes comme abri. Comme la largeur va avec la taille, on est en droit de se demander comment les Primitifs de petites tailles, bref les petits Cons ont pu perdurer jusqu’à aujourd’hui à moins d’admettre que comme il est mentionné plus haut que les dominés, à la sauvette, après le traditionnel coup de gourdin, et à l’issu du dominant, consommait de ce dernier un peu de son harem privé.

        Cette consommation intempestive d’elles-mêmes par de sournois sous-fifres ne plaisait pas aux victimes défaites mais non résignées, car pour avoir été prises par surprise elles s’imaginaient à juste raison que le dominant leur portant moins d’attention les défendait moins. Et pourquoi s’intéressait-il moins à elles ? Tout simplement parce qu’elles étaient moins belles que leurs consœurs, selon les critères du temps. À partir de cette prise de conscience les Femmes vont s’attacher à rivaliser entre-elles afin de répondre pile poil auxdits critères. Dans cette compétition sans frein les plus imaginatives, celles qui seront en permanence capables de se renouveler en inventant sans cesse de nouvelles références surclasseront  leurs consœurs dans la préférence lubrique du chef. Le premier pas dans le chemin des futilités frivoles venait de s’effectuer, beaucoup plus tard celles-ci s’apprécieront dans le cadre de la mode qui, par le truchement de la confection textile et des accessoires ornementaux,  remodèle les corps et les apparences. Néanmoins dans ce long 

 

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cheminement de la séduction féminine deux  composantes de leur corps, la poitrine et les fesses, seront toujours mises en évidence. Et si nous ne possédons de ces temps antédiluvien nulles reliques de lingeries féminines, parions un gros billet que certaines s’apparentaient à nos aguichantes  guêpières aux balconnets pigeonnants.

     Le décor étant planté et les protagonistes apprêtées, les affaires reproductives pouvaient se dérouler dans les meilleures conditions car il fallait bien la peupler cette fichue planète. Une tache considérable dont les Cons s’acquitteraient avec maestria nous en sommes la preuve vivante, des milliards de preuves vivantes. Pourtant au départ les Cons manquaient singulièrement d‘atouts, ils n’étaient ni franchement des proies ni pleinement des prédateurs. ils appartenaient à une catégorie atypique à qui il manquait le coup de rein pour courser avec succès le moindre lapin et la vivacité dudit lapin pour se préserver de la patte griffue du félin, et à qui il manquait aussi les griffes acérés et prédatrices du lion et les quadriceps des coursiers chevalins pour des accélérations conquérantes. Néanmoins par une généralité empirique on classera proies et prédateurs grâce à l’emplacement des yeux sur le visage, les proies ont les organes visuels plutôt sur les côtés tandis que chez les prédateurs ces attributs sont en façade. Cela dit la nature corse l’affaire en donnant aux prédateurs, aux yeux en façade, des proies qui sont elles-mêmes prédatrices avec de cruels quinquets en devanture, d’ailleurs souvent mutuellement ils s’étripent et deviennent alternativement l’un pour l’autre soit proie soit prédateurs.

     Pour comprendre cette contradiction manifeste il convient de se pencher sur la singularité de cette complexe Nature qui recèle tellement de mystères pour nous, crétins ignorants et prétentieux. Elle nous présente un certain désordre qui n’est qu’apparence, en réalité la Nature attribue à toutes les espèces vivantes un avenir qui perdure et se maintien grâce à une équation impénétrable dont la résultante est un équilibre permanent et continuellement mis à jour pour proposer comme dit le poète : « ordre et beauté ». Enfin d’illustrer ses possibilités de gestionnaire de ce qu’elle produit en son sein, la Nature n’hésita pas une seconde pour se débarrasser de ces fichus dinosaures qui prenaient une place excessive dans l’équilibre universel. En réalité ces dinosaures anciens n’ont pas tout à fait disparu puisque la Nature les contraignit à évoluer, si bien qu’à présent nous contemplons ces dinosaures

 

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sous leur forme d’oiseaux. Malheureusement cette Nature qui ne veut rien révéler de son ordre secret, subira les prétentions d’une majorité de connards qui ambitionneront d’ordonner puis d’administrer leur environnement, en conséquence de quoi ils décideront parmi les éléments vivants lesquels sont utiles lesquels sont nuisibles, ces derniers subiront une guerre destructrice impitoyable et puisque les Cons possèdent pour l’art martial des dons exceptionnels ils ne barguigneront pas à éradiquer les espèces dites inutiles.             

      Fort heureusement, à la fois proies et prédateurs, les Primitifs se plurent à avaler à peu près tout ce qui leur tombait sous les doigts : fruits, fleurs, feuille, tiges, racines, pourritures (ou champignons), pourritures dans lesquelles ils trouvèrent  vers et insectes, et aux alentours des charognes diverses. Bien sur ces expériences culinaires ne se firent pas sans quelques déconvenues mortelles aussi les Cons vicieux prirent cette habitude de faire gouter leurs découvertes aux Cons candides, les pervers se regardaient l’air convenu, chacun pensant : plus cons que moi tu meurs, et c’était bien souvent le cas. Mais la dépouille du naïf se consommait sans façon par toute la tribu ainsi s’accoutumèrent-ils à manger de la chair fraiche avant qu’ils ne découvrissent le feu et mitonnent ladite barbaque, toutefois une tradition perdurera et certains se complairont très longtemps à faire faisander les viandes de toutes espèces.

      Cependant le gout de la viande s’appréciera à tel point que, n’ayant pas toujours un des leurs à dévorer, les Primitifs rechercheront des menus carnés de substitution alors tout ce qui court, nage, ou vole, tremblera, fuira, ou se regimbera, selon ses capacités. Comme à la même époque tous les groupes primitifs opèreraient de façon similaire, pour des raisons de survie lesdits Primitifs avec délectation s’entredéchiraient. Généralement à l’issu de ses batailles les survivants vaincus afin de survivre reconnaissaient leur défaite se soumettaient tandis que les pertes des deux camps étaient cannibalisés sans manière.

      Les survivantes rejoignaient le gynécée après avoir subi, loi de la guerre oblige, quelques furieux coups de rein des vainqueurs, enfin de ceux qui émergeaient de ceux-ci par la force, les moins vigoureux des vainqueurs  attendaient patiemment leur tour, de sorte que les rejetons de ces viols systématiques héritaient d’un capital de robustesse optimum,  outre le fait que le chef des vainqueurs génétiquement le mieux pourvu dans le domaine du 

 

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muscle, sélectionnaient pour son usage immédiat les plus belles des survivantes. Les Femmes des deux camps savaient donc à quoi s’attendre lorsque les hostilités se terminaient, elles passaient toutes à la casserole pour être la prise de guerre par excellence. Elles se préparaient à cette échéance sauf les vieilleries qui pensaient à tort être à l’abri ou qui en habituées s’en fichaient, et les apeurées qui s’illusionnaient d’une planque dérisoire. Les plus malines anticipaient leur avenir, s’informaient sur les gouts des chefs des clans voisins lors des rencontres hasardeuses avec les favorites des clans d’en face, répertoriaient et mémorisaient  toutes leurs préférences intimes.

     Ce réflexe de survie inciteraient d’une façon permanente les Femmes à charmer coute que coute les plus puissants afin d’appartenir à son cercle intime et d’en tirer profit. Pour qu’en ces temps les Femmes plaisent aux cons il fallait que leur anatomie concorde avec l’instinct inconscient de la perpétuation réussie de la race humaine. En conséquence le premier coup d’œil des Cons supérieurs ou subalternes se portait toujours sur le cul de la femme.

 

                                                ANATOMIE

    Ces sphères prodigieuses se devaient d’être mafflues, plantureuses, et lorsqu’elles se mouvaient il fallait qu’un tremblotement bienvenu s’empare de ces fabuleuses rondeurs, de sorte qu’elles laissent imaginer une vie indépendante de ce corps auquel pourtant elles étaient liées. L’opulence de cette partie du corps féminin signifiait pour le cerveau reptilien, ce cerveau de base qui n’a de fonction que celle de la survivance, la réussite de la perpétuation. Un cul généreux révélait d’abord la largeur du bassin apte à porter sans effort un enfant ou même des jumeaux, et ensuite la capacité de faire des réserves de graisse d’où les significatives vibrations.

     Pour attirer les regards concupiscents les Femmes décidées s’appliqueront à gratifier leurs arrondis fessus de moult mouvements provocateurs, étalant ainsi leurs possibilités génitrices. Et même celles dont la nature se dispensait de les doter d’attributs fessiers conséquents se complurent à jouer faussement et avant l’heure les Vénus callipyges. Ces désavantagées déployaient des trésors d’imagination pour ne montrer de cette partie essentielle que le strict minimum afin que les Cons ciblés fantasment sur une réalité qu’ils ne pouvaient que supposer admirable.  Plus tard, beaucoup plus tard, après les 

 

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robes à panier, à crinoline, viendront la chirurgie et les injections, mais personne ne saura plus trop pourquoi il convient que ce bas du dos féminin soit éblouissant, excepté quelques rares esthètes en galbes et autres courbures. Ceux-ci rêveurs s’épancheront sur ces Femmes qui de par le monde dans des iles isolées, où vivent certains groupes d’hominidés venus tardivement à la connerie supérieure, ces femmes diront-ils ont conservé, non sans raison, de leurs devancières de longues dates, des danses traditionnelles, où les fesses enchanteresses, bien que complétement dissimulées, sont, grâce à des déhanchements vifs et rythmés,  valorisées et même provocatrices.

      Ces danses sorties de la nuit des temps envoient un message clair. Toutefois les danseuses d’aujourd’hui mènent le bal, et en théorie choisissent celui qui dirigera ce singulier pas de deux intime qui n’exclura pas la paillardise, alors qu’en ces temps reculés les Femmes ne  cherchaient qu’à être distinguées avec des roueries habiles par le plus important des cons. 

 

       Outre la pulpeuse mappemonde, deux éléments notables finirent, après un long apprentissage sur la manière d’en user, par exciter la concupiscence des Cons. Il s’agit évidemment des seins qui ne se considéraient au début de l’humanité que comme deux bouteillons de chair remplis de lait. Nul auparavant ne s’attardait à flatter ces orgueilleuses excroissances. La beauté courbe et pointue des gorges naissances ou celle épanouie et voluptueuse des gorges confirmées, laissait les Cons totalement indifférents, ils se fichaient de l’esthétique, seule comptait l’utilité de ces singulières mamelles, celles-ci devaient gaver le nourrisson à chacun de ses pompages, point final. Or la connerie n’empêche pas l’observation.

     Il y eut un jour, un Con plus attentif que ses compères, qui de son cerveau tortueux et primaire, scruta méticuleusement puis analysa la scène explicite réalisée sous ses yeux globuleux, il s’agissait d’un allaitement. Le nouveau-né collé au sein de sa mère, sa bouche emplie du téton maternel, semblait atteindre une bienheureuse extase, de même sa nourrice présentait un visage ravi, elle donnait l’impression d’être transportée, loin des contingences rudimentaires,  sur des terres éperdues dont elle seule possédait les clés. Et ce Con parce qu’il est Con ramena cette sublime communion à une simple manœuvre lubrique apte à provoquer de prodigieuses et impudiques érections. Comme ce Con coinçait en cet instant ce qui faisait alors office de bulle, en 

 

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l’occurrence une belle concrétion nasale occupait un de ses doigts. Ce doigt-là trifouillait sa narine et s’acharnait à décoller ladite concrétion du tréfonds de cette cavité. Tandis qu’un autre doigt de l’autre main remplissait une mission toute aussi pénétrante, mais en quelque sorte à l’antipode du premier doigt farfouilleur, car les Cons à leur accoutumé, imitant en cela la race canine domestiquée, aimaient relever de leur orifice rectal le bouquet de leurs effluves.

      Ce Con donc se rendit compte que lui aussi possédait sous sa toison pectorale velue de jolis petits tétons au mitan de ses aréoles basanées. Alors sous la promesse d’un viril coup de gourdin il exigea de son voisin de paillasse qu’il lui lèche le téton, comme celui-ci sortait d’un profond sommeil et hésitait, il reçut en pleine poire le lourd casse-tête que son tarin ne protégea pas des prévisibles dégâts. Il eut la cafetière fissurée en deux parties égales de sorte qu’une fois guérie sa tête primitive ressemblait à un cul, et nul dès lors ne se dispensa de l’appeler : face de cul, voire même face de pet car de sa bouche massacrée il ne s’échappait que des bruits caverneux et pétaradants, et souvent par jeux les compères assenaient au malheureux un nouveau coup de gourdin juste pour qu’il éructe de sa bouche des pets retentissants. Notez que rien de change fondamentalement, et cette tradition comique perdura jusqu’à nos jours puisque un des ressorts des numéros burlesques des clowns consiste à distribuer moult torgnoles à celui qui présente la plus belle tête à claques lequel pour le bonheur du public vocifère d’une façon grotesque sa peu crédible douleur avec fausses larmes à l’appui. 

     L’autre voisin de paillasse n’hésita pas une seconde, et bien avant d’avoir entendu la demande il collait sa bouche sur le téton de son collègue afin de réaliser avec sa langue de délicates caresses, infiniment douces, car la menace de l’assommoir interdisait le moindre ratage. Dans l’obscurité se disait-il et comme tous ronflaient, personne ne verrait son asservissement. Ce geste, pas vu pas pris, ne l’engageait pas sur le chemin distingué des jaquettes flottantes, en somme il ne s’agissait que d’une minauderie entre bons camarades, qui bien sur pouvaient sans retenue aimer les ris de veau à l’ancienne mais sans que le mignotage soit de rigueur.

     Et il advint que le suçoté du téton, taquiné de la sorte, éprouvât une puissante rigidité du bâton viril, une dureté extrême dont profita à son corps défendant l’habile et improvisé lécheur. Quelle remarquable trouvaille pensait

 

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le connard aux mamelons durcis que d’être mis en plaisante condition par une action aussi simple que le léchage, tandis qu’il besognait hardiment par de furieux coup de rein son assistant de hasard dans cette exploration du plaisir. Car par son talent d’observateur le Con scrutateur venait de découvrir un des préliminaires, les autres ne manqueraient pas de suivre. À partir de cet instant il conviendrait de se comporter en esthète dans le domaine voluptueux, si tant est qu’on en ait le temps parce que, sauf pour le roi des Cons, la multitude demeurerait longtemps encore soumise à moult impondérables minutés.

      Néanmoins les seins féminins seront dorénavant sublimés, et ils devront répondre eux aussi à des critères intransigeants de beauté. Dès lors fini les mamelles flapies, les tétasses tombantes, les roberts avachis, les nichons flagadas, il fallait à présent à ces seins : un maintien altier, une présentation orgueilleuse, une attitude arrogante, et même une allure présomptueuse. Or les seins, soumis très vite à cette tâche utile d’empiffrer les futures générations connardières, tendaient fâcheusement à prendre l’apparence de cougourdes défraichies et flasques avec une tendance marquée à l’avachissement, donc complétement l’inverse de ce que les Cons, avec leur esprit reptilien axé uniquement sur la survivance de l’espèce, exigeaient. Après de nombreuses années de cogitations les Cons définiront les canons esthétiques, et non moins essentiels pour l’avenir de la race, de la poitrine féminine, qui grosso modo devait être généreuse et ferme, avec une courbure idéale d’un quart de cercle, soutenant et permettant aux mamelons de pointer le ciel. La beauté des seins ainsi définie, signifiait, et au premier coup d’œil, aux soucieux du problème de la perpétuation, l’aptitude de ces organes nourriciers à une production laitière satisfaisante sinon surabondante.

       Les Primitives valablement fessues et convenablement mamellées bénéficiaient d’un préjugé favorable pour assurer l’avenir des cons, et les bras du plus important de ceux-ci s’ouvraient à elles. Avec la conformité de leur anatomie aux idées qui se fixaient et qui deviendrait pour les obsédés des idées fixes, les Primitives gagnaient la considération et recueillaient l’espérance du clan, et avec de l’adresse elles se réservaient la possibilité d’influencer les décisions majeures dudit clan. Toutefois, outre la difficulté aux seins d’être tout à la fois lourds, massifs, saillants, et pointus, il était des Primitives qui mal dotées par la nature ne parvenaient pas à obtenir les formes requises, il fallait donc que ces mauvaisement conformées, tout comme celles qui voyaient leurs 

 

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atouts se faner, cherchent et trouvent, comme cela avait été le cas pour les fesses, le moyen de laisser supposer aux Cons que leur gorge exceptionnelle valait la peine d’être découverte. Justement avant de découvrir il fallait recouvrir, ou de plutôt dissimuler partiellement le buste en valorisant les seins, et nous pouvons parier une mise élevée que bien avant que ne s’inventent les corsets, corsages, et soutiens gorges et que ne se profilent les améliorations chirurgicales, les Primitives des premiers jours à n’en pas douter se  constituèrent toute une panoplie pour susciter chez les Cons, grâce à des dissimulations étudiées, des envies lubriques. D’autant qu’ils savaient pour l’avoir expérimenté entre mecs dans des séances de léchages complices à quel degré d’incandescence s’élevait la libido du léché par cet acte innocent. Ainsi les Primitives, confirmant ce qu’imaginait les Cons à leur endroit à savoir cette possibilité qu’elles avaient de perdre la tête par d’habiles coups de languette sur le téton,  cachaient ordinairement cette zone érogène constituée par le mamelon et son aréole. Sauf quelques cas particuliers tel les tableaux représentant Diane de Poitiers au bain et celui d’Agnès Sorel jouant la vierge allaitante, des cas entre tant d’autres qui sous des prétextes fallacieux exposent les détails crus d’anatomies superbes dont ces exhibitionnistes délurées avaient pleine conscience, des cas admirables qui, sous des apparents motifs artistiques, ne servent en réalité qu’à provoquer le ravissement érectile sinon bandouillant  des Cons.   

    

                                              DISSENSION

     À tout bien considérer toutes ces expositions partielles rarement totales, ou alors dans un clair-obscur complice ou bien encore sous un voile vaporeux, de chair féminine, toutes ces élaborations alambiquées de parfums et de fards,  poursuivaient en vérité, malgré quelques désagréments, un seul but unique et admirable, celui de la conquête planétaire. Or ce sublime objectif passait sans détour et trivialement par l’aventure fornicatrice. Mais le propre de l’homme, il en est fait mention plus haut dans ce texte, se caractérise par son aptitude à vouloir toujours combattre son congénère, à déclarer la guerre à tout ce qui l’entoure. Et cela dès le début de l’aventure humaine, ce qui donnait à penser que cette aventure risquait de tourner court.

      Petit rappel : Dieu courroucé que ses Créatures lui désobéissent, la manipulatrice Ève, instruite par la sournoise vipère, avait incité Adam à 

 

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consommer la fameuse pomme, Dieu chassa ses Créatures du paradis. Ève et Adam expulsés sans délai ni préavis se retrouvèrent à la rue comme des clodos, ou plus précisément dans une sordide mouscaille dont nous apprécions encore de nos jours l’ampleur. La seule échappatoire qui permettait au couple de s’évader de cette triste réalité, consistait à pratiquer des coïts insensés car quasi-permanents sans tenir compte de la saison propice des amours. Il faut également admettre sur ce point la deuxième caractéristique humaine, ce propre de l’homme en second position qui consiste à s’accoupler le jour, la nuit, le matin, le soir, l’été, l’hiver, debout, et couché. Attitude quasi-unique dans le monde de la faune et même dans toute la biodiversité planétaire. 

     Et il advint que le couple Eve-Adam eut une multitude d’enfants dont l’histoire officielle retint les noms d’Abel et de Caïn parce qu’ils furent les premiers à se mettre copieux sur la gueule à la suite d’une sombre affaire de préférence divine qui ne tient pas la route.

       Imaginer que parmi les grands desseins de Dieu puissent prendre place de ridicules mesquineries telle que le favoritisme, serait dévaloriser sinon blasphémer le saint Nom. Alors l’abjecte réalité nous saute aux yeux et s’impose, constatons que ce gout de batailler prend dans notre génome une place prépondérante qui oblitère grandement tous nos sentiments nobles qui se voient ridiculisés par l’expression : cucul-la-praline.

     Caïn et Abel étaient les premiers enfants d’une fratrie considérable, ils appartenaient à quelques mois près à la même génération. Comme il est fréquent en pareil cas les deux frères dès l’enfance se querellaient souvent, comme leur mère et père les obligeaient à se réconcilier bien avant qu’ils n’épuisent les motifs des disputes, cette contrainte laissait leurs guéguerres non-abouties dans une sorte de prurit en germination, et frustraient leurs légitimes envies de se raccommoder par un traité bien senti après de furieuses mêlées. De ces inachèvements découlèrent d’aigres rancœurs avant d’aboutir à des rancunes tenaces puis des haines inextricables.

      Voilà comment la toute première guerre du monde s’enclencha et fixa le processus des éclosions conflictuelles futures.  Il faut trois éléments pour qu’une guerre advienne : d’abord un ennemi, ensuite un motif, et pour aboutir un évènement déclencheur. Dans le cas Abel-Caïn leur face à face tourna vite au pugilat enfantin, et s’ils n’étaient pas encore ennemis ils étaient bel et bien concurrents pour des broutilles puériles. Or les interventions 

 

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malvenues des parents qui croyaient bien faire, à cette époque les manuels de Laurence Pernoud sur l’élevage des chiards n’avaient pas encore été rédigés, aboutirent à envenimer les moches désaccords de mioches. Ainsi en grandissant et murissant Abel et Caïn devinrent ennemis avec un stock de motifs à régler dès que possible mais pour accélérer le règlement  il fallait un déclencheur. Or des déclics, avec une once de mauvaise foi,  il s’en trouve des brouettés sitôt l’envie d’en découdre se révèle, généralement on préfère toujours attendre d’être le plus fort avant d’agir.

      Dans l’affaire qui nous préoccupe, le dossier mentionne juste que Caïn trucide Abel sans donner plus de détail sur ce meurtre primitif, cela est bien mince pour cet évènement historique majeur. En réalité Caïn n’admettait pas que son droit d’ainé de fratrie fût contesté par son cadet Abel de plus ce dernier engageait les parents à prendre parti contre lui par des pleurnicheries simulées. Dès lors Caïn usa sa patience jusqu’à son âge adulte remâchant tous ses ressentiments envenimés par les années passées. En vérité sa sève virile lui remontait au larynx et formait à ce niveau deux belles boules de rogne. Or un jour sacré, après la remise de régulières offrandes au Divin Créateur, sur le chemin du retour la conversation s’envenima, la guerre éclata, elle fit deux victimes : un mort et un désespéré qui toute sa chienne de vie radota que la guerre est une horreur dégueulasse. Malheureusement ce propos n’ayant pas eu d’écho, les Cons parsemèrent leur chemin d’immondes carnages, massacres, et autres exterminations. 

 

        Ce gout de la guerre qui accapare l’esprit des Cons, explique l’appétit inextinguible de ceux-ci pour la fornication, car tel un axiome s’impose cette lapalissade qu’il convient de forniquer pour avoir des guerriers. De plus l’action fornicatrice ne nécessite pas un très long apprentissage, le geste se concrétise par la répétition d’un mouvement simple et finalement à la portée du premier crétin venu. Et justement rien n’empêchait un esprit étroit, euphémisme de con obtus, d’entrer dans la lice des joutes sensuelles. Il suffisait que ce con achevé impose au sein du clan sa brutalité afin que ses rejetons héritent de cette férocité si utile dans les combats. Cela explique que, d’une façon générale, ce soit les Cons les plus incultes, ceux pour qui la rhétorique ne vaut pas un pet de lapin, mais néanmoins les plus rusés et les plus méchants qui deviennent les rois de cette confrérie. Ces Primitifs, appelés à escalader au fil 

 

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des générations la pente ardue de la connerie, réaliseraient la prouesse d’améliorer notre grossière stupidité, ce caractère fondamental de notre espèce avec une méconnaissance totale de la sélection génétique, accentuant au passage cette spécificité de notre espèce grâce au ressort de la violence, cette violence étant en quelque sorte la génitrice des boutefeux et des conflits.

      Cependant si les Primitives produisaient des cons encore plus cons à chaque nouvelle génération, elles accouchaient aussi, et en nombre à peu près équivalent, d’éléments féminins. Il est montré plus haut dans ce texte que les Femmes pour palier à leur déficience physique durent entrainer leurs neurones jusqu’à la première division fédérale, voire nationale, des compétences afin qu’ils réfléchissent valablement, et ce gène du discernement associé à celui du pragmatisme s’héritera également et s’affinera au fil des renouvellements générationnels des Primitives. Ces dernières abandonneront vite leur état d’incultes, en secret et en cachette des cons matures qui leur imposeront longtemps encore leur absolu pouvoir, et malgré leurs efforts pour amender l’esprit malléable des jeunes cons, ceux-ci hélas ne s’appliquaient pas, ou peu, dans cette voix, pire en grandissant ils donnaient dare-dare dans la connerie virile.

           Car les Primitifs dès leur enfance, conditionnés par les adultes, devaient considérer l’inéluctabilité de la guerre. Les enfants du présent devaient apprendre que les guerres futures abonderaient. En prévision des hostilités inéluctables les adultes mâles assujettiraient, de gré ou plus souvent de force, les génitrices potentielles afin qu’elles produisent moult couvées dans lesquelles si faire se peut une multitude de morpions couillus. La guerre et le rut, tout comme la poule et l’œuf, sont indissociables. De plus les Primitifs estimant que la procréation absorbait très peu de leur temps n’hésitaient à se massacrer gaiement. Gaiement effectivement, car n’oublions jamais que juste avant la boucherie de 14-18 certains stratèges affirmaient que la conflagration serait courte, fraiche, et joyeuse. Certes ces stratèges ont rarement vérifié de visu la fraiche joyeuseté qui régnait dans les replis obscurs et boueux sinon merdeux des terribles tranchées.  

 

     En revanche les Primitives qui connaissaient les affres des guerres, et les difficultés de la transmission de la vie, de l’assaut initial à la délivrance finale, ou du viol au déchirement, pensaient différemment, dans leur tête germaient 

 

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des idées de longues périodes de tranquillité sinon de paix, car bien sûr elles réalisaient que le rêve d’une société pacifique peuplée de bons bougres bienveillants demeurerait pendant de belles lurettes dans le carton de l’utopie lui-même posé sur l’étagère inaccessible de la chimère.

        Si au moins pendant quelques années, voire une décennie, le calme et la sérénité avaient pu percées ces cieux incléments, les Primitives eussent construit une société mieux policée plus civilisée. Une société où au lieu de forniquer à la sauvette sans que la gente féminine ne collectionne des plaies et des bosses, advienne une société où la population mâle concède à l’acte de chair une application langoureuse qui se prolonge depuis la galanterie préalable jusqu’au bouquet final sans omettre l’étape des délicats préliminaires. Or ce programme  nécessitait un apprentissage attentionné que les Primitives eussent pu entreprendre avec du temps, elles eussent alors dégrossi ces rustauds pour en faire des amants attentifs. Cette étude singulière réclamait de la patience que consentent les longs répits, or les conditions infernales dues à la faune sauvage agressive, dues aussi et essentiellement aux caractères guerriers des Cons cruels, ne l’autorisaient pas.

 

                                            PROMPTITUDE

     Très tôt dans leur histoire les Primitifs, bousculés par des circonstances défavorables, accordèrent aux étreintes des saisissements vifs et brefs, de sorte que l’éjaculation précoce devint la règle avant que cette habitude s’incorpore dans le mâle patrimoine génétique. Le rare avantage que tiraient les Primitives de ces hâtifs déchargements, provenait, juste conséquence, de la promptitude des étreintes qu’elles subissaient contre leur gré. Malheureusement pour elles lorsqu’elles appartenaient au clan vaincu, le nombre des coïts supprimait ce mince avantage de la brièveté desdits coïts, bref la grande quantité remplaçait la mince qualité. À contrario même si elles appartenaient au clan vainqueur elles savaient à quoi s’attendre les soirs de victoires à l’issu des franches ripailles où les Cons donnaient libre cours à leur turpitude et ressassaient les exploits de leurs lances vaillantes pourfendant les ennemies aux fesses bien fendues. Et ces Cons-là nuitamment se dispensant de toutes autorisations cumuleraient à leur endroit  vitesse et précipitations.        

     Ils devaient tous baisers rapidement y compris le chef des cons qui voulaient démontrer à ses affidés sa puissance en forniquant à la chaine toutes les 

 

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femelles du clan, pratiquant avant l’heure une sorte de taylorisme, puisqu’en agissant ainsi il organisait rationnellement son emploi du temps duquel il libérait une petite période pour son roupillon quotidien. Cependant comme il bâclait ses hommages en deux temps et trois mouvements et comme d’autre part il était en tant que chef le modèle à suivre, tous les mâles, dès qu’une ouverture se présentait ou qu’une possibilité de conclure se produisait, se conformaient à cette norme régulièrement admise. D’ailleurs  tous les Cons des niveaux inférieurs subissaient le revers de des abstinences forcées, et lorsque devant eux déambulaient des tendrons aux formes généreuses des poussées ardentes de désir hérissaient leurs braquemarts lesquels conditionnés par des appétits incontrôlables déversaient maintes fois la liqueur d’amour bien avant d’avoir pu pénétrer la  porte sublime.

     De plus les Cons abstèmes pour pimenter leurs manipulations solitaires organisaient entre eux des concours de vitesse et généralement ils tournaient en ridicule ceux qui lambinaient cette affaire. Mais comme ces abstinents forcés étaient entre eux beaux joueurs ils s’accordaient des revanches souvent même afin de tuer l’ennui ils allaient jusqu’à organiser des championnats de branlettes et il advenait fréquemment que les finalistes agitassent à n’en plus finir des espèces de molles guimauves qui ne voulussent pas même postillonner. Ces jeux de cons, appelés à perdurer jusqu’à nos jours, améliorèrent n’en doutons pas les singularités de la tare de l’éjaculation précoce, une altération dont bénéficie l’ensemble de notre généralité masculine et sur laquelle se penchent avec une boulimie excessive, parce que ce travers est l’essentiel de leur fonds de commerce, les sexologues de tout poil, des poils essentiellement pubiens. Ces pseudo-spécialistes des zigounettes hâtives ne se prononceront jamais sur ce processus historique qui est véritablement la cause de cette conséquence agaçante, leurs recherches s’orienteront vers des motifs discutables qui culpabiliseront les patients à tous les coups, d’autant que ceux-ci notoirement influencés par un cinéma de genre, et par les visions apocalyptiques  des performances d’acteurs pornographiques dans la maitrise de leur art, renforceront leur culpabilité en comparant leur mince attirail avec ces fiers-à-bras priapique, n’imaginant pas que leurs prouesses hardies ne tiennent qu’assistées d’apothicaireries de bas étages. De plus ces œuvres particulières servent de contre-modèle puisque le défilé de ces images montre plus de violence que d’amour. Les visages des protagonistes 

 

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prennent le plus souvent des expressions de frénésies rageuses que celles de ravissements sinon d’extases. D’ailleurs ces grimaces de forcenés rappellent celles de leurs devanciers Primitifs qui avant de s’affronter se provoquaient par des séries de mimiques terribles.

 

                                                ÉLÉVATION

     Chasser le naturel il revient au galop : la guerre est le propre de l’homme sauf exception. Car outre les Femmes, l’idée de la paix touchait aussi, certes en nombre restreint, des Primitifs dont les aptitudes se différenciaient de celles communément admises. Pour des raisons physiques d’abord, il advenait à des guerriers vainqueurs de revenir des combats mortifiés dans leur chair, mais aussi  par des caractéristiques innées ou apprises et retenues. Cependant, ces infirmes de guerre rendus automatiquement à la paix, ces enfantés pacifistes de nature, et ces enfants conditionnés par les mères aux rapports paisibles, ultra-minoritaires dans leurs clans se pliaient à la pensée unique qui imposait à tous l’amour de la guerre.  Alors ces pacifistes de tout crin contrariaient leur nature et pour la plupart partait, ou pour les blessés tant bien que mal remis repartaient, sur les théâtres d’opérations.

     Pourtant il en fut des rares parmi les rares qui sous des prétextes fallacieux, tel qu’assurer la protection des femelles, parvinrent à s’embusquer. Et d’autres encore que l’on exempta en considération : de leur adresse manuelle pour fabriquer des armes nouvelles et donc plus meurtrières, ou de leur dextérité pour réduire les fractures et cautériser les plaies, ou bien de leur virtuosité artistique en matière de fresques pariétales, celles-ci subjuguait les plus grossiers et parfois elles élevaient leur âme. À la vérité les Primitifs ignoraient ce que nous nommons l’âme humaine, pourtant dans leur for intérieur quelque chose les tarabustait, par exemple à la différence des animaux comme les ours ces rustauds qui s’étrillaient le troufignon avec un saillant d’une roche peinte de la grotte qu’ils s’appropriaient en lésant ces infortunés Primitifs lesquels tout le temps de leur occupation s’étaient appliqués à considérer avec respect ces œuvres murales. Car d’elles émanait quelque chose d’indéfinissable qui les captivait, et pour preuve tous se dispensaient du moindre grognement, ils passaient devant ces œuvres recueillis et admiratifs, parce qu’elles remuaient en eux des pensées inexprimables.  

 

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      En réalité les Primitifs, devant ces représentations essentiellement animalières, se projetaient déjà sur les terrains de chasse où ils espéraient une faune giboyeuse aussi abondante que les peintures le promettaient. Alors il se passa un évènement crucial dans le cerveau des Primitifs, ils conçurent l’Espérance au sens religieux du terme mais de là à dire qu’ils se mirent à prier sur l’instant les rotules à terre il ne faut pas pousser mémé dans les orties. Pourtant le germe de la Croyance en quelque chose de supérieur venait de se planter dans les têtes poilues et hirsutes de nos devanciers, bien que par certain côté la superstition ne s’excluait pas de cette graine mystique. Bien au contrainte comme nos devanciers ne savaient pas précisément à quelle Puissance ils obéissaient, ils cogitèrent jusqu’à en attraper des céphalées épouvantable, certains parmi les plus sensibles, et souvent c’étaient les Primitives, entrèrent dans des transes effroyables qui amenaient ses victimes à des fulgurances insensées, desquelles ceux qui s’attribuaient des dons médiumniques  tiraient des enseignements assurés pour l’avenir du clan.

      Il se posa alors la question de savoir comment distinguer les vrais prophètes des sournois sorciers, ceux qui recevaient une authentique Illumination de ceux qu’une inspiration maline pénétrait, le Malin se plait à pénétrer tout ce qui passe à sa portée. Comme d’habitude dans ce domaine sensible, à l’exemple des autres problèmes résolus la technique éprouvée de l’empirisme, cette science du hasard vint au secours de nos lointains aïeux. Ils tâtonnèrent des siècles et des millénaires, ils élaborèrent en partant de rien et sans l’aide d’un génial ou hypothétique Très-Haut quelques théories vaseuses d’abord, et ensuite des théologies s’imposèrent, elles étaient variées et originales et les divers groupes, qui constitueraient au fil du temps des peuplades, les adopteraient comme vérité établie, ou plutôt les accepteraient avec la crainte des foudres divines portées avec vigueur par les gardiens et autres grands prêtres du temple, tous ces pontifes qui du fer rouge au bucher savait convaincre les plus tièdes.

        Mais avant d’en arriver à ce stade, il allait se produire un incident originel qu’aucun Primitif ne cocherait sur un calendrier qui n’existait pas encore ou peut-être existant et qu’un jour heureux le hasard nous révèlera gravé sur la paroi d’une grotte inconnue. De cet incident découlerait la fameuse alliance du sabre et du goupillon. En principe le personnage le plus costaud mais aussi le plus frustre, bref le plus con, s’emparait des rênes du pouvoir et imposait ses 

 

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volontés. Or dans un recoin de la crotte se repérait une présence singulière qui attirait sur lui toutes les attentions, ce type possédait sans le vouloir, et par un aléa de la nature, une force morale qui se nomme autorité. Et s’il n’ambitionnait ni la responsabilité ni la place du chef, son emprise lui permit de gravir les échelons jusqu’à s’enhardir à conseiller et même à influencer les chefs successifs du groupe. Ce bougre devint l’éminence grise du groupe, le seul à qui tous reconnaissaient sinon de l’intelligence parce que ces braves Cons ne définissaient pas encore ce mot abstrait mais du moins une sorte de sagesse qu’il leur prouvait par ses analyses pleines de justesse sur les situations qu’ils affrontaient.

      Avec le temps, tombant dans la facilité, ce bougre se complairait à devenir une espèce d’oracle, plus exactement ce type attrapant la grosse tête s’attribuerait ce rôle d’oracle et persuaderait ses compagnons qu’il est l’intermédiaire entre eux et les puissances occultes. D’ailleurs quand les clans s’étofferont, dans le sein de ces multiples clans ces premiers intercesseurs des forces invisibles choisiront et formeront un ou plusieurs arpettes, ceux-ci une fois instruits suggéreront à ces ministres des ténèbres de nouveaux pontifes, ainsi une caste bien réglée se multiplierait et constituerait, en se cooptant les uns par les autres, un redoutable cénacle. Mais le fin du fin adviendrait quand cette assemblée religieuse attribuerait au roi des Cons une filiation divine, et comme eux seuls connaissaient ces chemins surnaturels conduisant du roi au suprême Architecte ils acquirent un poids considérable. Ils maniaient à leur gré l’ostracisme et l’excommunication, sauf que quelquefois le roi, ou plus souvent le futur roi, par le truchement d’assommoirs rudimentaires fracassait les clapets verbeux des prédicants les plus vindicatifs ce qui calmaient les autres qui d’un seul mouvement se rangeaient derrière l’ambitieux en lui constituant un arbre généalogique en bronze remontant jusqu’à Adam et Ève et même plus haut jusqu’au Très-Haut. Mais d’une façon générale l’alliance du sabre et du goupillon, en se faisant mutuellement des concessions, dureraient sous toutes les latitudes plusieurs millénaires, puisque il nous est encore donné de voir des ecclésiastiques oindre abondamment des roitelets à fanfreluches le jour de leur sacre, et par courtoisie je ne nommerais personne. À noter que le roitelet est un petit oiseau mignon et discret qui ne mérite pas de voir sa dénomination dévalorisée. 

 

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       Néanmoins ces espèces de devins, ou mieux d’enchanteurs de l’âme, une âme ignorée qu’ils venaient de révéler urbi et orbi à tous les Primitifs nés et à naitre, grâce à leur autorité de moins en moins contestée règlementeraient en l’organisant la vie sociale de toutes les communautés Primitives. Et de même que, par leur volonté, les souverains étaient d’essence divine, les règlementations qu’ils prescriraient, proviendraient aussi et selon leur gré de cette source divine. Alors pour les récalcitrants qui douteraient du caractère sacré des commandements qu’ils édictaient, outre les menaces abstraites et de peu de poids pour ces mécréants d’un au-delà infernal, ils exhortaient les souverains à châtier par des tourments adéquats et exemplaires, toute cette racaille d’insoumis et d’indisciplinés. Généralement pour joindre l’utile et l’agréable, la leçon et la distraction, le frondeur se voyait proprement empalé, il assurait à tout le clan un moment joyeux, surtout quand il ruait, agitant bras et jambes, après avoir été assis sur ce siège inconfortable, non sans mal car ce mauvais diable, sous les hourras de la populace, se débattait, mordait, et crachait bien vainement. Mais la mort saisissait trop rapidement le supplicié au gout de ces sales Cons, lesquels raffineront les persécutions afin qu’elles durent plusieurs jours pour que tous ceux que la sédition tente,  profitent de ces leçons dissuasives et pénétrantes.       

 

                                              EDUCATION

       Pour comprendre l’évolution des moyens d’expression des Primitifs il faut mettre celle-ci en parallèle avec notre progression personnelle. Dès notre naissance  nous commençons par nous exprimer par des cris, des larmes, et des mimiques, viendra ensuite la parole. Certains s’en tiendront à cet acquis, d’autres s’obligeront et s’opiniâtreront  à des enseignements constants et à des exercices réguliers, ils acquerront d’abord des rudiments du dessin, puis ensuite et simultanément de l’écriture et de la lecture, enfin et de concert les bases des mathématiques et de la musique, cette musique qui permet l’éloquence chantée ou parlée déterminant le très utile art oratoire. Ces matières sont les fondations d’un esprit équilibré, elles ouvrent toutes les fenêtres sur tous les horizons possibles notamment celui de la séduction et de l’ascendance sur les foules.

     L’efficacité du charme d’une voix bien posée aboutira toujours à l’envoutement d’un public que les variations d’intensité de cette voix 

 

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accrocheuse fascinent. La séduction passe généralement par l’oreille, très sensible aux vibrations l’oreille captera d’abord le son ravissant émis par un chanteur ou chanteuse et guidera ce son jusqu’au cœur ou l’âme de l’auditeur. Tandis que cette même oreille s’arrêtera sur les intonations sonores d’un orateur, d’une comédienne, et d’autres membres de cette confédération vocale, et portera ces accents particuliers jusqu’au cerveau de l’auditeur. Il apparait donc que la qualité du timbre d’une voix détermine ou non son succès, nous sommes ici dans le domaine de la qualité expressive, et cette qualité exposera une quantité pratiquement infinie, de concept, de sentiment, de proposition, de principe, et déjà perce l’idéologie politique avec ses inénarrables « y-a-qu’a et y-faut-qu’on », et en la matière, les braves faux Cons se feront toujours berner par les vrais méchants Cons et leurs diatribes aux accents imparables de sincérité et de conviction.             

      Auparavant les Primitifs passèrent par l’épreuve des grognements et des grimaces avant de codifier quelques expressions pour obtenir un langage compréhensif, et les premiers marabouts comprirent l’intérêt qu’il y avait de se transmettre par la parole leurs expériences et expérimentations. Une parole, une oreille, une mémoire, telles furent, et sont encore pour un nombre important de gens, les clés de voute des sociétés. Sauf que ce processus s’interrompait moult fois brutalement lorsque par exemple un clan étripait le clan voisin et mettait en pièces façon puzzle tous ses individus y compris les gardiens des maigres connaissances. Or globalement seuls les éléments féminins survivaient en nombre et se désolaient de la perte de cette mémoire collective outre la contrariété des rugueux  assauts libidineux à subir par des Cons grossiers mais vainqueurs.

      Il flotta alors au-dessus des têtes des pseudo-devins et des Femmes une idée nouvelle qui satisfaisait, outre certains besoins spécifiques, la sérénité des premiers et la tranquillité des secondes. Les Femmes aspiraient par nature à la quiétude, elles firent remonter ce vœu pieux justement à cette caste qui s’occupait de la piété afin qu’ils fassent jouer leurs relations surnaturelles dans ce sens pacifique. Avec quelques règles simples, tirées de derrière les fagots sinon du buisson ardent, l’ardeur guerrière eut pu se canaliser pour l’agrément de tous.  De leur côté les pseudo-devins n’avaient pas renoncé à dégourdir ce gourdin printanier qui, tout empli de sève, proéminait outrageusement. La concordance des souhaits inspira cette idée de dédier aux dieux ou au Divin des 

 

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jeunes femmes qui n’avaient pas encore « dansé le branle du loup », expression élégante du passé qui désignait les partouzardes. Les devins imaginaient par ce biais se constituer un gynécée point trop abimé, ils ne désiraient pas que le chef leur refile toutes les vieilleries du clan. Ils surent les convaincre que les dieux ordonnaient qu’on fît venir à eux de fraiches jeunes filles pures. « Oui !, s’exclama l’un d’eux en faisant un lapsus révélateur car à la place du mot : divins, la bave aux commissures, des fourmis dans des doigts fébriles  il cria : les devins aiment la belle jeunesse aux fesses rebondies et aux tétonspointus».                                                                                             

          Toutefois il arrivait des périodes où les devins, les sorciers, les magiciens, les marabouts, et tous les bougres de cet acabit, ne puissent pas profiter pleinement de leur sinécure, lorsque par exemple la nourriture, à cause des conditions climatiques, faisait faute, et qu’il se ressentait dans leur cénacle le manque cruel de ne plus se repaitre en s’en faire péter la sous-ventrière. Dans ces cas extrêmes ces éminents bougres des Cons soumis, conditionnaient ces derniers afin qu’avec leurs copieuses bénédictions et les soutiens des esprits invisibles ils partent en guerre sainte se livrer à quelques voleries sanguinaires sur les peuplades repues qui de plus se fichaient ouvertement de leur gueule, ajoutant que leur dieux ne valaient pas  tripette, chipette, et pipette, des injures qu’ils articulaient avec des mots plus orduriers que la bienséance réprime.

      La tendance naturelle des groupes de Primitifs consistait à s’approprier un territoire vierge et giboyeux, à le défendre contre des congénères envieux, à l’agrandir aux dépens des congénères faiblards, et à englober dans le groupe les survivants dominés quitte à en faire provisoirement des esclaves jusqu’à ce que leur subordination soit franche et avérée. Sauf que ce flux de mâles gaillards et anciennement ennemis s’incorporant dans le groupe des vainqueurs posait tout de même un sérieux problème. N’introduisait-on pas au sein du clan une sorte de cinquième colonne composée d’éléments hostiles ressassant sournoisement leurs rancœurs, et capables lors de prochaines guerres de changer de camp en pleine bataille afin d’assouvir leur désir de vengeance. Longtemps le clan d’accueil assuma ce risque dans la mesure où les prises de guerres se limitaient à un nombre réduit d’individus. Lors après une période de purgatoire l’assimilation se réglait sans dommage, parfois même les nouveaux venus enrichissaient le clan d’accueil de leur maigre savoir.

 

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      Il en alla autrement lorsque les groupes se densifièrent et que le nombre des captures s’élevèrent en proportion. Il fallut donc trouver des mesures préventives et se fut le cénacle de l’omnipotence morale, clairement les prêtres qui se chargèrent de solutionner cette affaire. Bien sûr dans un premier temps le cercle vertueux rallongea d’une façon indéterminée le temps d’esclavage, laissant cependant espérer des libérations au mérite, mais ceux que ces vieilles barbes repéraient pour être des têtes dures étaient bonnement exterminés. Toutefois il convenait de mettre des formes à ces massacres, et ces sacrés Cons eurent cette idée magistrale de présenter ces immolations comme des offrandes dédiées aux dieux, au soleil, à la lune, bref à des puissances essentielles pour arranger des bidons mal-en-point. Et on sacrifia à tour de bras, en réservant une matinée exprès à ce service, dans un lieu aménagé exprès à cet usage, en organisant un rituel qui rassemble la populace  devenu au fil du temps avide de ces spectaculaires exercices de cohésion sociétale.

     Néanmoins malgré ce plan bien établi, il advenait quelquefois que, les esclaves n’étant pas de bois, les captifs forçassent les nymphettes de leurs hébergeurs du hasard, et même sacrilège, les vestales consacrées aux êtres supérieurs, d’ailleurs ce dévouement aux dieux faisait fantasmer les libres et les prisonniers, imaginant que les dits-dieux leur apprenaient des choses voluptueuses, des obscénités bien crues bien poivrées. Ces façons paillardes se produisaient d’une part parce que les polissonnes désiraient consommer leur part d’exotisme et d’autre part parce que le temps allégeait les contraintes de l’asservissement, consentait plus de liberté aux invités forcés, et leur reconnaissait un place quasi-officielle dans le clan. Pourtant ces inconvenances fâchèrent les autorités pensant que ceux à qui il n’était pas donner le droit de forniquer à fesses rabattues, devaient calmer leurs crampes par de solitaires étirements bien connus, et surtout ne pas répandre à tout vent leur semence de vaincu et vicier les futures lignées.

     Après de longues polémiques touchant les fonctions corporelles et mentales  utiles au groupe, les autorités compétentes convinrent de ne pas se priver des talents avérés des semi-captifs mais de cantonner lesdits talents exclusivement dans leur domaine, or le domaine reproductif leur étant interdit, dès lors  il fut d’usage d’adopter une méthode radicale de stérilisation en bouturant les pendentifs et les bijoux de famille, des ayant non-droits à la fornication. Cette recette incisive décida une large partie de la mâle population inférieure à se 

 

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consacrer hardiment et jusqu’à la mort à l’aventure guerrière où le culbutage des belles ennemies devenait plus qu’une tradition, disons un glorieux devoir, mais cette mâle population se gardait bien de ne pas respecter au sein de sa propre communauté les édits sur la copulation.

     Certes il adviendra un jour lointain lorsque la communauté atteindra une densification importante, les souverains des diverses strates feront valoir leur droit de cuissage que d’une façon informelle en glissant une cuisse dans le lit nuptial juste avant que le couple de subalternes ne se livre à de réguliers et légaux débordements salaces.

     Pour information lorsque l’oncle d’Héloïse, un chanoine, décida de faire émasculer Abélard ce n’est pas à cause de la situation monastique de ce dernier, car les pontes de la religion venaient tout juste d’interdire la tringlette à tous les moinillons et autres religieux. Cependant il subsistera pendant quelques siècles encore une certaine tolérance vis-à-vis de cette nouvelle loi. Abélard a été émasculé tout simplement et tout violemment parce qu’il lui manquait l’autorisation hiérarchique de faire œuvre de chair avec sa bien-aimée.

         Toutefois malgré cette pratique de castrer son semblable pour l’évidente  et instinctive raison eugénique, d’ailleurs la castration se pratiquera sous toutes les latitudes et dans toutes les civilisations à seule fin, mobile principal, d’améliorer la race humaine ou plutôt d’élever la connerie à un point culminant, presque à un point de non-retour, même si d’autres raisons  tel que la surveillance des girondes diablesses aux formes potelées du harem ou bien la pureté de la voix des chanteurs castrés s’adjoindront au motif premier de dénier la fornication aux rebutés sociaux déclarés inférieurs. Il adviendra que les groupes, les clans, les tribus, disséminés sur toute la planète, se transformeront au fil des affrontements en hordes et en peuplades, appelées à se densifier par cette logique loi du plus fort qui soumet et contraint les plus faibles. Cet accroissement des populations imposerait l’établissement de règles intangibles sinon sacrées, or qui mieux que les devins possédaient les capacités d’organiser ces embryons de sociétés, eux qui détenaient cette autorité prétendument héritée d’un ailleurs impalpable et grandiose dont eux seuls pénétraient les mystères incompréhensibles, alimentant avec ce savoir glorieux parcimonieusement tous les pauvres Cons et jusqu’au roi des Cons qu’ils ébahissaient de rites pompeux.

 

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        Or s’il y eut au commencement quelques bougres véritablement investis d’une illumination surnaturelle dont l’ascendant ne se contestait pas, par la suite s’agrégèrent autour d’eux tout un agglomérat d’incapables prétentieux se glorifiant de savoir vulgariser les intentions et la pensée non seulement des illuminés mais aussi de ou des esprits desquels ils tenaient leur lumière. Ces petits malins n’étaient pas moins cons que les autres, seulement ils possédaient le don de la roublardise avec lequel ils agissaient comme des bateleurs de foire vis-à-vis de leur semblable, et lorsqu’ils diffusaient les paroles saintes et ténébreuses des vrais devins, ils les assortissaient de préceptes intangibles ayant force de loi.

     Tout cela se serait ordonné merveilleusement et au profil de ces parasites s’il n’y avait eu dans le sein des communautés quelques réboussiers, ou traduit de la langue d’oc : perturbateurs, ou traduit de la langue poissarde : chieurs dans les bottes neuves des tiers,  bref des emmerdeurs sournois, des perfides enculeurs de mouches, des maniaques du détail et de l’observation. En résumé il s’agit de tous ces zigotos, signalés par ce terme générique de polémistes, à qui personne ne demande rien, qui passent leur temps à rechercher les poux dans les tonsures, et qui ont mis le mot science sur toutes leurs nébuleuses analyses.

      Science contre mystère, esprit contre matière, des milliasses de strates générationnelles allaient composer avec ces principes contraires et incompatibles. De nos jours la quasi-totalité des Femmes, tout comme leurs devancières, portent en elles la quintessence de ces données contradictoires, données qui altèrent leur raisonnement au point de mélanger d’une façon naturelle et admirable, dans le moindre exposé, le rationnel et l’irrationnel, le réalisme et le chimérique. Alors que les Cons, pour le plus infime de leurs propos ont besoin de consolider leurs arguments avec des preuves définitives ou plus précisément avec des fondements venus de la nuit profonde que personne ne veut remettre en cause, lestant à tort tous leurs propos vaseux que prononcent des bouches pâteuses, surtout lors des soirées arrosées où les Cons bien ronds se plaisent en une nuitée à refaire ce monde qu’il mirent des millions d’années à mal façonner, propos donc lestés par cet épithète fallacieux de scientifique.

 

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                                                   AU-DELÀ

          Le monde sous toutes ses formes, tout comme la matière, a une tendance  spontanée à s’organiser d’une manière équilibrée à condition que des Cons maladroits n’interviennent pas. À  toutes les fois que les Primitifs s’avisèrent à intervenir ils ajoutèrent toujours cette funeste louche de connerie pour construire des sociétés bancales. Il ne pouvait pas en être autrement puisque la force primait sur la pensée abstraite, et ceux qui réfléchissaient pour leur sécurité se rangeaient intelligemment derrière les connards épais et brutaux. Néanmoins après quelques millions d’années le clan initial formé d’une poignée d’éléments, issu de la fornication effrénée d’Adam et Eve, ce couple hardiment libidineux et libre-penseur depuis que l’Eternel les avait attrapés par la peau du cul et jetés du paradis, s’était étoffé en devenant une communauté de plusieurs centaines voire milliers d’individus.  

        Les Cons, ayant enfin effectués leur mue en délaissant leur gangue poilue de Primitifs, durent pour établir une cohésion solide de cet ensemble formant une société, instaurer des règlements sévères, dans la lignée de ceux du chef du clan, seul maître à bord, exprimés par des séries de crochets et d’uppercuts qui résolvaient le problème de la quadrature du cercle en mettant au carré les têtes rondes des opposants. 

       Ces règlements énoncés par les Cons prétentieux, premiers et médiocres auxiliaires des êtres authentiquement dotés d’une exceptionnelle autorité, ces Cons vaniteux donc poussèrent l’audace à vouloir tout régenter en introduisant dans la tête de leurs semblables la crainte des Puissances supérieures et des châtiments effroyables qu’ils risquaient ici-bas dans cette vallée de larmes, et certainement dans cet autre monde inconnu mais qui se dessinait par des hypothétiques présomptions.

     Les combinards de tout poil, afin d’imposer des règles de vie avantageuses pour eux, interprétèrent les représentations de ce monde obscur qui daignaient se révéler par trois vecteurs principaux : le sommeil, la transe, et la résurrection supposée. Le sommeil et la transe étaient sujets à des controverses sans fin entre les pontes de l’exégèse, et comme l’enjeu valait la peine, l’obtention de l’autorité n’est pas de la gnognotte, ils terminaient souvent leurs débats en se jetant copieusement sur la gueule tous les objets tranchants et contondants. Ces querelles indisposaient tout le monde car ce monde, même s’il était composé essentiellement de Cons, commençait à 

 

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douter des capacités d’analyse de ceux qui s’auto-investissaient d’une autorité morale sur cet ailleurs mystérieux et soupçonnait quelques entourloupes de leur part. Alors,  parce qu’on refusait l’incertitude, ce beau monde se réjouit un jour de la résurrection d’un des leurs, certes à cette époque primitive les Cons démunis d’électroencéphalogrammes constataient vaguement les décès, et comme ils ne rechignaient pas au cannibalisme, les blessés et les moribonds finissaient généralement leur destinée dans les tripes de leurs congénères.

     Il fallut un heureux coup du sort, surtout pour le pauvre bougre laissé inerte sur un champ belliqueux qui fit cette expérience de la mort imminente, et qui revint de cette zone intermédiaire entre l’univers des vivants et le royaume des morts. Ce retour du néant impressionna la foule depuis les pauvres Cons jusqu’aux Cons sacrés  qui voulurent tous savoir la réalité des choses de l’autre monde au-delà. Or le ressuscité se trouva très embarrassé, car comment raconter l’indicible quand on ne dispose que quelques mots d’utilité triviale. Pourtant à grand renfort de grognements il exposa de son mieux la merveilleuse transcendance qu’il entrevit : le long couloir étincelant, la lumière éblouissante, et sa propre désincarnation de son enveloppe putride, sur ce dernier point les Cons qui l’entouraient, eurent autant de mal à le comprendre que nous-même ne comprenons Albert le moustachu, quand on se prend à vouloir assimiler sa fameuse équation E = mc²  et qui en guise de pied de nez nous tire la langue.

     Les laborieuses explications de ce proto-Lazare renforcèrent l’idée que les choses perduraient après la mort, et affermirent l’autorité des intercesseurs de cette immatérialité dès lors ces derniers en devenant une sorte d’élite éclairée se permirent tous les abus et donc une grande partie excella dans l’H-énorme connerie, même si, soyons juste, une infime partie s’acharna à son élévation intellectuelle. Mais comme à présent, dans ces temps reculés la pensée de 51 crétins valait d’avantage que celle de 49 sages, or aujourd’hui comme hier le ratio s’établit à un sage pour mille connards en comptant au plus juste.

 

                                                   QUARTE

      Après quelques milliasses d’années un peu partout sur la planète sans concertation préalable des sociétés voire des civilisations de Conneaux se formaient sur un plan similaire, comme si un calque énigmatique posait sa marque malicieuse dès qu’un clan s’autorisait le moindre accroissement et 

 

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agrandissement. De sorte qu’on retrouvait systématiquement quatre groupes inégaux : des politiques, des ecclésiastiques, des masses informes, des théoriciens, plus le groupe particulier des Femmes lequel pour survivre s’obligea à s’insérer avec finesse et malignité dans tous les interstices disponibles. De fait si officiellement les Femmes ne détenaient ni pouvoir ni autorité, d’une manière occulte et souterraine elles disposaient sans en faire étalage d’une multitude de prérogatives qu’elles s’étaient forgées pour la majorité d’entre elles dans une absolue discrétion. Il est fort à parier que pour palier à leur faiblesse physique, les Femmes surent, avec une remarquable subtilité, inspirer à ceux qui exerçaient la réalité de la conduite des affaires courantes, des règles et des obligations afin d’établir un statut qui leur soit propre et qui tienne compte de leur spécificité de porter et transmettre la vie comme les athlètes le font avec le flambeau olympique porteur d’une feu qui ne doit pas s’éteindre.

     À noter que cette pression souterraine sur les bougres tout-puissants ébranla les bougres magiciens prétendument devins officiels au point qu’il y eut un jour, dans un concile obscur, vers l’an 600 à Macon, Macon en un seul mot sinon il aurait fallu employé le possessif mon, un débat orageux et houleux où la connerie donna sa pleine puissance, quoique que la puissance de ces vieilles barbes radoteuses ne se révélait que par de coléreux caprices avec à la clé des coulées baveuses de leurs museaux et des écoulements suspects de leurs tiges molles elles-mêmes victimes de coupables oublis, bref entre ripailles et gâteries, ces gâteux voulurent déterminer si les Femmes possédaient une âme comme le plus ordinaire des Cons. La conclusion fut positive à une faible majorité, mais pouvait-on faire confiance à des fossiles, à des vieux débris, dont les successeurs plus tard à l’époque du moyen moyen-âge n’hésiteraient pas à faire comparaitre devant les tribunaux ecclésiaux : des cochons, des vaches, des rats, et même des bandes de sauterelles ravageuses, afin de les juger et de les condamner à la corde ou aux flammes. En conclusion n’excluons pas cette hypothèse que si d’aventure les Femmes ont une âme, celle-ci est d’une nature et d’une complexion aux antipodes de celle des couillus communs.

      Pourtant ces massacres animaliers du temps moyenâgeux étaient un moindre mal en comparaison des pratiques de leurs primitifs prédécesseurs, ces horribles mages foireux qui s’adonnaient aux sacrifices humains. Ces tristes exemples, sous prétexte que dans cet ailleurs mystérieux les sacrifiés, délibérés 

 

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ou forcés, obtiendraient pour l’éternité de la part des esprits supérieurs satisfaits de ces attentions macabres, l’assouvissement de leurs désirs, de leurs appétits, désirs de luxe et de confort pour les Femmes, appétits de libidineuses cajoleries avec les finitions salaces pour les Cons. Ainsi rassurées les victimes après une bonne rasade de bibine immonde,  abandonnaient corps, cœurs, tripes, et boyaux aux  prophètes de malheur et à leurs couteaux, et donc ces exemples affligeants, qui affirmaient au grand jour l’inépuisable connerie de cette pseudo-élite, contribueraient à définir une norme inspirant les pires excès à tous ceux et celles qui ressentiraient en eux et elles une illumination déterminante, il adviendrait lors des rites diaboliques que certains et certaines, imitatrices et imitateurs des plus cons, se disputant la médaille d’or du sadisme, zigouilleraient allègrement jusqu’aux nouveau-nés justifiant l’horreur par la sublime qualité du sang pur répandu, le sang impur étant juste bon à abreuver les sillons, un sang pur indiscutable gage pour la satisfaction de tous les délires.   

      Mais il convient d’accorder au groupe des Femmes d’abondantes excuses car dans ces sociétés patriarcales où le culte du chef prédominait aucunes responsabilités ne leur étaient ni attribuées ni reconnues dans aucuns des groupes. Ni politiques, ni ecclésiastiques, ni théoriciennes, ni même dans celles des masses informes, les Femmes ne disposaient d’aucunes situations préétablies, d’ailleurs les grands prêtres leur martelaient cette invraisemblance qu’elle devait leur existence à une côte du célèbre Adam alors qu’il est prouvé qu’un clone présente les mêmes caractéristiques que l’original. Sauf en quelques circonstances particulières les Femmes n’existaient que pour le service des Cons dans une strate où elles étaient pour les susnommés Cons en concurrence avec les animaux, après que ceux-ci eussent endurés à violents coups de gourdins l’épreuve de la domestication.

     D’ailleurs les Femmes comptaient si peu que sur le livre de bord de l’Arche salvatrice de l’amiral Noé aucunes pages ne mentionnent leur présence, or s’il y eut après le déluge une suite dans l’aventure conquérante des Cons force est d’admettre que des passagères clandestines montèrent à bord où alors, chose impie et immorale, le pépère Noé, le mot de pépère n’est pas ici blasphématoire, il s’agit d’un hommage à sa quasi-immortalité de presque mille ans d’existence, donc pépère croisa sa destinée avec celles de quelques primates poilues, une conjoncture improbable, abominable, et cependant 

 

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confortable, qui expliquerait cette ancienne et absurde proposition que l’homme descend du singe. Non !, rétablissons la vérité le pépère Noé tout comme son aïeul Adam était un sacré polisson et avec sa baguette magique il avait plusieurs fois rendu féconde son épouse, sans doute aussi quelques autres luronnes, mais le jour J l’épouse officielle assena de redoutables coups de rouleau à pâtisserie sur le crane du pépère afin qu’embarquent seulement elle, ses fils et ses gendresses. Pourtant cet épisode pluvieux du déluge arrangeait bien les affaires du pépère, en effet il était lassé de voir toujours le nez au mitan de la figure de sa bourgeoise, après plusieurs noces de diamant on peut comprendre sa lassitude, ajoutons à cela ce démon de midi qui le tenaillait régulièrement tous ses demi-siècles et lui occasionnait de dures inflexibilités que pour son équilibre psychique il se devait d’apaiser.  

        Les Femmes aux prémices de ce monde où la brutalité primait, constatant leur infériorité musculaire, se résolurent une fois pour toute à contourner cette difficulté, dès lors et pour toujours elles louvoyèrent et biaisèrent et tel des navires pris dans la tempête elles parvenaient comme certains de ceux-ci, malgré la violence des éléments qui ne se domine pas, à sillonner à travers les écueils avec une rare habileté sinon intelligence. Mais lorsqu’on se sent intellectuellement supérieur, et d’une manière générale les Femmes face aux Cons ressentaient cette supériorité, une tendance néfaste entraine les excellents, excellentes dans notre cas,  à la facilité, à la nonchalance, puis à la paresse, et très vite on se complait à régresser.

     De sorte que les Femmes, chaque fois qu’il leur était donné d’influencer sinon de tirer les ficelles et parfois même de diriger, eurent cette tendance fâcheuse à se conduire comme le plus borné des Cons peut-être était-ce, en se plaçant à leur niveau, la rançon à payer à celui ou ceux qui assuraient leur protection. Ou bien, seconde hypothèse, afin de ne pas froisser les susceptibilités de tous ces balourds au coefficient intellectuel égal à celui des huitres de Marennes, convenait-il qu’elles masquassent cette distinction cérébrale en limitant ses expositions par des envolées que les Cons pour ne pas les comprendre, les eussent considérées comme des insultes, en conséquence de quoi ils eussent dérouillé cette intelligentsia prétentieuse.

     Et pourtant malgré ces obstacles le groupe hétérogène des Femmes sut manœuvrer, aiguillonner, et marquer son emprise sur les quatre groupes déjà distingués : les politiques, les ecclésiastiques, les théoriciens, et les masses 

 

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informes qui étaient des masses obéissantes, asservies, et manipulées par les deux premiers groupes et largement influencées par les théoriciens.

 

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      À la différence des politiques qui s’imposaient par la force brutale et des ecclésiastiques qui utilisaient la force morale, les théoriciens développaient leur gouvernement voire leur tyrannie par des notions scientifiques accumulées par les années, les siècles, les millénaires, et qu’ils ne remettaient en question qu’avec de prudents faux-semblants, avec un air de ne pas vouloir y toucher. D’ailleurs ils en tireront cette notion inébranlable qu’il vaut mieux se tromper avec tout le monde que d’avoir raison tout seul. Alors sournoisement lorsqu’un d’entre les théoriciens constatait une possibilité valable pour reformer une thèse, il avançait avec beaucoup de précaution son antithèse, espérant que ses doctes collègues adoptent sa proposition en l’état ou bien par le truchement d’une synthèse l’incorporent dans le nouvel enseignement. Car le but des théoriciens depuis l’aube de la création, ou plus précisément depuis l’instant où ils découvrirent comment produire le feu, leur objectif admirable fut de faire comprendre aux grossiers connards par des enseignements opiniâtres, la mécanique de l’univers dans son ensemble en la décomposant par sections rationnelles : la médecine, les mathématiques, l’astronomie, sans oublier dans la multitude des sections, la féroce balistique pour affiner les massacres massifs, et beaucoup plus tard l’économie, l’écologie.

      Dès les premiers matins blafards de l’humanité lorsque les Cons titillés par des pulsions démesurées partirent à la conquête du vaste monde, déjà à ce commencement en gestation s’élaborait l’appartenance future des bougres à un des quatre groupes sus-désignés. Les bougresses quant à elles se singularisaient par cette volonté de vouloir jouer la carte de la distinction sexuelle. La féminité était là aussi en germe avec pour objectif ultime de compenser par la force de caractère leur faiblesse physique.   

     Il y avait donc sur la ligne de départ au sein du troupeau des Connards quelques têtes pensantes, ou plus précisément des pré-théoriciens qui tentaient de répondre à des questions que nul, eux exceptés, ne se posait. Toutes ces questions sur l’universalité du monde intéressaient les futurs théoriciens, ils ne détaillaient pas encore, ils se passionnaient de la globalité qui 

 

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composait leur existence. Il suffit d’évoquer Léonard de Vinci pour se rendre compte qu’outre la peinture, l’esprit du bonhomme brassait une multitude d’univers complexe. Grosso modo après ce siècle qui verra la peinture de la Joconde sécher sur son panneau de bois, ces ensembles de théoriciens pluridisciplinaires se morcelleront et créeront des sous-secteurs et des subdivisions, tellement pointus que quasiment retirés et en vase clos, quelques rares spécialistes ratiocineront entre eux leurs sujets favoris, ou moins élégamment dit : les vieilles barbes se masturberont le cervelet jusqu’à l’obtention de jouissances cérébrales extrêmes de bon aloi, abandonnant à la massive populace des minables concupiscences instinctives et inconséquentes.

    Mais avant ces temps où les connaisseurs raffineront à outrance leurs propos, leurs Primitifs devanciers s’attachèrent d’abord à introduire un doigt dans la matière scientifique qui posait des problèmes à résoudre promptement à savoir la réparation de corps meurtris. À l’issue des affrontements la règle générale commandait de massacrer les combattants ennemis, toutefois ces derniers avant de clampser s’étaient donnés un temps nécessaire et suffisant pour amocher douloureusement leurs vis-à-vis, ainsi le combat cessant faute d’adversaires, voyait-on tenter se relever de ces théâtres guerriers et avec des grimaces épouvantables des estropiés sanguinolents, bras cassés et jambes rompues.

     Or en ces temps antédiluviens le Primitif ne survivait qu’avec la pleine possession de ses facultés physiques car si peu que celles-ci s’amoindrissent, équivalait à une espérance de vie fort limitée. Entre la vie et la mort il n’existait pas d’étape intermédiaire telle qu’une existence supportant les affres de la maladie ou les tourments du handicap, car un sujet agonisant se situe dans une phase pré-mortelle où le seul avenir consiste à casser sa pipe d’une façon honorable devant des proches admiratifs qui ne manqueront par la suite d’évoquer en guise de métaphore l’extinction de la flamme de la bougie .

      Et il advint que lors de leurs innombrables pérégrinations, des tribus revinssent sur les lieux de batailles anciennes. À la grande surprise des futurs préscientifiques, les congénères abandonnés sur place, parce que leurs multiples fractures osseuses ne permettaient pas qu’ils transhument avec le vigoureux troupeau de Connards, y compris ceux seulement marqués de fractures mineures devenant illico une charge inutile pour le groupe, donc tous ces rebutés étaient retrouvés, bien sûr en l’état de squelette et souvent 

 

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incomplet, mais toutefois avec les reliquats pouvait-on dresser ce contact que les os fracassés se ressoudaient naturellement. Maintes fois ils formaient des angles inattendus, laissant supposer, même aux plus Cons, que la nature réclamait juste de l’aide.  Grognant des cris gutturaux, ceux dont la fibre scientifique chatouillait aux endroits sensibles, élaborèrent la théorie de la soudure autogène par contact. De plus en maugréant des sons roques ils établirent aussi la position naturelle des os. Dès lors la réduction des factures et autres entorses, engagea à distinguer les habiles manipulateurs de ces temps premiers, par les titres élogieux de rebouteux ou de guérisseurs, bref des docteurs honoris causa avant la lettre.

      Les femmes, dans le même temps, pour la raison primordiale de leur dissimulation face au danger des envies copulatrices des satyres en rut, se servirent afin de s’y confondre des ingrédients qu’offraient la nature, essentiellement les plantes. Au fil de leurs expériences florales et végétales courant sur des milliasses d’années elles acquirent une solide connaissance des vertus et des dangers  de la végétation. Des savoirs plus qu’empiriques au tout début mais que méthodiquement elles classifieront au gré de leurs expérimentations effectuées sur ces couillons de cobayes couillus qui pour calmer leur insatiable fringale avalaient toute sorte de préparations innommables sans se méfier des intentions adroites qui font à gauche passer l’arme. Les Femmes entre-elles murmurèrent des débats tout aussi gutturaux que les mâles mais plus discrets et confortèrent leurs résultats. Elles surent par exemple qu’en maitrisant le ventre des mâles elles tenaient un moyen éminent de vengeance dès lors, comme elles aimaient se bidonner, elles ne se privèrent pas de provoquer les diarrhées infernales et les constipations démoniaques. Comme elles apprirent aussi à calmer les fièvres puerpérales et à expédier outre-tombe et les pieds devant, les gêneurs de tout poil, elles devinrent guérisseuses mystérieuses ou empoisonneuses sulfureuses dans les deux cas elles acquirent le titre de sorcières infréquentables dont la remise du diplôme se déroulait sur le bucher.

     Dans le domaine médical, aussi et particulièrement, l’autorité et la force physique prévalurent, tandis les médicastres glandus s’élevaient au pinacle leurs homologues soignantes hormonées n’obtenaient que mépris et flétrissure. Les Femmes patienteront longtemps avant un début de commencement de reconnaissance, et encore celle-ci se limitera à l’intimité 

 

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leur corps, elles accèderont au titre de sage-femme, ici il faut entendre par sage : sagesse ou mieux encore intelligence des naissances, accouchements, et parturientes. Mais auparavant elles supporteront pendant des millénaires la désignation avilissante de matrone qui est tout à la fois accoucheuse, avorteuse, tenancière de bordel, femelle vulgaire et bouffie plus ou moins sorcière sur les bords.

     Comment dès lors avec une telle appellation revendiquer le privilège d’obtenir la considération générale, d’ailleurs il convient de supposer que d’emblée les Primitifs discréditèrent les femmes de valeur pour la raison que par contraste elles révélaient leur épaisse connerie, alors les plus balourds leur fracassèrent leur margoulette à coups de poings rageurs. Et de même que pour l’apprentissage des langues étrangères on compile d’abord les mots orduriers, gageons que nos Primitifs créèrent à chaque nouveau matin radieux une grossièreté bien graveleuse suscitant les rires gras aux dépens de ces cérébrales qui voulaient péter plus fort sinon plus haut que les gros Cons. 

 

 

 

                                                      DROIT

      La conséquence logique des raclées systématiques éprouvées par les Femmes, fut que celles-ci s’obligèrent à une discrétion absolue sur leurs capacités scientifiques, leurs aptitudes artisanales, et leurs talents artistiques, de sorte que tout naturellement la multitude équipée du service trois pièces avec bec verseur satiné, leur dénia la moindre parcelle d’entendement  et de compétence. Les Femmes ne révèleraient rien, et pour des lustres, de leurs pensées et réflexions sur la philosophie, les mathématiques, l’astronomie, la théologie, le droit et l’économie, la physique et la chimie. On les dispensa même de musique et de théâtre, puisque ce sont les castrats qui pendant longtemps roucouleraient les voix de femmes, et la musique, essentiellement aux temps premiers les tambours et cymbales, servirait à précipiter la soldatesque dans le néant. On admit seulement, avec une joie lubrique, et avec moins que rien de costume, que les juvéniles se trémoussent lascivement à la fin des banquets juste avant d’être empoignées par les tifs et soumises à des débauches frénétiques. 

 

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       Néanmoins ce manque régulier de considération, déploré par les femmes, les amena à cette réflexion dès leur prise de conscience de l’emprise que leur assurait l’habileté de valoriser leurs courbes afin d’émoustiller les désirs salaces des gros dégueulasses, et que les câlineries savamment dosées leur apporteraient peut-être plus de sécurité que le peu de force physique qu’elles pouvaient déployer face au danger de certaines brusqueries.

     La première idée qui se déposa dans la scissure de Sylvius de tous les cerveaux féminins fut de chercher des noises par procuration. Une idée qui est si bien enfoncé dans ce sillon central du cerveau qu’aujourd’hui encore cette idée conserve toute sa validité, tellement les Cons sont de plus en plus Cons surtout dans le registre du vaniteux amour-propre. Ainsi tortillant du croupion en faisant des yeux de biche, les Femmes avec une redoutable efficacité provoquaient de sanglantes querelles entre les énergumènes qui prétendaient avoir l’exclusivité de cet autre sillon intimement lié à la nature féminine, là où un maître de la peinture, Gustave Courbet, situera, avec une once de provocation : « L’origine du monde ».

     La seconde idée s’appliqua avec désinvolture et souvent personne ne la respecta. Il s’agissait tout bonnement de légaliser, par la tradition d’abord, la considération que les Femmes estimaient leur être due. À l’instar des sévères prescriptions que les religieux établissaient au sujet de cet l’Inexplicable, et prétendant détenir leurs rigoureuses inspirations sur cet Impalpable par une Supériorité qu’il fallait redouter, les Femmes du moins celles devenues favorites ou vestales persuadèrent leurs protecteurs que ceux qui attentaient à leur intégrité, elles, faibles innocentes élues, s’attaquaient sournoisement à leur pouvoir suprême de maitre. Elles exhortèrent avec opiniâtreté par de dures luttes quotidiennes leurs petits chefs de promulguer des règles cruelles et exemplaires afin de punir ces minus-habens de leurs  insolentes prétentions. D’ailleurs les mots employés confirment la manipulation par les Femmes des épais balourds  dans leurs relations intimes : on constitue un dossier dans une chemise qui se range dans un sommier afin qu’un lit (de justice) se tienne dans une chambre (d’accusation).  

       Ces droits oraux, si peu respectés qu’ils soient, concernant la protection des Femmes élues affecteraient doucettement l’ensemble des Femmes, enfin après une lente incubation traversant les ères glacières, les âges de pierres et de métaux ferreux et non ferreux. Néanmoins dans la fabuleuse période gréco-

 

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antique, l’enlèvement d’une certaine Hélène, qui  se caractérisait par sa beauté et sa jambe légère, déclencherait une guerre meurtrière longue de dix ans où le droit prendrait des orientations variables.

    Regardons ces faits d’un œil neutre, il advint un jour où un oracle, qui est une espèce de bonze gâteux du très vieux temps antique, prédit au roi de Troie que son fils Pâris ne lui amènerait que des emmerdes. Le roi abandonne alors son fils à un berger, celui-ci tout en surveillant le troupeau l’initiera au maniement du fluteau et du bâton de berger. Puis un jour se présenteront devant Pâris, fraichement instruit du commerce lascif, trois luronnes délurées nommées Junon, Minerve, et Vénus. Elles demanderont au pastoureau de déterminer qui des trois étaient la plus polissonne. C’est le célèbre « Jugement de Pâris ». À la suite de délibérations forcenées à fesses rabattues, Pâris déclarera que Vénus est bien la plus experte des trois fieffées salopes. Entre-temps Pâris quittera son état de berger et deviendra, chose remarquable, ambassadeur à la cour du roi de Sparte, sans doute lui reconnaissait-on le don de ménager la chèvre et le choux, ce qui est un avantage dans ce métier diplomatique. Pourtant dès qu’il aperçut la reine de Sparte, la belle Hélène, il sentit son intimité marquer une ardente turgescence, et comme il avait gardé le contact avec Vénus, il chargea celle-ci de s’entremettre pour lui. Vénus sut exciter la curiosité d’Hélène sur la qualité des prouesses érotiques de l’ancien chevrier, « un vrai bouc lubrique » dira-t-elle et clignant de l’œil, elle ajouta : «  un gars de la catégorie rarissime de quand c’est fini ça recommence ». Si bien que lors d’une absence du roi de Sparte, Hélène ficha le camp avec ce virtuose de la zigounette. Mais Ménélas, le roi de Sparte, plutôt que d’avouer son cocufiage, qui sous-entendait sa frilosité certaine aux jeux luxurieux, préféra hurler : enlèvement !, vengeance !, guerre ! Par la suite une flèche tua le priapique Pâris, Hélène se consola avec un autre amant tout aussi performant, avant de se réfugier à la mort de ce dernier dans les bras de Ménélas, et après le décès de celui-ci, elle finit en beauté dans un temple où une quantité notable de dieux l’attendait avec l’œil salace et la bave aux commissures. Leur contentement fut parait-il satisfait et marqua leurs divines annales qui sont éternelles.

       Néanmoins ce récit presque authentique nous apprend qu’une forme de droit s’appliquait surtout quand il masquait les turpitudes féminines en proie à ses excès vicieux impliquant l’honneur du bougre se prétendant roi et, à souligner, dans notre cas époux. Un roi se devait d’être puissant envers le beau 

 

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sexe, et d’autre part il devait sous peine d’humiliants sarcasmes imposer son autorité en priorité à son gynécée, et à plus forte raison à son épouse principale. C’est donc cette conjonction d’éviter le ridicule pour les mâles et pour les femmes d’éteindre cette  peur obsédante, que des séries de règles se mettront en place et assureront, sous peine de sanctions, la tranquillité de tous au moins au sein de leurs communautés respectives.

      Toutefois la première des lois portera sur le mariage, le mariage des juvéniles vierges avec les divinités consacrées. Puis consécration par des religieux du dévouement de l’épouse au mari, celui-ci en retour l’assurera de sa protection. Mais hors de question à la dévouée de se dévoyer dans de sordides fredaines, les textes sont clairs sur la sanction cruelle qu’encourent les lubriques nymphomanes si elles écornent le contrat, sauf évidemment si elles peuvent faire valoir et reconnaitre deux éventualités dûment circonstanciées : l’enlèvement et la séduction. Mais ces deux derniers termes recouvrent une telle multitude de vagues possibilités qu’à juste titre on considérera qu’ils furent créés pour disculper les épouses infidèles parce que d’autres raisons surpassaient leurs parties de jambes en l’air non-autorisées, et imposaient que l’union maritale se maintiennent coute que coute.

     En revanche en ce qui concerne les cas de viols manifestes, les Femmes n’obtiendront pendant des milliasses de lustres aucune compassion ni reconnaissance sous le prétexte fallacieux que de nature elles aimaient courir guilledous et prétentaines, et pour ce faire n’hésitaient pas à aguicher le moindre clampin avec des tenues impudiques, en conséquence de quoi nul Connard libidineux ne supportera ni remontrances ni condamnations avant longtemps. Sauf dans le cas de la séduction avérée, préalable des parties fines, ou carrées, admises comme forcées, lesquelles bien sûr ouvriront le champ d’infinies chicaneries lors de débats contradictoires qui eux-mêmes s’appliqueront à taire les vraies motifs pour condamner les vicieux et affirmer que seul le pouvoir de séduction assujettissait les pauvrettes sans qu’elles pussent et osassent se garder vierges des perversions obscènes dégoulinant de toutes les glandes immondes de ces dépravés.  

     Ainsi donc le premier contrat, assoupli de clauses spécifiques : dévouement, fidélité, protection, traiteraient de l’attachement d’êtres de sexes différents à des fins de communion spirituelle pour l’élite croyante, et copulation charnelle pour tout un chacun et chacune, car bien sûr par imitation et identification des 

 

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puissants, les minus-habens de la multitude informe voulurent aussi des attestations maritales, dès que leur valeur guerrière reconnue par le pouvoir les autorisaient à délaisser les plaisirs gréco-antiques pour ceux encore plus classiques et lointains du père Adam avec sa bourgeoise.

 

     À noter d’ailleurs que la tradition imposerait qu’après tout affrontement les communautés ennemies confortent les traités de paix par des mariages de haut rang, et comme la guerre est le propre des hommes il se trouvait toujours au moins deux communautés pour s’étriper, avant que celles-ci après le carnage élaborent un  traité de paix qui lie les adversaires d’hier par des mariages princiers. Mais ces unions produisaient les germes des conflits futurs lorsque l’ambition de l’un desservi par le destin, et ne tolérant plus la richesse éhonté du plus proche de ses voisins, prenait prétexte de sa filiation pour lui sauter dessus et lui arracher les noix, alors suivant le résultat du combat le vainqueur saccageait le territoire du valeureux vaincu ou bien les loyaux combattants traitaient de nouvelles dispositions assorties d’un nouveau mariage royal.

     Au niveau inférieur, celui de la paysannerie et de la bourgeoisie artisanale et commerciale, l’habitude prescrirait aux familles afin de mettre un terme aux rivalités stériles et aux vaines concurrences de conclure et de fortifier les associations par des mariages arrangés où les sentiments ne parasitaient pas les intérêts fondamentaux. Des intérêts qui chez les paysans commandaient qu’ils cousissent bord à bord les parcelles voisines afin de réaliser ce but ultime d’une propriété dite « d’un seul tenant », un seul beau et grand domaine qu’envieraient les loqueteux du coins qui ne connaissaient rien du rapiéçage champêtre. Lesquels intérêts pourtant primeraient sur toutes les possibilités d’arrangements amiables lorsque surviendraient les successions, lesquelles successions, après avoir épuisé leurs lots de querelles, et à leur suite les interminables procès, provoqueraient entre les protagonistes des fâcheries à mort sur plusieurs générations. La rancœur en héritage renfermant les germes des futurs conflits.       

      Néanmoins à partir du contrat initial ayant trait au mariage allait se constituer toute une palette d’accords, de pactes, de compromis, qui au fil des siècles s’alambiqueraient et engageraient les signataires, et avec eux leurs dépendants et leurs dépendances, à des obligations irrévocables jusqu’à l’instant où le rapport de force s’inversant permette la dénonciation dudit 

 

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contrat le plus souvent avec perte et fracas. Pourtant en dépit de toute renonciation il demeurerait un commandement inaltérable et intangible, celui de protéger la veuve et l’orphelin. À partir du moment où le chef de famille, à qui le chef de clan et le grand prêtre de la tribu ont concédé une part de pouvoir par le mariage, disparait, la protection de sa lignée doit d’être assurée d’une manière adaptée à une tradition qui se fonde dans le même mouvement.

        Dans leur infinie connerie, les mâles couillus s’aperçurent après des interminables périodes de féroces massacres qui s’additionnant aux désastreuses périodes climatiques suscitant les famines mortelles, qu’il y allait de la survivance de leur race s’il ne subsistait que les plus forts, si les affaiblis temporaires et permanents étaient abandonnés à leur sort, et si d’une manière générale les plus fragiles, dont les Femmes, n’étaient pas considérés. Dès lors ces bougres de Cons utilisèrent le casse-tronches avec circonspection, ensuite une sorte d’usage s’implanta de maintenir un souffle de vie, certes dans des conditions discutables souvent même en franchissant la limite de l’acceptable, à tous les défavorisés de la communauté : les vieux, les malades, les handicapés, les enfants et leur mère, et les veuves sans soutien.      

 

                                                     ECHANGE                       

       Néanmoins même si  la protection contre le risque mortel se voyait en quelque sorte garanti, au sein des communautés puis des sociétés s’amplifierait le phénomène de l’avènement des classes sociales, ce phénomène spontané traverserait nos quatre groupes : les politique, les religieux, les théoriciens, les masses, et celui discret sinon anonyme des femmes. Aux deux pôles extrêmes se repéraient au premier coup d’œil d’un côté les gavés, les nantis, et à l’autre bord faisant le pendant les affamés, les nécessiteux, entre eux s’étalerait toute une palette de créatures opiniâtres cherchant à maintenir leurs positions, ou mieux encore à s’élever sur cette échelle sociale par des moyens réguliers ou discutables ou bien encore par la méchante truanderie. Il se remarquerait aussi quelques pauvres hères qui renonçant à tout espoir de progression se retranchaient de la vie communautaire pour se replier dans une superbe solitude. Selon le contenu qu’il donnait à cette solitude ils devenaient, ou des poivrots sur lesquels les Cons jetaient des pierres, ou des anachorètes que les mêmes Cons sanctifiaient.     

 

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      La longue marche de l’évolution, depuis l’embryon tribal jusqu’à la société solidement établie, n’abandonnerait jamais sous peine de régression, sa ferme ossature formant son mouvement, qui se définit par le concept de rapport de force permanent. Le fondement et le ciment de toute vie communautaire ne s’explique que par la force et l’emploi de cette force. S’il est permis de penser que la première loi édictée se rapporte au mariage, tout nous porte à croire que cette loi originelle, prémisses de toutes celles qui vont suivre, favorisait qu’un seul des deux contractants, évidemment le plus fort pour la raison que, ses aptitudes corporelles ne se contestaient pas. Puis plus tard de par la loi, les communautés formées conviendront d’assurer la protection physique des plus faibles par les plus forts, théoriquement plus amène à repousser les farouches ennemis. D’ailleurs il s’opéra à partir du moment où les communautés commencèrent à grandir démesurément une spécialisation et une parcellisation de toutes les activités, dont celle notamment de la guerre. Au sein de toutes les sociétés du monde se constituerait ces assemblages particuliers qui sont les compagnies dédiées exclusivement aux batailles. Celles-ci piocheront leurs éléments dans les quatre groupes connus : politiques, religieux, théoriciens, et bougres communs qui sont des chairs à immoler par le canon, le gourdin, le pal, et toute sorte de bidules. Néanmoins il est utile de préciser que la férocité guerrière vaudra aux brutes vicieuses et acharnées leurs titres de noblesse outre les récompenses territoriales. Par exemple il semble que le territoire de la Septimanie, qui grosso modo constitue le bas-Languedoc, doit son nom à la septième légion romaine de Jules César, lequel Julot offrit aux légionnaires la composant une parcelle dudit territoire.       

        Or dans ces temps incertains de spécialisations une notion essentielle apparaitrait à l’insu de tous, qu’on nommerait : l’économie des marchés. Le marché étant le lieu où s’échangerait le nécessaire et le superflu, et pour que ce marché abonde de produits inertes ou vivants, il devint utile de diviser à l’extrême jusqu’à effectuer un geste productif simplissime à la portée du premier con venu, ou d’un enfant à peine débrouillé, ou d’une Femme pour l’empêcher de penser à des trucs dégueulasses. Le marché, qui englobait et qualifiait aussi les transactions qui se commettaient sur le lieu, dont la difficulté d’apprécier les contours apparaitrait aux plus pointus des théoriciens, d’autant que très rapidement pour embrouiller l’esprit fumeux des Cons, afin de mesurer et peser leurs compétences précieuses et personnelles, il s’instituerait

 

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une échelle des mérites qui s’appuierait sur la magnificence des matières précieuses. À ce petit jeu les métaux : or, argent, et autres minerais, et aussi les pierres : diamant, rubis, et autres rares cailloux, décideraient  en fonction des besoins utiles à un moment précis de la valeur de  toutes les relations, de toutes les actions, de tous les trafics et transactions à venir.  Mais le critère déterminant de cette valeur demeurerait  la capacité, la possibilité, bref la force de réaliser mieux et plus, toutes choses qui satisfassent les besoins et les envies, souvent les envies seront créées de toute pièce afin de satisfaire les réalisateurs.

     Voilà pourquoi dans l’expression : l’offre et la demande, nous plaçons par reflexe le mot offre avant le mot demande. D’ailleurs en nous replongeant dans l’héroïque époque antédiluvienne lorsqu’épisodiquement la vie devenait un long fleuve tranquille, une fois l’ennemi massacré, et que la chasse permettait de se faire péter la sous-ventrière, pendant plusieurs semaines, de quelques entrecôtes de mammouth, les Cons se mettaient à gamberger sur des trucs et machins improbables, à bricoler des bidules et des bitoniaux invraisemblables. Ainsi il s’en trouva un, sans doute pas moins con que ses congénères, qui imagina et façonna une roue. Fut-il inspiré ce bougre par la vision de deux luronnes dénudées se faisant face à face et dont les admirables rondeurs fessues profilaient le cercle parfait pour peu que l’on considère les courbes visibles reliées par trait arrondi. La Femme inventa donc à son corps défendant la roue fondement essentiel de tout progrès. Mais les autres bougres ne restèrent pas les bras ballants ils créèrent également une multitude d’attirails plus ou moins foireux, et dans cette espèce de concours Lépine avant l’heure il advient que quelques réalisations s’imposèrent en tant qu’objets utiles ou agréables et qu’ils convenaient absolument de les acquérir, ainsi la cuillère remplaça les doigts et le papier hygiénique se substitua aux cailloux abrupts.                 

         « Nous partîmes cinq cent mais par un prompt renfort nous nous vîmes…  des milliards… en arrivant au port », comme l’écrivait le dramaturge Corneille à deux mots près. Au début les microsociétés primitives regroupaient vingt ou cinquante bougres et drôlesses, les règles économiques se comprenaient facilement, sous la direction du chef, tout le monde mettait la main à la pâte, et chacun tirait bénéfice de l’effort commun. L’usage commandait qu’afin de se sustenter la petite troupe s’adonne à la cueillette et pourchasse le gibier sur un territoire qu’elle s’était préalablement appropriée par grands coups de pieds 

 

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dans les burnes des flasques et prétendus propriétaires. Cette zone nourricière demeurait en leur possession tant qu’elle assurait les besoins alimentaires de tous, ou tant qu’aucunes autres troupes ne la dépouillent violemment de son domaine.

       Comme il est dans l’ordre naturel de la vie primaire que les cellules élémentaires s’assemblent et s’organisent en corps supérieurs. Les Primitifs ne purent se soustraire à cette orientation naturelle de sorte que les agglomérats formèrent les agglomérations, les associations constituèrent des sociétés, et les civils bâtirent des civilisations. Dès lors les Primitifs se sédentarisèrent et se spécialisèrent selon leurs capacités et aptitudes, résolument ils passèrent des occupations polyvalentes à l’activité parcellaire, infiniment parcellaire jusqu’à visser à la chaine les boulons d’un ensemble mystérieux. Bonjour Charlot ! Bonsoir Chaplin !  

     Mais si la forme changeait le fond persistait dans son essence à savoir le rapport de force. Aux temps premiers le chef s’imposait à coups de poings dans la tronche et à coups de lattes dans le fion, devenu homme politique éminent le chef délèguera cette violence à des connards brutaux qu’il s’obligera à couvrir par des textes légaux si possible validés et consacrés par le grand pontife et ses vicaires de haut-vol qui sont les réminiscences de l’autorité morale du passé, laquelle morale devenue contrainte spirituelle sanctionnera avec vigueur toutes entorses aux institutions civiles et religieuses, surtout celles émanant de ces transgresseurs de théoriciens adeptes des nouveautés, modernités et processus révolutionnaires. Ainsi les sociétés se rigidifieront par trois grandes fonctions : armée, police, justice, qui useront et abuseront des pouvoirs à eux confiés par délégation des puissants. Ces derniers généralement des Cons obtus, pléonasme, mandateront des sbires cons et bornés, re-pléonasme, tout dévoué à bien lécher le troufignon de leurs mandants tant qu’ils considèreront  lesdits mandants d’une force supérieure à la leur ou tant que lesdits mandants pourront leur assurer un niveau de vie qui satisfasse leurs subsistances, leurs suffisances, et leurs ambitions.  

        Au temps premier le chef s’accaparait de tout ce qui lui semblait bon pour s’empiffrer. Avec ces bouleversements structurels le chef avait besoin d’un ravitaillement conséquent en conformité avec l’importance de ses nombreuses délégations. Ainsi pour nourrir ce toutim obséquieux rampant à sa suite il lui fallait une populace considérable, asservie, et craintive, sur laquelle il récoltait 

 

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les abondantes ressources constituées de produits alimentaires et de créations manuelles puisque les missions besogneuses s’étaient engagées dans la voix de la parcellisation à outrance.

     Néanmoins en même temps que les communautés se structuraient et s’agrandissaient les chefs éprouvaient des difficultés pratiques pour rémunérer ses nervis, mercenaires, et scribouillards, avec des assortiments d’andouilles et de rognons blancs qui sont les breloques des bestiaux, mêlés aux objets divers des indélicates rapineries qui étaient d’une certaine façon des contributions volontaires. À l’issue de ces pilleries ils abandonnaient toujours, afin qu’ils survivent et puissent à nouveau contribuer, à ces pauvres dépouillés des rares miettes dont il devait se contenter sous peine de sanction, et encore heureux que ces fauchés ne devinssent point cocus-contents en voyant leur femme se faire gaillardement culbuter sur un coin de table. Quoique selon l’appétit libidineux des pervers plénipotentiaires cet usage partouzard était une pratique courante.

 

 

 

                                              MONNAIE

        Seule la commodité d’assurer une gratification à ses féaux et à ses sujets méritants de leur premier cercle, commanda aux innombrables souverains à créer une réalité concrète et maniable, ainsi surgissant d’un cerveau bouillonnant se forma l’idée de la monnaie. Mais lorsque le possesseur dudit cerveau, un Primitif raisonneur, expliqua avec son vocabulaire rudimentaire ce que recouvrait cette idée de monnaie, il obtint en retour la promesse de se faire empaler. D’ailleurs il n’est pas improbable que le premier économiste ne se soit pas fait châtier par un pal bien ajusté. Néanmoins l’idée flottait dans l’air et comme généralement les Cons s’obstinent et font école, le concept de la monnaie se reprendra et s’approfondira.

        Au tout début de notre histoire, seuls les trophées de chasse exprimaient de la valeur, à condition bien sûr qu’ils se matérialisent par une fraction du gros gibier dangereux, de l’espèce animalière : lion, ours, crocodiles. Dès lors il se prit l’habitude de conserver les dents des fauves pour en faire un élément d’échange commercial, dents ou défenses de mammouth en ivoire finement ciselé, un élément garanti par l’omnipotence du souverain d’avant-avant-avant-

 

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hier, et aujourd’hui monnaie garanti par les gouvernements de nos états. Un élément qui s’il ne remplaçait pas totalement le procédé du troc permettait tout de même une certaine fluidité et malléabilité des transactions. La technique du troc, malgré la nouveauté du processus monétaire, perdurerait à toutes les époques et en parallèle avec les fluctuantes valeurs des monnaies, en outre il ne faut jamais oublier que les Cons étant ce qu’ils sont et malgré la crainte des souverains il advint régulièrement que de fourbes fripouilles jouent à leurs congénères des tours de cons. Par exemple en substituant les dents de bon aloi par des dents rectifiées d’animaux dociles, donc de moindre valeur, ils réalisaient ce fait délictueux de mettre en circulation de la fausse monnaie. Car comme quand il y a pouvoir il y a abus de pouvoir, dès qu’un souverain émet de la monnaie  il y a toujours un aigrefin pour la falsifier. Alors les quidams lésés, ces bons et braves Cons avec des dents de piètre valeur en main s’enrageaient contre les canailles, entre eux ils se montaient le bourrichon et concluaient qu’ils avaient une dent contre ces coquins, expression qui passerait à a postérité pour un bon moment.

       Dès que ce principe d’échelle de valeur s’élabora, un principe dont les bases se fondèrent d’abord sur les dents d’animaux féroces avant d’évoluer et de prendre ses assises sur la préciosité des pierres et des métaux, précieux parce que rare ou difficile à produire, dès cette élaboration donc l’habitude allait s’emparer des puissants à vouloir exhiber leur grandeur et leur omnipotence par une décoration corporelle et vestimentaire rutilante. Les meilleurs artisans ciselèrent de superbes pièces de parures à l’intention de leurs maîtres et de ses proches, notamment ses épouses, maitresses, concubines, ou plan-cul d’un soir,  et ces dernières constatant leurs évaluations différenciées selon les donations de leurs mâles étalons, se livreraient à une concurrence acharnée pour posséder les plus belles et les plus riches créations. Et comme la fierté et l’orgueil des Femmes  les commandent à ne porter que des créations originales n’ayant jamais été étalées par une de leurs consœurs, il y eu de leur part une pression sur les créateurs afin qu’ils surenchérissent, d’une pièce à l’autre, leurs œuvres par des fioritures qui en jettent plein les mirettes du pauvre quidam. Ce pauvre quidam qui par ailleurs constatait admiratif le résultat de son dépouillage. Les Femmes dans ce cas précis stimulèrent l’esprit créatif des artistes au doigté habile et poussèrent les rustauds dans la voie de l’aimable galanterie en les incitant au mécénat. 

 

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     D’ailleurs les dépouillements de tous ces braves Cons prendraient des allures officielles ils seraient invités à contribuer librement, certes souvent en cas de mauvaise volonté ils devraient considérer avec sérieux cette promesse d’introduction entre les fesses d’un pal acéré, alors avec une dose de rouspétance ils contribueraient à ce que les Cons d’en-haut ne maquassent point de biens de consommation. En retour les hautes sphères leur garantissaient la sécurité, ce qu’en des temps antiques l’empire romain nomma « la Pax Romana ». Néanmoins au départ de cette histoire d’introduction de la monnaie dans les sociétés en formation, les souverains imposèrent à la caste militaire l’objet monnaie en guise de paiement de leur service guerrier de protection et de conquête.

     Le bas-peuple se contentait du troc en allant sur les lieux réglementés et propices aux échanges pour tout dire les marchés et les foires. Et ce bas-peuple laborieux, bien qu’il se satisfasse pour ces besoins courants du troc habituel, vit apparaitre sur les places cet objet monnaie, venu un peu comme le champignon avec l’humidité automnale. Ce bas-peuple malgré ses réticences eut obligation d’accepter cet objet monnaie sous peine d’énergiques empalements, d’ailleurs pour faciliter cet acceptation les scribouillards, signe avant-coureur de l’administration tatillonne, mirent au point la redevance pour le droit de commercer en toute sécurité, à régler avec la bonne monnaie du chefaillon local qui en faisait le tirage. La taxe, la patente, le tonlieu, l’octroi, le papier timbré, le droit de place, une imagination sans borne inventerait des mots empreints de lyrisme recouvrant le simple fait de transporter des biens, de passer des ponts, d’entrer dans les cités, de s’installer sur les places, de négocier des matières inanimées, vivantes, ou façonnées.

     C’est de cette époque extrêmement lointaine qu’une expression commune émergerait et serait appelée à avoir un succès considérable, dès lors nul depuis ne s’empêcherait de dire : « c’était mieux avant ! », une locution qui sous-entend qu’avant la complexification des sociétés la vie était plus compréhensible. D’ailleurs de ces sociétés complexifiées à outrance poindrait de temps à autre quelques originaux, des gentils couillons et douces rêveuses, vêtus au-décrochez-moi-ça, s’en allant par les chemins vicinaux à la recherche de lieux idylliques pour fonder de nouvelles communautés qui reviendraient à la source originale du bon vieux temps du père Adam et sa dame Ève, époque 

 

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où nous vivions heureux, à poil, et où la bienséance n’interdisait pas de lâcher quelques bruissements incongrus.

     Mais ce temps était passé et jamais de reviendrait, et même si des entêtés s’obstinaient à demeurer dans la marge, dans l’ensemble tout un chacun visait à faire sa niche dans la société en utilisant ses aptitudes dans le premier secteur d’activité qui se présentait, en essayant si possible de tenir compte de ses propres envies, afin d’assurer son existence. Pour maintenir et reconstituer ses forces vitales il fallait quelques subsistances, elles s’échangeaient au marché avec les réalisations et objets obtenus par ses efforts. Or certains ne pouvaient pas prétendre à ce principe puisque ce qu’il était en mesure d’échanger se situait dans le domaine de l’abstrait ou presque, en effet outre la pléthorique brigade de scribouillards, la soldatesque armée et équipée devait être récompensée avant de démontrer son efficacité et accessoirement avant de mourir au combat, de même on s’obligeait à entretenir des bataillons de religieux pour un impalpable ailleurs et aussi une escouade de théoriciens qui dans une hypothétique virtualité tracerait une perspective géniale parmi les innombrables fumeuses.

     Justement il appartiendrait à ces théoriciens, qui avec le temps verraient leurs situations évoluer vers l’état de conseillers techniques ou particuliers, de déterminer la valeur de toutes les réalisations en fonction de la régénération des réalisateurs dans tous les secteurs d’activité. Des activités du passé : les antiquités, du présent : besoins immédiatement nécessaires, et du futur : donc la recherche permanente sur les utilités futures. Et d’introduire avec précision l’exacte monnaie nécessaire afin de fluidifier tous les possibilités commerciales y compris les services, il fallait que l’argent, c’est-à-dire la monnaie : en or,  en argent, ou autres métaux, devînt ce sang qui irrigue toutes les parties des structures sociétales jusqu’aux plus infimes des ramifications. De plus il conviendrait de tenir compte de l’envie d’accaparement, ou plutôt de thésaurisation, de ce fluide vital à des fins de survie en cas de pénuries, effectué par ce qu’on finirait à juste titre de nommer des grippe-sous.

      En réalité il n’y eut pas de savants calculs mais comme toujours à force d’habitude la méthode empirique s’imposa et régula en bien comme en mal toutes les relations entre les grands, et les pauvres, et les braves, et les gros, et tous les Cons cons du monde connu et à connaitre. Mais il était dit que le penchant naturel des Cons reviendrait ici même dans ce domaine financier 

 

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avec une force inouïe, pour tout dire la guerre étant le propre de l’homme l’argent deviendrait donc le nerf de la guerre. La guerre, avec des moyens redoublés, amènerait la création d’armes éminemment destructrices, et malgré  les actes modérateurs à la violence, depuis la trêve Dieu jusqu’aux traités limitant la prolifération de techniques martiales trop radicales, à chaque nouvelle génération le phénomène guerrier s’amplifierait, s’industrialiserait, et s’étalerait dans tous les secteurs d’activité.

       Compétitivité laborieuse ou conflit armé amènent la même détresse, la même désolation à la multitude, et aussi parfois l’extraordinaire réussite de quelques rarissimes chanceux, qui outre leur force physique et leur santé exceptionnelle, se trouvent là où il faut être au moment voulu lorsque passe la fortune. Cette fortune qui se trouve aussi dans la rivière Pactole lorsque à la belle saison elle charrie des paillettes d’or et même des lingots d’après les dires des marseillais. Et cette éventualité infime motivera tous les Connards qui sur la ligne de départ piaffant d’en découdre s’exempteront de tout honnête scrupule pour écrabouiller les valeureux compétiteurs dans cette course à la richesse et accessoirement à la gloire. Justement cette course devenue concurrence impitoyable, permettra de déterminer la valeur de toute chose.

     À partir du minimum vital nécessaire à tout un chacun, à savoir nourriture et temps de repos au tout début de l’aventure, avant qu’apparaisse au fil des strates générationnelles d’incessants nouveaux et prétendument indispensables besoins, à partir donc d’une base minimale qui évoluera dans le temps, se constituera l’échelle sur laquelle se positionnera absolument tout ce qui compose notre univers, de la simple molécule jusqu’à la production totale réalisée par le monde connu, dont la cotation se réalisera élément par élément dans une sphère symbolique et sublimé nommée bourse. Celle-ci n’ayant rien de commun avec ce petit sac de cuir contenant des pièces de monnaie et qu’un fin cordon resserre, ici nous sommes dans le cadre métaphorique qui enferme cependant une réalité bien concrète car les produits, et les réalisations, sont pesés à l’aune de l’indispensable vital des producteurs et réalisateurs. Et les besoins de ces derniers varient selon le sexe, l’âge, les habitudes, les latitudes, les appétits, les ambitions, et tout un tas de paramètres dont la violence du rapport de force tient la principale place. D’ailleurs grâce à cette violence, que l’on appellera pudiquement rigueur, se règlera aussi par un système de notation la fiabilité des lieux où se fondent les valeurs, et ces places financières 

 

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considérées comme très compétentes, afin de s’assurer une place sur le podium de la finance n’auront aucuns scrupules moraux pour considérer ceux qui s’usent la couenne, se ruinent la santé, ou bien se tuent à turbiner avec les tripes vides.                     

 

    Les Femmes dans cette évolution se cantonnèrent dans la quasi-totalité, ou presque, dans un rôle de spectatrices, témoins consternés d’un cheminement dont elles se voyaient interdire le moindre avis officiel. En vérité elles intervenaient, en douce et sans brusquerie, au niveau individuel et à toutes les strates des quatre groupes : les politiques, les ecclésiastiques, les théoriciens, les masses informes, quatre groupes qui en réalité sont des bandes de cons sublimées. Car le constat s’impose à partir d’un certain seuil de regroupement de braves Cons tout gentillets, il apparait que la connerie se magnifie, elle se transcende et s’élève à un tel degré qu’aucun retour en arrière ne peut s’envisager sous peine de marginalisation impitoyable : la peine de bannissement dans l’antiquité, et par la suite, la mise en quarantaine, l’autocritique, l’épuration, la déportation, et l’actuel et moderne blacklistage.

     Or les Femmes n’ont jamais pleinement appartenu à aucun des groupes, elles constituèrent entre elles qu’une vague et ponctuelle confédération féminine particulièrement soucieuse sur le plan personnel d’une véritable autonomie et indépendance, ces derniers traits étant la conséquence de leur brutale soumission à des forcenés dépourvus de matière grise, mais à qui la masse musculaire servait et sert de cérébralité. En conséquence de quoi ce désir vivace de liberté individuelle reste de nos jours encore pour la majorité des femmes une rêverie sinon une utopie, quoi que…           

 

                                         COMMUNAUTARISME

     Quoi que…, il arrive quelques fois que les Femmes passent à l’action. Le cas extrême fut celui des amazones, rappelons les faits un jour les énergumènes s’étant mutuellement et copieusement fracassé la margoulette, il ne restait plus sur le théâtre des opérations que des lambeaux de bipèdes hargneux mais hélas pour eux sans un souffle de vie. Les survivantes des deux camps constituèrent une communauté exclusivement féminine : les mythiques amazones. Mais leurs us et coutumes prêtèrent le flan à des critiques acerbes, elles devinrent des guerrières cruelles et plus monstrueuses que les plus 

 

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féroces des Cons, ces derniers, ceci explique cela, leur ayant servi de déplorables modèles.

     Fort heureusement il est un autre exemple beaucoup plus présentable. Dans l’antiquité il survint une période de folie furieuse où il ne passait pas un jour ni une heure sans que les crétins couillus, victimes de surdosages glandulaires,  ne s’étripassent. Mais victimes collatérales de viols et d’outrages ultimes les Femmes en avaient ras la frange, pour ne pas dire d’une manière triviale qu’elles en avaient plein le derche de toutes ces furieuses frénésies. Alors intervint dans le débat une Femme nommée Lysistrata, elle clama haut et fort que tant que les glandus perpétueraient leurs actes belliqueux, ils pourraient tracer une croix sur leurs envies de tringlette.

     Bien sûr les rangs de Cons se gondolèrent, pour la raison que tous se tordaient de rire et se donnaient de grosses bourrades, certains même ne contenaient plus leur périnée et sans façon ils pisaient sur la jambe de leur voisin. Cet effet comique alimentait la franche hilarité. En outre ils n’imaginaient pas que les Femmes pussent s’opposer à leurs légitimes concupiscences. Ils allaient déchanter, ou plutôt à l’instant crucial ils chanteraient d’une voix rauque et criarde, se tenant leurs castagnettes en trépignant sur place, des airs de flamenco andalou, ou bien des airs tyroliens en se giflant en rythme les jambes et l’entre-jambe. Car la facétieuse Lysistrata avait trouvé et éprouvé le moyen d’écarter de son intimité toutes visites malvenues. Un moyen sur lequel  l’histoire officielle refusera de s’étendre, et dont quelques rares curieux connaissent toute la fine radicalité.

     Un moyen qu’il me faut révéler publiquement afin que cette histoire de grève du sexe ne soit pas une légende. Il suffit d’une fraction de boyau nouée à un bout, et d’une tige d’osier coupée à la dimension adéquate, pour fabriquer un préservatif interne. La patiente prendra soin de s’introduire aux endroits habituellement pénétrés un boyau préalablement noué, la partie nouée doit s’insérer en premier, ensuite la tige d’osier permettra de plaquer et de maintenir le boyau aux abords du ou des orifices, pour finir la patiente garnira le préservatif interne de tout ce qui peut irriter la tête décalottée et turgescente du cimeterre intime de l’assaillant, par exemple : des feuilles d’orties, des araignées rouges, des chenilles processionnaires. Cette liste non-exhaustive se complètera selon les gouts de chacune et ses besoins de tranquillité.

 

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    Ce désir de tranquillité la communauté des Femmes y aspire depuis toujours. Le caractère profond de cette communauté se fixe dans cette volonté d’apaiser les conflits, même si quelques amazones apparaissent ici ou là marquées par les raccourcies que proposent, pour contraindre et assujettir la multitude, les mâles idées de rapports de forces favorables. Mais d’une façon générale la force, élément masculin, excite plus la brutale fibre connardière que celle raffinée de l’intellect titillé. Or la sauvagerie des temps premiers, amenèrent les Primitifs à user d’une extrême férocité, et sur cette base ils édifièrent les tribus et les clans dans lesquelles naquirent quatre groupes caractéristiques ; politiques, ecclésiastiques, théoriciens, et clampins divers.

     Dans ces mêmes temps, les Femmes, elles, se constituèrent en communauté de pensées et d’intérêts passant outre les lignes illusoires qui voulaient ordonner les sociétés en regroupements. D’ailleurs force est de reconnaitre ni les  murs, ni les  murailles ne sépareront  jamais les communautés cimentées par des liens conceptuels historiques. Cette dernière formule peut paraitre abstraite ou absconse, ou même prétentieuse comme en répandent souvent les Cons bouffis de fatuité surtout lorsqu’ils se couvrent de larges bicornes académiques afin d’abriter des trognes simiesques. Alors pour éclaircir le propos il convient de dire qu’une communauté : religionnaire ou fraternelle genre franc-maçon ; ethnique ou prétendument raciale car bâtie sur le profil des individus ; marginale du genre hippie ou altermondialiste, refusant et contestant toutes contraintes sociétales admises, ou toute autre communauté, par exemple une orientation sexuelle originale, qui se singularise des ensembles constitués, traversera toujours toutes les frontières physiques, légales, ou morales, qui barreront leur rassemblement. Il suffit d’un peu de temps, disons dix mille ans mais pas plus, pour voir évoluer les situations figées.                               

      Tandis que les Cons engagèrent leur avenir dans des séparations groupusculaires, plus ou moins illusoires, mais néanmoins belliqueuses et meurtrières. Les Femmes optèrent pour la voie rassembleuse de la communauté féminine avec pour objectif des inter-communautés liées par la parole écrite et pacifiée. Dans le premier cas les mâles séparations introduisent l’idée de protection des acquis ou du patrimoine, d’ailleurs le patrimoine est l’ensemble des droits hérités du père d’où la notion de patrimoine génétique et non de matrimoine. Tandis que les Femmes se sentiront à leur aise par 

 

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l’élocution du mot et du verbe, d’ailleurs nous aimons nous exprimer dans notre langue maternelle car il n’en existe point de paternelle même si, cas extrême, la mère meurt en couche et le père élève seul son enfant auquel cas il devient la nourrice sèche à tous points de vue et évidemment sèche aussi sur le plan linguistique.

     Mais l’essentiel est que cette langue maternelle forge des caractéristiques et produit des motifs pour s’emplafonner joyeusement avec une extrême vigueur.  La langue sert de prétexte à former des communautés : francophone, hispanophone, lusophone, et horreur germanophone. Des communautés qui agrègent des communautés nationales et continentales puisque le français, l’espagnol, le portugais se parlent en Europe, en Amérique, en Afrique, tandis que le germain ne se baragouine plus qu’en Germanie entre germains, bien que par obligation on se doit de bredouiller l’anglo-saxon partout sur la planète à cause du caractère colonisateur de ces arrogants britanniques.

      Ainsi donc l’excès de communautarisme, à juste raison, effraie, surtout lorsque cet excès se réduit et se borne à attiser les prétendus bien-fondés des singularités des communautés les unes vis-à-vis des autres. Invariablement ces particularismes débouchent sur un repli sectaire, lesquelles sectes se fixant le but de dominer par la contraindre l’ensemble universel, usent du fameux rapport de force. Il convient d’admettre qu’à dose raisonnable le phénomène absorptif des innombrables communautés répertoriés, concerne chacun d’entre nous, et plutôt plusieurs fois qu’une, car nous tous de notre début jusqu’à notre fin, nous nous démenons et nous nous cataloguons simultanément, avec ou sans bonheur, dans une multitude de communautés et parfois même à notre insu.

      Le tour de force, et non le rapport de force brutal, qui autorise un bon fonctionnement simultané des rouages de ces multiples communautés, réside dans cette prouesse de pouvoir les faire voisiner sans manifester l’ambition d’imposer les volontés des unes en fracassant les tronches environnantes des membres des autres communautés à coup de barre à mine. Là aussi l’empirisme commanda que les situations relationnelles s’acheminent vers la stricte neutralité des uns par rapport aux autres, et finalement des communautés entre-elles, parce que dans le fond de notre cerveau reptilien de mâles à burettes, il se ressent une vérité que les Femmes ont compris depuis de belles et infinies lurettes. Toutes les Femmes mettent en avant leur 

 

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féminisme, et ce phénomène transversal, vertical et horizontal se fiche des séparations artificielles plus ou moins préfabriquées. Et la communauté féministe n’est qu’une variante de la communauté humaine, elle-même étant une variante du monde vivant auquel nous appartenons tous.

      En vérité cette affaire débuta par la loi sur le mariage qui introduisait la protection des chiards, plus que celles, donc les Femmes, qui assuraient leur venue au monde, et qui de fait devenaient l’avenir des Cons. Pour garantir cet avenir les Femmes manœuvrèrent délicatement les épaisses brutes dirigeantes afin qu’ils concèdent en leur faveur des droits, et à la confédération des glandus des obligations. Droits et obligations qui formèrent des habitudes, des coutumes, des traditions, et enfin des lois, mais le fondamental de l’histoire prétendait faire entrevoir à l’ensemble une communauté unique.

     Les Femmes donc, âmes habituelles, coutumières, et traditionnelles, des communautés familiales réussirent à compiler au fil des innombrables générations féminines des reconnaissances multiformes qui les millénaires passant s’officialisèrent et se gravèrent dans le marbre. Toutes ces reconnaissances diverses touchèrent à partir de la cellule matriarcale ou de la maisonnée, l’ensemble des maisonnées, définissant ainsi leur avenir et leurs rapports entre-elles. Néanmoins ici aussi, tout comme dans le domaine de la production et de la création, le fractionnement impacta d’une façon décisive toutes les réglementations sur les systèmes sociétaux, et afin d’obtenir la belle harmonie souhaitée par des êtres aspirant à plus de civilités, les codes alambiqués se multiplièrent au moins un pour chaque activité déterminée, et se remplirent d’une pléthore de chapitres, d’articles, d’alinéas, d’astérisques, et de jurisprudences, mais un jour, dans quelques années-lumière, les choses se simplifieront.

 

                                                   MUR 

     Dès potron-minet, ou potron-jacquet, de notre histoire, à une époque où l’énergie tellurique, l’omnipotence climatique, l’exubérance végétale, la hardiesse animale et ses farouches capacités, nos aïeux les Primitifs n’en menaient pas large, toujours sur le qui-vive, à ne jamais savoir s’il conserverait en état leurs outils reproductifs, ceux-ci il est vrai pendouillaient d’une façon imprudente sans nul soucis de protection, faisant courir ce risque insensé de priver nos Primitifs de toute descendance. 

 

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     Or dans ce magma initial, l’hostilité environnementale condamnait le monde vivant à la guerre perpétuelle, une guerre incertaine qui paradoxalement permettait que s’atténue quelque peu l’incertitude de la survie. Bien que l’épisode des dinosaures et son effroyable tyrannosaure démontre que la méchanceté seule ne suffisait pas à assurer son destin. Surtout si on considère que les minuscules colibris s’avèrent être d’après les experts les descendants des gigantesques dinosaures. Quelle leçon d’humilité ! De plus on n’écartera pas cette donnée essentielle que leur règne animalier à eux, grands sauriens, s’étala sur 170 millions d’années, ce qui avouons-le donne le vertige en comparaison de notre règne à nous, Cons brutaux et prétentieux, qui tenons la barre seulement depuis une dizaine de millions d’années et encore en comptant large.

     Les dinosaures ne survécurent pas, disent les spécialistes de ces temps éloignés, aux changements météorologiques dus à un choc prodigieux provoqué par une phénoménale météorite à l’endroit de notre planète. Or de nos jours les spécialistes des temps présents nous annoncent des changements climatiques inéluctables rendant périlleux la survie du monde vivant dans son ensemble. Ainsi donc le développement exponentiel de notre connerie de base nous dispense de nous morfondre en attendant un choc extra-planétaire malvenu, car avec notre potentiel en la matière nous avons rendu l’improbable en certitude : nous sommes dans le mur ! Le mur monumental de notre connerie opiniâtrement construit avec l’apport régulier par tout un chacun d’une pierre à l’édifice, et même pour les plus enragés d’un pan entier de mur.

     Et des observations s’imposent surtout si on se trouve au pied du mur, car comme nous le savons c’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur, d’abord en aucun endroit de ce mur il ne se repère la moindre lézarde, ni d’infimes fissures, pas même de légers traits qui marqueraient ici ou là comme les ridules les effets du vieillissement. Aucunes dégradations n’altèrent le poli de ce mur des Cons, pourtant à y regarder de près avec une minutieuse attention il se discerne en maintes endroits des souillures. En réalité transformés par l’œuvre temps ces marques présentent une apparence diffuse avec des colorations incertaines, il s’agit bel et bien de bavures sanguines qui signalent l’absurdité de notre œuvre, ce mur épais où se scratchèrent définitivement tant de variétés animales et végétales, et où tant de multitude d’ethnies diverses s’écrasèrent irrémédiablement. Cette frontière monstrueuse symbolise la 

 

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puissance de notre agressivité érigée  en règle, la loi du plus fort dite à tort la loi de la jungle car la jungle se soumet un ordre naturel qui établit l’équilibre instinctif du monde vivant dans lequel nul ne prétend dominer l’ensemble de sa composition.

      Si au tout début de notre affaire, en un milieu hostile, on peut s’autoriser à accoler l’épithète légitime au mot violence, par la suite après des millions d’années, après avoir reporté le qualificatif de nuisibles aux animaux, celui de mauvaises aux herbes sauvages, et surtout après avoir considéré que les individus de telle ethnie ne sont bons que morts, la logique voudrait qu’aboutisse enfin un fléchissement de cette fureur frénétique dont les conséquences se nomment déforestations, exterminations, génocides. Or la connerie fait fi des discernements raisonnables, parce que la connerie est profondément irraisonnable, et chez l’homme la connerie a bouffé l’essentiel de sa raison pour y substituer des délires aberrants.

     Le délire principal, celui qui détermine tous les autres à sa suite, est le délire compétitif visant l’absolue domination. Toutefois nous l’espèce des Cons du monde vivant, nous pouvons présenter cette excuse imparable que juste avant le développement embryonnaire, avant de pénétrer l’ovule, le spermatozoïde a dû jouer des coudes avec ses deux ou trois cent millions de semblables, car la rencontre vitale n’advint qu’après une compétition délirante à grands coups de flagelles dans les guiboles d’aventuriers belliqueux, qui en outre durent se  préserver des fatals chausse-trappes et des pièges à cons mortels disséminés dans de nombreux replis humides. Voilà pourquoi le vainqueur ne peut être que le plus enragé de tous, celui qui aveuglé par la hargne n’a nul besoin pour sa réflexion intellectuelle d’un assortiment varié de neurones performants. 

        Toutefois à l’issue de plusieurs millions d’années, l’innombrable multitude était en droit d’estimer selon le précepte sportif  que l’essentiel était de participer, de participer sans concourir la rage au slip, ni s’user la raide couenne, ni s’arracher la molle tripaille. Or ce noble principe ne desservit jamais l’obligation de se livrer à une compétition de folie dans tout ce que nous entreprîmes. Cette compétition s’amplifia et s’intensifia dans les mêmes proportions et le même mouvement qui va du clan primitif clairsemé à la société surpeuplée et complexe aux ramifications phénoménales. D’ailleurs l’exacerbation de cette compétition répond à cette énigmatique question de savoir par quel miracle nous les Cons sommes encore en si grand nombre alors 

 

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que nous avons créé des moyens destructifs rivalisant de sophistication et d’efficacité.

     Nous passâmes de la pierre taillée à la bombe atomique sans que ce perfectionnement n’altère en rien la progression de notre population, bien au contraire les Cons pullulèrent par le truchement de techniques scabreuses à grands coups de rein, et aussi par des méthodes nourricières efficaces. Une évidence manifeste exigera qu’à chaque invention de machine à casser en nombre des margoulettes, il se trouve en face un nombre satisfaisant de margoulettes à casser, pour se faire des aménagements environnementaux s’imposèrent afin que les Cons croisent. Il fallait que les Primitifs, que le pluriel élevait à la connerie suprême, s’octroient un espace vital plus qu’indispensable, et cheminent de la destruction empirique et artisanale vers l’objectif de la désintégration scientifique et industrielle.

     La visée étant de laisser subsister que le vivant à notre service exclusif. Nous utiliserions pour ce but, d’abord les engrais chimiques, pesticides, insecticides, herbicides, et améliorations génétiques, afin que les plantes comestibles poussent en quantité pour nous nourrir et nourrir les bestiaux que nous consommons, ces derniers à la différence d’animaux non-alimentaires supporteront les élevages en batterie, les hormones de croissance, ainsi que les manipulations génétiques.  De même la culture intensive prendrait la place de la culture vivrière éliminant d’un coup les derniers bastions des communautés familiales étendues au profil des monstrueuses concentrations populacières, ces dernières recueillant avec aigreur les reliquats affamés de ces groupuscules, parce que la bataille économique s’obligera également au rapport de force quitte à éliminer l’écologie.                                                                                      

    Ces agressions qui au fil du temps prirent une tonalité monstrueusement sévère, présentaient l’apparence de la préservation de notre race prétendument supérieure. Or l’élimination systématique de ce qui, dans notre environnement, nous gênait, a élevé le mur au point de boucher l’horizon de notre avenir. De sorte qu’à présent puisque nous sommes dans le mur nous ne voyons guère plus loin que le bout de notre nez, néanmoins nous arrivons à constater deux sombres réalités d’abord que ce point de vue restreint n’engage personne à vouloir sérieusement une descendance, et en outre que tous les poisons répandus à la volée portent leurs fruits dont un touche nos bourses, je veux dire les bourses qui renferment nos testicules, car nos couillons ne 

 

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fabriquent plus de spermatozoïdes en nombre suffisant et suffisamment remuant. Ainsi le magma glaireux de la mâle semence ne transporte plus aucune ardeur cruciale. On y trouvera en s’usant l’œil au microscope quelques rondeurs globuleuses agitant mollement un flagelle paresseux, mais complétement inaptes à déclencher le processus vital. Fort heureusement, peut-on penser, que les banques du sperme détiennent dans leurs coffres des réserves permettant de réaliser de nombreux virements, or les stocks ne sont qu’à la hauteur des dépôts effectués et ces stocks ne pourront pas être valablement reconstituer, car malgré leur bonne volonté lors de manipulations adéquates, les déposants ne pourront remettre à la banque que des liquidités de mauvais aloi.

Ainsi donc, planté comme des cons devant ce mur à nous cogner et creuser la tête, nous ne trouvons aucune solution qui empêcherait notre éradication définitive. Pourtant il est urgent de résoudre ce problème de mur qui se referme et nous enferme. Un mur solide bâtit par la chaux et le sable de notre colossale et mâle connerie, laquelle connerie tout récemment a imprégné le caractère des Femmes, sur lesquelles femmes reposaient notre espérance de résoudre le problème de notre prolongement pour la raison qu’elles portaient en elles-mêmes notre perpétuation. Or faute de bonne semence point germination, et si l’infertilité règne sur le ventre des Femmes à quoi bon s’acharner à survivre ? Alors sombrerons-nous comme une apothéose dans l’abêtissement général ?

Une proposition quasi-universelle stipule que toute société passe par trois phases d’inégales durées : la barbarie, la civilisation, la décadence ou déchéance. Mais à la réflexion si ces phases sont indiscutables il semble qu’elles ne se suivent pas forcément et qu’au contraire elles se chevauchent et même coexistent, si bien qu’une société donnée présentera souvent et  simultanément les trois phases théoriquement incompatibles. Et cette situation de concomitance donne de l’espoir dans la mesure où nul ne sachant en quelle proportion les trois phases morcellent le fameux camembert statistique, cette inconnue rend optimiste car elle laisse entrevoir que la civilisation finalement l’emportera sur la violence de la barbarie et sur l’engourdissement mortifère de la décadence.

 Le raisonnement simpliste, et un peu con sur les bords, voudrait que s’opère un grand bond en arrière pout tomber pile poil dans cette époque idyllique où 

 

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nous vivions en bonne entente avec la faune et la flore de notre environnement de ce jadis radieux. Cette mysticité n’existait que dans le jardin d’Eden or le divin coup de pied au fion impétueux d’Adam, Eve ayant moult fois éprouvé les coups de cul impétueux d’Adam entre les rangs de pommiers peut témoigner de cette impétuosité, ce coup de pied céleste à une sphère joufflue impie a rendu ce retour impossible. La question se pose de savoir comment, arrivé au bout de l’impasse face à un mur infranchissable et sans possibilité de retour en arrière, nous allons nous dépatouiller de cette affaire. D’abord il convient de regarder les raisons qui nous amenèrent à cette situation, et il en est une qui parait évidente, notre gout à nous, mâles à glands, de violenter tout ce qui nous entoure le milieu vivant et son rustique décor.

      Or mieux vaut un bon arrangement qu’un mauvais procès dit un proverbe venu de l’obscurité procédurale des chambres de justice tenues huis et volets clos, dans cet esprit un compromis même vaseux vaudra toujours mieux qu’un affrontement bourbeux où la mouscaille tient lieu d’avenir. La violence nous ayant conduit dans le mur, il serait judicieux à présent, s’il en est encore temps,  d’apprendre à être civilisé. Si on s’arrête sur ce mot civilisé, on apprend que civilisé dérive du mot latin Civis, et ce terme Civis d’origine plus lointaine, dont dépend une ribambelle de mot, s’employait pour désigner un groupe d’individus dormant sous le même toit. Or en principe ceux qui dorment sous le même toit, ou antérieurement dans la même grotte, ne se bourrent pas le pif de cinglants uppercuts, lorsqu’un litige advient deux solutions entrent en concurrence l’arrangement ou la séparation. Ce qui n’exclut pas qu’une fois séparés, les désunis devenus rivaux  ne se fracassent point la cafetière ou le vase s’ils habitent à Soissons.

     Mais en principe sous le même abri au tout début de notre aventure nul ne s’assommait, les temps Primitifs demandaient que l’agressivité soit tourné vers les dangers extérieurs qui menaçaient les abris où s’amassaient des civilisés potentiels. Au fil du temps les abris constitués par les cavités naturelles ne suffirent plus à protéger les milliards de bougresses et d’énergumènes, d’autant que les dangers changèrent aussi de nature, à force de féroces massacres et d’ignobles emprisonnements dans les zoos, la faune sauvage céda sa place à des olibrius cruels qui façonnèrent les esprits, donnant en pitoyable exemple le casse-pipe en guise de solution. 

 

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     Néanmoins la donnée essentielle, malgré la croissance exponentielle des Cons furieux que ne parvenaient pas à réduire leurs furibardes autodestructions, demeurait sans changement, tout juste peut-on noter que  les cavernes rocheuses qui constituaient les abris protecteurs ont été remplacées par notre planète elle-même aménagée à la va-comme-je-te-pousse ou bien sur la base de plans rigoureux, selon les imaginations débridées ou bien méthodiques. Ainsi  le fond de l’affaire ne change pas nous dormons sous la voute céleste qui est le toit de notre planète, cela forme notre abri présent où la civilité doit s’imposer avant l’extinction définitive.      

      La civilité est le contraire de la connerie. Et vu le temps que nous avons mis à atteindre le degré suprême de connerie, il faut craindre que nous restions longuement planté devant ce mur des Cons à chercher le moyen de nous débarrasser de cette caractéristique, la connerie, qui encombre depuis la nuit des temps nos cerveaux. Un jour, et je prends date, disons dans un petit million d’années montre en main, les Civilisés remplaceront les Cons de la même façon que les Cons prirent le relai des mains des Primitifs. Cette façon empirique, où les expérimentations furent menées jusqu’au bout de l’absurdité, démontrent les errements stupides et les envies permanentes de s’en retourner au temps d’avant qui était bien mieux qu’aujourd’hui où tout « va ben mal ma pauv’dame ». Or toute marche arrière présente ce danger de buter, et plusieurs fois qu’une, dans un obstacle qu’on ne voit pas et de se fracasser la margoulette comme un Con. Mais délaissant théoriquement cette gangue de la connerie il paraitrait suspect de reproduire les mêmes dangereuses couillonnades du passé, puisque l’empirisme, qui est la science du tâtonnement,  nous recommande de trouver un nouvel cheminement.

     Mais il y a ce mur qui nous interdit momentanément toute progression, cela pendant une période plus ou moins longue qui correspondra au temps que nous mettrons pour nous civiliser car si nous persistons dans la connerie le mur se renforcera. Et en parallèle pendant ce laps de temps vers la civilité, le temps parachèvera son œuvre de destruction, ou pour être précis de rectification, en utilisant l’exubérance de la nature. À titre d’exemple après quelques siècles au fond des mers le plus flamant des bateaux finit lamentablement, en devenant une épave pourrie, oxydée, et rongée par les algues, mais aussi squattée par une faune pleine d’insouciance quant à son avenir et son devenir. Notre mur à n’en pas douter ne résistera pas aux mousses, aux vermines, et aux

 

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champignons lesquels produisent la funeste mérule, capable à elle seule si les conditions s’y prêtent, de ruiner même les parties cimentées. Inéluctablement le mur se dégradera et même en quelques endroits s’écroulera, à ce moment précis nous aborderons la suite de notre aventure.

 

     Pour terminer, revenant à l’image du début du présent ouvrage lequel représentait les 14 milliards d’années passées depuis le Big Bang en une seule année, une année qui se termine, nous allons maintenant aborder le premier jour de la nouvelle année, or d’après les savants calculs le prochain cataclysme qui emportera notre système planétaire nous donne un délai de 5 milliards d’années qui rapporté à notre échelle annuelle situe la fin de l’Histoire autour du 1er mai, sauf si nous les mâles à burnes restons ce que présentement nous sommes, en refusant l’exemple féminin, ou si cet exemple féminin lassé de jouer les Sisyphe, qui éternellement refoulait une pierre sphérique ressemblant à s’y méprendre à notre bulle connardière, renonce à servir de modèle et lui prenne l’envie faire évoluer les Femmes sur une voie qu’empruntèrent les Cons. Alors là pour le coup notre fin est très proche, donc et urgemment mort aux Cons !                         

      

                                                                                                         FIN          

           

       

 

 

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